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« Le Voyage de Marta » de Neus Ballus. Critique cinéma

Synopsis: Marta, 17 ans, passe à contre-coeur des vacances au Sénégal en compagnie de son père et de son petit frère. Un jour, elle ouvre une porte qui donne accès à une zone réservée aux employés de l’hôtel. Elle rencontre alors Khouma, le photographe du club et Aissatou une femme de ménage.  Elle va découvrir un monde qui lui était totalement inconnu. 

La fiche du film

Le film : "Le Voyage de Marta"
De : Neus Ballús
Avec : Elena Andrada, Sergi López
Sortie le : 17/07/2019
Distribution : New Story
Durée : 83 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
Le film

Entre réalité et fiction, on n’y échappe pas. Le mode est de plus en plus commun sur des terrains que le documentaire a par ailleurs explorés. Ici, le tourisme post-colonialiste se fixe aux racines de l’aventure : Manel, un agent de voyages part avec sa fille et son fils dans une région du Sénégal pour y constituer son futur catalogue.

Il visite, il teste, il commente. Si Bruno (Ian Samso) est ravi de toutes les opportunités que lui offrent ces excursions, sa grande-sœur Marta freine des quatre fers. Opposée à ces vacances faciles, ses appréhensions se renforcent au contact du terrain.

Des traditions ancestrales commuées en spectacle exotique, des danses légendaires déviées de leur signification première, des touristes conviés à les singer, Marta s’échappe du cérémonial vacancier au hasard d’une rencontre avec Aissatou (Madeleine C. Ndong ) une femme de ménage et Khouma ( Diomaye A. Ngom ) le vidéaste du club.

C’est particulièrement à travers son travail que la jeune réalisatrice aborde de manière significative et pertinente son récit. Le jeune homme révèle en effet peu à peu à Marta la façon dont il filme et monte ses courts-métrages destinés aux touristes.

Marta a 17 ans, mais son papa s’inquiète beaucoup de ses fréquentations locales

Ce qu’ils doivent donc retenir de leur séjour, à travers des vidéos qui s’incrustent dans son propre film. Ce procédé d’assimilation( l’image dans l’image, le film dans le film … ) fonctionne parfaitement dans cette mise en scène idéale pour souvenirs impérissables.

Ou quand la réalité s’efface devant le bel ordonnancement de ces vacances calibrées.

La charge contre le tourisme exotique, voire post-colonialiste n’est jamais pesante. Neus Ballus y mêle  un environnement économique ( tout le monde n’est pas à mettre dans le même panier, de l’africain au voyageur ) dans lequel le travail de Manel compose une dynamique évidente.

A lui de l’assumer, et de la conforter aux yeux de sa fille qui par ses silences et ses absences, et parfois même ses actions inconsidérées, réfute son travail. Sur la pointe des pieds, la réalisatrice aborde ainsi des relations familiales particulières, et une paternité difficile.

Mais c’est pourtant bien à son père que Marta accorde sa dernière danse. Une concorde retrouvée dans le sourire bienveillant de Sergi Lopez, fermement accroché à ce rôle peu amène.

Pour sa première apparition à l’écran Elena Andrada, ne force pas un talent qui parait naturel. Emportée elle aussi par la vista et l’entrain d’une réalisatrice qui risque de nous en apprendre encore de biens bonnes. Cest un risque à prendre ! 

Entre réalité et fiction, on n’y échappe pas. Le mode est de plus en plus commun sur des terrains que le documentaire a par ailleurs explorés. Ici, le tourisme post-colonialiste se fixe aux racines de l’aventure : Manel, un agent de voyages part avec sa fille et son fils dans une région du Sénégal pour y constituer son futur catalogue. Il visite, il teste, il commente. Si Bruno (Ian Samso) est ravi de toutes les opportunités que lui offrent ces excursions, sa grande-sœur Marta freine des quatre fers. Opposée à ces vacances faciles, ses appréhensions se renforcent au contact du terrain.…
Le film

Un premier film avec une première fois pour le personnage principal ( Elena Andrada ). Un paquet de risques que la réalisatrice soulève sur un sujet très sérieux : le tourisme post-colonialiste au Sénégal. Manel ( Sergi Lopez, très bien ) effectue un voyage professionnel en compagnie de sa fille et de son fils. Elle n’est pas d’accord avec l’environnement exotique que lui propose le club aux animations calibrées. Une opposition père-fille délicatement menée sur un regard pertinent que la réalisatrice imagine à travers le photographe local, chargé de filmer les touristes qui repartent ainsi avec les souvenirs tout aussi calibrés par ses soins. Ou quand la réalité s’efface devant le bel ordonnancement de ces vacances à la carte. La vista et l’entrain de la réalisatrice évitent l’écueil d’une charge trop pesante à l’égard de l’économie touristique. Entre réalité et fiction, la valeur documentaire de son récit atteste de sa maîtrise.

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