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« Mademoiselle » de Park Chan-Wook. Critique cinéma

Synopsis: Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement. Corée. Années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais Sookee a un secret. Avec l’aide d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, ils ont d’autres plans pour Hideko…

La fiche du film

Le film : "Mademoiselle"
De : Park Chan-Wook
Avec : Kim Min-Hee, Kim Tae-Ri
Sortie le : 02/11/2016
Distribution : The Jokers / Bac Films
Durée : 145 Minutes
Genre : Drame, Romance, Thriller
Type : Long-métrage
Le film

Adaptée une première fois par Aisling Walsh en 2005 (« Du bout des doigts » mini séries), l’œuvre de Sarah Waters connaît cette fois une transposition dans le temps et l’espace. De l’Angleterre du 19 ème siècle, nous passons aux années de la colonisation japonaise (1930).

Un décor renouvelé dans l’esprit sulfureux et faussement romanesque du livre de Aisling Walsh.  La romancière mêle habilement à l’intrigue sociale des réminiscences criminelles (merveilleuse arnaque) qui puisent dans la découverte du plaisir l’essence même de son récit. Le réalisateur Park Chan-Wook opte pour cette vision tout aussi fracassante dans le cœur et l’esprit où s’entrechoquent des mondes et des individus extrêmes.

Un escroc à la petite semaine convainc une jeune fille pauvre et démunie de devenir la servante de Hideko, riche héritière. Une fois dans la place, l’homme se fait passer pour comte et organise avec sa complice un traquenard, afin d’empocher l’argent de sa future promise. Première strate d’un plan machiavélique aux retentissements tout aussi diaboliques.

L'usurpateur a réussi à approcher la belle héritière
L’usurpateur a réussi à approcher la belle héritière …

La formule a déjà fait ses preuves. Mais Park Chan-Wook accentue joliment la pression et les attentes sur ces « demoiselles qui sont les poupées des servantes ». Le décorum est de circonstance dans ce manoir où Hideko se terre. Son oncle la couve autant qu’il la terrorise en vue d’un mariage qui lui permettrait de mettre la main sur son trésor.

Quand « le comte » offre à la pauvre petite fille riche l’opportunité de fuir ce lieu malfaisant, la voici à l’écoute des conseils et de l’enseignement amoureux de sa femme de chambre. Elle dit ne pas savoir comment aborder son futur époux. On la croit volontiers tant l’histoire de sa petite enfance resurgit avec candeur et tristesse.

Au flash-back, Park Chan-Wook préfère l’incrustation narrative, comme pour accentuer les aléas de l’existence, ses vicissitudes, sa complexité. Mais ce n’est qu’un leurre, la même illusion qui berce maintenant les sens et les plaisirs que découvre « Mademoiselle ».

Entre Sade et Sappho, l’histoire, le roman, le film se nourrissent de cette incertitude érotique qui voit les âmes s’abandonner sans réelle complaisance, mais véritable envie. La duperie retourne ses propres arguments et c’est merveilleusement filmé par un cinéaste dont les mouvements de caméra prennent corps avec l’histoire. Ils sont magiques, imprévisibles, si beaux, comme ces personnages double-face qui maintenant forcent pleinement leur comédie.

Il ne faut plus les croire, ne plus voir ce qu’ils montrent, « on joue à la servante » chantonne Hideko folle de joie, d’amour et de liberté. Elle est jouée par Kim Min-hie, dont la moindre œillade confine à l’extase et au rayonnement, tout aussi lumineux que celui de Kim Tae-ri, la servante, pour la première fois à l’écran. Elle est surprenante et merveilleuse !

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Les hommes, faire valoir de l’histoire ont pourtant encore quelques réserves. Ha Jung-woo, le comte, Jo Jin-woong, l’oncle, ne s’en privent pas. Mais au final, décidément, ce sont bien les femmes qui ont le dernier mot. La demoiselle a bien grandi.

Adaptée une première fois par Aisling Walsh en 2005 (« Du bout des doigts » mini séries), l’œuvre de Sarah Waters connaît cette fois une transposition dans le temps et l’espace. De l’Angleterre du 19 ème siècle, nous passons aux années de la colonisation japonaise (1930). Un décor renouvelé dans l’esprit sulfureux et faussement romanesque du livre de Aisling Walsh.  La romancière mêle habilement à l’intrigue sociale des réminiscences criminelles (merveilleuse arnaque) qui puisent dans la découverte du plaisir l’essence même de son récit. Le réalisateur Park Chan-Wook opte pour cette vision tout aussi fracassante dans le cœur et l’esprit où s’entrechoquent des mondes…
Le film

Bien que l’histoire soit d’une simplicité enfantine (un escroc se fait passer auprès d’une belle héritière pour ce qu’il n’est pas) l’œuvre de Sarah Waters foisonne de ramifications inattendues qu’exploite à merveille le réalisateur dans ce qui devient une histoire à tiroirs. Où plusieurs points de vue d’une même séquence constituent le sel d’une intrigue aussi amoureuse que sociale, un thriller érotique pour la belle héroïne qui dans l’inversement de la chronologie opérée par le réalisateur, réussit à mystifier son petit monde. Mais elle n’est pas la seule à tenir les clés de l'arnaque. Kim Min-hie, dont la moindre œillade confine à l’extase, tient le rôle tire avec un rayonnement tout aussi lumineux que celui de Kim Tae-ri, la servante, pour la première fois à l’écran. Elle est surprenante et merveilleuse ! Le film pourrait vous faire le même effet.

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