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« L’incroyable histoire du facteur Cheval » de Nils Tavernier

Synopsis: Fin XIXème, Joseph Ferdinand Cheval, est un simple facteur qui parcourt chaque jour la Drôme, de village en village. Solitaire, il est bouleversé quand il rencontre la femme de sa vie, Philomène. De leur union naît Alice. Pour cette enfant qu’il aime plus que tout, Cheval décide de lui construire, un incroyable palais.

La fiche du film

Le film : "L'Incroyable histoire du Facteur Cheval"
De : Nils Tavernier
Avec : Jacques Gamblin, Laetitia Casta
Sortie le : 16/01/2019
Distribution : SND
Durée : 105 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le film

Plus qu’un beau livre d’images. Mon idée du départ s’installe différemment dans le cadre de Nils Tavernier. Pour dessiner les jolis paysages qui s’offrent à lui, mais aussi des portraits bien apprêtés à une histoire apparemment tranquille.

Elle est scellée dans la pierre de ce Palais idéal qui marque l’existence de ce facteur qui s’appelait Cheval. Ce qui peut changer le cours des choses quand la nature ne vous a pas doté de sentiments forts, expressifs et pourtant sincères.

Joseph est un taiseux comme le remarque sa seconde femme qui pourtant va l’aimer au premier regard. Ce couple plutôt étonnant fonctionne à l’envie de la nature qui les entoure. Philomène s’affaire à la maison, Joseph fait sa tournée, à pied, chaque jour, une trentaine de kilomètres au bas mot.

Certains villageois en ont peur (il ne dit jamais un mot, passe son chemin…). Son supérieur, Auguste, le connait bien et lui fait confiance. Sur le visage paisible du receveur, Bernard Le Coq a la bonhomie suffisante pour assurer la tranquillité que recherchent ses semblables.

Le facteur Cheval est un bon bougre, mais le jour de la naissance de sa petite fille, Alice, c’est la panique totale. Il ne sait plus quoi dire, quoi faire, comment réagir.

On pourrait le signaler souvent, mais à cet instant, le jeu de Jacques Gamblin est irréprochable. Il ira crescendo jusqu’à la vieillesse. Celle qui voit partir ses très proches et lui inflige des moments d’autant plus douloureux que jamais il ne les exprime publiquement.

Nils Tavernier l’accompagne d’ailleurs très bien dans cette sourde attitude, sans en faire lui non plus de trop (l’art de l’ellipse est ici une école) . Il donne à son regard la même empathie, le même désir. A l’esbroufe, il privilégie la belle image ( un peu trop peut-être… ) et le sens du récit.

Chaque soir après sa tournée, Joseph s’attelle à la construction de son Palais. Une cour de récréation dit-il pour sa petite Alice qu’il chérit par-dessus tout. Mais la prendre dans ses bras lui demande encore beaucoup d’efforts.

Le Palais Idéal voit le jour. On l’admire, le négoce s’en empare.

Ce n’est pas la direction que prend le film, mais son axe principal secondé par la relation essentielle qu’il entretient avec son épouse. Une femme inquiète mais si confiante, si fière de son mari qu’elle le rejoint maintenant, la nuit dans son refuge.

Son supérieur à la poste est aussi un très bon copain

Laetitia Casta tient elle aussi le rôle dans sa juste mesure et figure bien ses femmes d’autrefois, perdues dans les campagnes autant que leur chaumine reculée. Vaillante à la tâche et au bonheur aussi, quand il se présente.

La chronique française tient ainsi son rang dans l’Histoire de notre pays et ce qu’elle apporte encore aujourd’hui pour conduire nos pas dans ceux d’un homme extraordinaire, et aux apparences si trompeuses.

Plus qu’un beau livre d’images. Mon idée du départ s’installe différemment dans le cadre de Nils Tavernier. Pour dessiner les jolis paysages qui s’offrent à lui, mais aussi des portraits bien apprêtés à une histoire apparemment tranquille. Elle est scellée dans la pierre de ce Palais idéal qui marque l’existence de ce facteur qui s’appelait Cheval. Ce qui peut changer le cours des choses quand la nature ne vous a pas doté de sentiments forts, expressifs et pourtant sincères. Joseph est un taiseux comme le remarque sa seconde femme qui pourtant va l’aimer au premier regard. Ce couple plutôt étonnant…
Le film

C’est l’histoire de la construction du Palais Idéal et de son auteur, le facteur Cheval qui malgré les apparences d’un simplet, d’un benêt réussira à ériger une œuvre d’art aujourd’hui considérée comme indispensable au patrimoine mondial. Nils Tavernier s’en empare en retenant principalement les traits d’un homme effectivement hors du commun, et qui taiseux devant le monde, réussira à exprimer ses sentiments et notamment son amour à sa petite fille en construisant pendant plus de trente ans ce monument oriental. Une patience, une détermination propres à une réalisation aussi tranquille, apprêtée à de jolis paysages. Un cinéaste qui à l'esbroufe privilégie la belle image et le sens du récit. Avec des comédiens de premier ordre dont Jacques Gamblin dans le rôle-titre absolument étourdissant de l’âge adulte, à la vieillesse, de la sourde douleur à l’extatique contemplation. Il permet le 3,5/5

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