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« Les Invisibles » de Louis-Julien Petit. Critique cinéma

Synopsis: Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis !

La fiche du film

Le film : "Les Invisibles"
De : Louis-Julien Petit
Avec : Audrey Lamy, Corinne Masiero
Sortie le : 09/01/2019
Distribution : Apollo Films
Durée : 102 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
Le film
  • D’après le livre de Claire Lajeunie « Sur la route des Invisibles », co-scénariste. -.

Louis-Julien Petit ne change pas de discours. Pour un « Discount » solidaire et résistant, il déplace sa caméra vers d’autres luttes portées par le même engagement social, aujourd’hui plus que jamais d’actualité.

Le sort des femmes SDF et la manière dont on peut leur venir en aide. On les côtoie, on les frôle, dans la rue, on les voit à la télévision partir manu militari dans des bus pour des directions dont on ne nous parle pas. Evacuation, destruction, abandon…

Louis-Julien Petit renverse la façade pour étayer un film qui dans les coulisses de la misère et du désespoir enrichit le propos d’un documentaire puissant, joliment contrebalancé par le jeu des comédiennes, professionnelle ou pas.

Angélique (Déborah Lukumuena ) un personnage entre deux , recueilli par l’institution et qui aimerait bien suivre la trace professionnell d’Audrey ( Audrey Lamy)

Elles sont toutes à citer, mais particulièrement Audrey Lamy qui m’a mis des frissons sans en faire des tonnes. Aussi démunie que son personnage d’éducatrice confrontée à l’administration sans faux-col et aux pensionnaires réfractaires à la marche en avant décrétée.

Audrey doit calculer avec la fierté des uns, et les obligations des autres, sous l’œil peu engageant de sa directrice, Manu que Corinne Masiero interprète avec la rigidité qui convient à l’exercice. Entre les deux, la bénévole de service est craquante et très aimante pour une Noémie Lvovsky empreinte de douceur et de sentiments forts.

Un trio de femmes au cœur d’une communauté féminine ballottée par des événements qui lui échappent. Une communauté presque comme une autre. Elle s’entraide et se désunit, se bat seule dans l’indifférence générale avant d’écouter la parole de celles qui tentent de recoller les morceaux.

Un travail de sape, des dossiers, des rencontres, des fuites en avant pour une embauche possible, et puis éludée devant la candidate trop franche sur son passé. Adolpha van Meerhaeghe connait la chanson, elle l’a vécu et en sifflote quelques couplets l’air enjoué, mais la mine profondément marquée.

Autour d’elles, les mêmes femmes de la rue. Elles en sont sorties ou vivent encore en foyer d’accueil avec ce cri permanent dans un processus d’insertion vacillant. Pour qu’il réussisse il ne faut pas chouchouter assure l’administration qui à plusieurs reprises verbalisent les efforts des travailleuses sociales.

On les voit à peine dans leur vie privée, et pourtant tout aussi prenante pour aimer une autre personne que celle qui clochardise ou bien s’accommoder d’un foyer en perdition. Des scènes émouvantes, choquantes ou parfois drôles car la vie s’empare aussi de cette légèreté que portent les gens de peu ou qui le sont devenus.

Au final c’est encore un bus qui les emmène. Ou qu’elles ignorent. C’est jamais gagné !

  • Dans un esprit similaire :

« Au bord du monde » de Claus Drexel

« Une époque formidable » de et avec Gérard Jugnot

« No et moi » de Zabou Breitman

« Le soliste » de Joe Wright

D’après le livre de Claire Lajeunie « Sur la route des Invisibles », co-scénariste. -. Louis-Julien Petit ne change pas de discours. Pour un « Discount » solidaire et résistant, il déplace sa caméra vers d’autres luttes portées par le même engagement social, aujourd’hui plus que jamais d’actualité. Le sort des femmes SDF et la manière dont on peut leur venir en aide. On les côtoie, on les frôle, dans la rue, on les voit à la télévision partir manu militari dans des bus pour des directions dont on ne nous parle pas. Evacuation, destruction, abandon… Louis-Julien Petit renverse la façade pour étayer un…
Le film

Après son premier film « Discount », Louis-Julien Petit ne change pas de ton et surtout d’esprit pour aller au-devant cette fois des femmes SDF et du travail souterrain des travailleuses sociales. Dans un quotidien miné d’interdits et de préventions à l’égard d’une communauté qui doit elle-même combattre ses propres travers. Plus que l’envers du décor et la façade lézardée, le réalisateur nous montre des coulisses où des femmes tentent de venir en aide à d’autres femmes, dans un processus d’insertion aux multiples embuches. Il enrichit son propos d’une empreinte documentaire puissante,joliment contrebalancée par le jeu des comédiennes, professionnelles ou pas. Elles sont toutes à citer, mais particulièrement Audrey Lamy qui m’a mis des frissons à plusieurs reprises, sans en faire des tonnes.

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