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« Les Oiseaux de passage » de Ciro Guerra et Cristina Gallego. Critique dvd

  • Date de sortie du DVD : 20 août 2019
  • Acteurs : Jose Acosta Carmiña Martínez
  • Réalisateurs : Ciro Guerra et Cristina Gallego
  • Audio : Espagnol (Dolby Digital 2.0), Espagnol (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Français
  • Studio : Diaphana
  • Durée : 125 minutes
  • L’histoire : Dans les années 1970, en Colombie, une famille d’indigènes Wayuu se retrouve au cœur de la vente florissante de marijuana à la jeunesse américaine. Quand l’honneur des familles tente de résister à l’avidité des hommes, la guerre des clans devient inévitable…
  • Film : 4/5
  • Bonus: 4/5

Les oiseaux de passage sont des oiseaux de malheur. Dans la tradition des Wayuu (*) ne pas en tenir compte est un sacrilège. Chez les Wayuu, tout ce qui est coutumier doit être respecté.

Comme le montant exorbitant d’une dot pour Rapayet (José Acosta) amoureux de Zaida (Natalia Reyes), une fille d’une famille très en vue dans la communauté. Rapayet se plie à ses exigences et les respecte sous l’autorité d’une belle-mère qui ne laisse rien passer.

« Les esprits t’auront toujours à l’œil » prévient Ursula. (Carmina Martinez)

Allusion au petit trafic de marijuana que son gendre organise pour quelques vacanciers de passage.  Le commerce du café est abandonné. Moisés (Jhon Narvaez) son copain de toujours a trouvé là « le bonheur du monde ».

« C’est leur bonheur à eux » rétorque Rapayet qui comprend très vite l’opportunité à saisir pour développer à grande échelle une industrie florissante. Anibal, (Juan Martinez) de l’autre famille de son épouse cultive l’herbe miraculeuse qui va très vite enrichir les deux clans.

Mais les règles ancestrales se heurtent au régime appliqué par les néo-trafiquants .L’argent coule à flot. Trop vite : dans le trop plein, et la profusion , les premières querelles apparaissent entre partenaires, des escarmouches qu’il faut maintenant laver dans le sang.

Dans une famille , il y a toujours un messager, intouchable. Ici c’est l’oncle , qui conseille Rapayet

La famille tant respectée subit les coups de boutoir d’un trafic où les étrangers mêlés à des associés de fortune ont corrompu une terre et ses habitants. Léonidas, (Greider Meza )le fils unique d’Ursula se sent pousser des ailes , quand sa mère ne peut plus les déployer …

Trahison, vengeance, honneur …  Rapayet règne sur le clan et tente de préserver un semblant d’unité qu’Annibal met en péril . L’arrogance de Léonidas accentue le danger.

Un système mafieux se met en place et les réalisateurs Ciro Guerra et Cristina Gallego en révèlent son inéluctable ascension et sa puissance maléfique . On dit que les cartels sont nés de cette fusion contre nature, où le sol amérindien a nourri entre la Colombie et le Venezuela un ferment criminel.

Très vite la famille a pu se construire une élégante maison, proie aisée pour les ennemis

L’escalade pour le pouvoir engendre des morts et des ruptures. Ultime prise de bec sanglante  entre le gendre et la belle-mère revenue femme-maîtresse au sein d’un clan qui n’a plus de tribu que le souvenir d’un passé honorable.

On ressort de ce film comme d’un rêve étrange , d’une légende d’un autre monde, d’un siècle passé où les personnages traversent leur propre histoire en la renouvelant. C’est extrêmement bien joué .

(*) On dit aussi Guajiros

LES SUPPLEMENTS

  • La production du film ( 5.26 mn ). « Une grosse production, l’ampleur des scènes, dans de nombreux décors différents et avec beaucoup de figurants » dit Cristina Gallego la productrice qui cette fois est également passé derrière la caméra.
Après un an d’isolement, la jeune fille présente son travail afin d’être acceptée
comme femme

Dans ce chapitre chacun y va de son petit commentaire, notamment sur les éléments naturels qui ne se sont pas privés de contrarier le tournage. Lors d’une inondation autour du bâtiment principal, il a fallu le surélever tout en construisant une une digue de protection , mais en vain… Le plan de tournage a été considérablement modifié.

En si peu de temps, on raconte beaucoup de choses  dans ce bonus !

  • La culture Wayuu ( 4.32 mn ) . « Il fallait faire comprendre au sein de la communauté ce qui allait être fait , on avait une autorisation des autorités mais au cours du tournage d’autres familles sont venues , avec d’autres règles, et il a fallu à nouveau expliquer … »
  • La Bonanza ( 3.22 mn). On revient sur le commerce de la marijuana ( qui a suppléé celui du café ) , et son arrêt quand le cartel de Medellin a voulu en prendre le contrôle. «  On a préféré tout sacrifier, avant qu’un bain de sang ne vienne le faire » .

 

  • Autour des cartels :

 » La Vierge des tueurs » de Barbet Schroeder

« Infiltrator » de Brad Furman

« Paradise lost » de Andrea di Stefano

« Sicario » de Denis Villeneuve

« Sicario , la guerre des cartels » de Stefano Sollima

« La mule » de et avec Clint Eastwood.

« Savages » d’Oliver Stones

« Miss Bala » de Gerardo Naranjo

Date de sortie du DVD : 20 août 2019 Acteurs : Jose Acosta Carmiña Martínez Réalisateurs : Ciro Guerra et Cristina Gallego Audio : Espagnol (Dolby Digital 2.0), Espagnol (Dolby Digital 5.1) Sous-titres : Français Studio : Diaphana Durée : 125 minutes L'histoire : Dans les années 1970, en Colombie, une famille d'indigènes Wayuu se retrouve au cœur de la vente florissante de marijuana à la jeunesse américaine. Quand l'honneur des familles tente de résister à l'avidité des hommes, la guerre des clans devient inévitable... Film : 4/5 Bonus: 4/5 Les oiseaux de passage sont des oiseaux de malheur. Dans la tradition des Wayuu (*) ne pas en tenir compte est…
Le film
Les bonus

Une guerre autant économique qu’ethnologique au pays des Wayuu, ce peuple amérindien qui entre la Colombie et le Venezuela va vendre son âme au diable pour quelques plants de marijuana. On dit que les cartels sont nés de cette fusion contre nature, entre des étrangers mêlés à des associés de fortune sur une terre ancestrale où le respect des traditions était la règle suprême. Elle va être bafouée par trop d’argent et de sang coulé. Déjà auteur de «  L’étreinte du serpent », magnifique et rare intrusion au cœur d’un monde perdu, Ciro Guerra, accompagné cette fois de Cristina Gallego ( la productrice de « Wajib » ) livre à nouveau un continent inconnu à notre connaissance, dans une rigueur scénique qui accompagne toujours la véritable histoire à ce qui pourrait s’apparenter à une légende . D’ailleurs on sort de ce film comme d’un rêve étrange ,d’un siècle passé où les personnages traversent leur propre histoire en la renouvelant. C’est extrêmement bien joué .

Avis bonus Chaque petit chapitre est commenté sur des images du making of, intéressant au possible .

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