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« Le Violent » de Nicholas Ray. Critique Blu-ray

  • RéalisateurNicholas Ray
  • ActeursHumphrey Bogart, Gloria Grahame, Frank Lovejoy, Carl Benton Reid, Art Smith
  • Durée : 89 minutes
  • LangueAnglais, Français 
  • Sous-titres : Français
  • Studio  : Sidonis Calysta

L’histoire : Dixon Steele, un scénariste en proie à des crises de violence, est accusé du meurtre d’une serveuse. Laurel, une voisine amoureuse de Steele, le disculpe, mais leur amour ne peut échapper à la suspicion…

A chaque film de Nicholas Ray, les historiens relèvent quelques détails ou anecdotes qui le situent sur un autre niveau de lecture. «  Le Violent » étant peut-être le plus caractéristique à cet égard : tous les spécialistes s’accordent à reconnaître dans le personnage de Humphrey Bogart, le double de Nicholas Ray.

Dixon Steele n’est pas cinéaste, mais un scénariste talentueux réputé et violent. Très bizarre aussi quand il demande à une jeune réceptionniste de son restaurant de lui raconter le livre qu’il n’a pas envie de parcourir pour un prochain scénario.

Problème, la jeune femme est retrouvée assassinée peu après avoir quitté l’appartement du monsieur.

Une trame somme toute classique dans le genre policier . Mais sous la houlette d’un scénario retors, il permet à Humphrey Bogart de poser son personnage au cœur de sables mouvants dans lesquels il patauge à merveille.

Avec sa voisine devenue son alibi puis son grand amour, Laurel, (Gloria Grahame) , qui pour rien au monde ne l’imagine criminel. Malgré l’insistance de la police ( Frank Lovejoy- Carl Benton Reid) et les doutes de plus en plus apparents de son entourage.

La police cuisine à plusieurs reprises Laurel, l’amie du scénariste, qui n’en démord pas … officiellement !

Malgré son titre, «  Le Violent » est avant tout un film sur la suspicion .Nicholas Ray la pose en énigme permanente dans le va et vient de ce tout Hollywood dont on ne voit jamais l’envers du décor. Mais ses attributs, à l’image de l’agent de Dixon, Mel Lippman ( Art Smith ), belle créature qui embrouille les cartes, et leur donne bien du piment.

Avec lui,  Nicholas Ray fait son propre travelling pour observer ce qui se passe chez le scénariste. Jolie scène dans le huis-clos immobilier devenu scène de théâtre et dramaturgie psychologique que le final couronne magistralement.

Cette fois on revient au polar total, angoissant, criminel, malsain, sans en savoir plus . Un grand classique du genre, qui s’éloigne des stéréotypes, et se rapproche de la vérité.

Le réalisateur, sa femme Gloria Grahame,( Laurel pour le film ) et Humphrey Bogart

LES SUPPLEMENTS

 

  • Le point de vue de Patrick Brion. « Un film claustrophobe, on est dans le monde du cinéma, mais on ne voit jamais un plateau, un tournage, un studio »

« Un personnage qui ressemble au tempérament de Bogart, à son caractère…Encore plus évident, Nicholas Ray, un décor à l’image de l’immeuble où il vivait , et comme actrice sa femme Gloria Grahame, producteur pas enthousiaste , elle doit s’engager par contrat à n’avoir aucune initiative. Le personnage, c’est  Nicholas Ray. »

« Ils vont se séparer avant la fin du film … »

Dixon arrive chez lui avec la réceptionniste du restaurant. Il croise Laurel, sa nouvelle voisine…
  • Le point de vue de Bertrand Tavernier. Le réalisateur français souligne lui aussi l’aspect totalement autobiographique de Nicholas Ray et la présence de sa femme

« Il n’ a eu de cesse de se détruire … »

« Il a donné des noms pour le maccarthysme dont sa femme , la culpabilité qui le ravageait ça l’a éloigné de toute une catégorie de scénaristes, qui étaient plus ou moins sur la liste noire, il ne voulait pas en entendre parler . (… ) Il a mis énormément de choses personnelles, dans le scénario, dans la mise en scène ».

« Le personnage de Bogart ravagé par les mêmes démons intérieurs, c’est son double ».

Réalisateur : Nicholas Ray Acteurs : Humphrey Bogart, Gloria Grahame, Frank Lovejoy, Carl Benton Reid, Art Smith Durée : 89 minutes Langue : Anglais, Français  Sous-titres : Français Studio  : Sidonis Calysta L'histoire : Dixon Steele, un scénariste en proie à des crises de violence, est accusé du meurtre d'une serveuse. Laurel, une voisine amoureuse de Steele, le disculpe, mais leur amour ne peut échapper à la suspicion… Film : Bonus : A chaque film de Nicholas Ray, les historiens relèvent quelques détails ou anecdotes qui le situent sur un autre niveau de lecture. «  Le Violent » étant peut-être le plus caractéristique à cet…
Le film

Dans ce film où Nicholas Ray dit-on a projeté sa propre existence, il faut aussi voir les démons de Bogart qu’il incarne royalement dans ce personnage ambigu , célèbre et irritable, qui se voit suspecter du crime d’une jeune femme qui venait de sortir de chez lui . Plus que dans l’action, c’est dans la réflexion et la psychologie que ce polar s’acharne sur ce suspect possible en l’affublant de toutes les qualités du tueur intelligent et qui trompe son monde, et surtout sa petite amie Mais rien dans sa vie ne laisse entrevoir une faille quelconque même lorsqu’il mime la façon dont la fille a été tuée. C’est un scénariste, il a de l’imagination et sait la mettre en scène ce qu’il fait devant son copain flic et sa femme inquiète par une telle attitude. Malgré son titre «  Le Violent » est avant tout un film sur la confiance et la suspicion que Nicholas Ray pose en énigme permanente dans le va et vient de ce tout Hollywood dont on ne voit jamais l’envers du décor. Un grand classique du genre, qui s’éloigne des stéréotypes, et se rapproche de la vérité

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