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« La fille au bracelet » de Stéphane Demoustier. Critique cinéma

Synopsis: Lise, 18 ans, vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d'avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet car elle est accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie.

La fiche du film

Le film : "La Fille au bracelet"
De : Stéphane Demoustier
Avec : Melissa Guers, Roschdy Zem
Sortie le : 12/02/2020
Distribution : Le Pacte
Durée : 96 Minutes
Genre : Drame, Judiciaire
Type : Long-métrage
Le film

« Que savons nous de nos ados, n’en faites pas un procès d’arrière garde« .—

Sans le moindre casier judiciaire au cinéma, Mélissa Guers réussit une plaidoirie exceptionnelle pour un personnage qui ne l’est pas moins.

Plus ambigu qu’il n’y parait, plus mature que l’âge de ses artères, une jeune fille déjà presque femme. Belle alternative sur la manière de conduire sa vie, rapidement chamboulée par l’accusation d’assassinat de sa meilleure amie.

Les faits ne lui sont pas favorables mais leur amitié si forte exclut toute velléités belliqueuses. Une brouille, peut-être, à cause d’une vidéo litigieuse, mais rien de sérieux.

Encore que … « Quelque chose s’était cassé entre elles » dit le petit ami de la victime lors du procès. Lui-même très impliqué par le contenu de la vidéo. Mais toujours rien de vraiment sérieux pense-t-on au cours de ces audiences parfaitement filmées, même si elles n’apportent pas de véritable originalité sur le plan d’une mise en scène sobre et efficace.

Comme tous les soirs la prévenue regagne son domicile avec son bracelet , l’artifice législatif sert grandement la réalisation. Elle trouve là une autre respiration, un second souffle, voire un souffle nouveau.

Lise joue avec le feu , s’éclipse la nuit, elle affole sa famille.

Des parents très aimants, même si la mère ( Chiara Mastroianni ) refuse d’assister au procès. Lise parle peu. Laisse les questions de la procureur ( Anaïs Demoustier) sans réponse. Et un père  ( Roschdy Zem) désarçonné par son enfant qu’il découvre sous un autre jour. Celui de sa vie intime qu’elle assume pleinement.

Bizarrement, c’est le prétoire qui est gêné. Une sourde tension laisse apparaître les failles, et des éclats possibles . Mais ce n’est pas le style du réalisateur qui confine aussi bien le lieu que les débats. Et le suspense jusqu’au bout dans la non-révélation de l’affaire. Coupable ou pas importe peu.

Les réponses cinématographiques ( narration, scénographie, interprétation … ) de Stéphane Demoustier face au questionnement de la justice et d’un procès d’assises me paraissent amplement suffisantes pour éluder le point de vue ras de terre, de la culpabilité ou pas … Nous voici autant juré que spectateur. Dans une salle d’audience ces deux types de public se côtoient.  Stéphane Demoustier ne laisse rien au hasard.

"Que savons nous de nos ados, n’en faites pas un procès d’arrière garde".--- Sans le moindre casier judiciaire au cinéma, Mélissa Guers réussit une plaidoirie exceptionnelle pour un personnage qui ne l’est pas moins. Plus ambigu qu’il n’y parait, plus mature que l’âge de ses artères, une jeune fille déjà presque femme. Belle alternative sur la manière de conduire sa vie, rapidement chamboulée par l’accusation d’assassinat de sa meilleure amie. Les faits ne lui sont pas favorables mais leur amitié si forte exclut toute velléités belliqueuses. Une brouille, peut-être, à cause d’une vidéo litigieuse, mais rien de sérieux. Encore que…
Le film

Un film de procès parfaitement réussi, totalement maîtrisé même si dans la forme il n’apporte pas de véritable originalité sur le plan d’une mise en scène sobre et efficace.  Il y a cet aspect que je ne connaissais pas pour une session d’assises : le fait que le ou la prévenue puisse le soir regagner son domicile avec son bracelet, alors qu’habituellement même en comparution libre, l’accusé doit chaque soir regagner la prison . Cet artifice législatif sert grandement la réalisation qui trouve là chaque fois sa respiration, son second souffle, et  même un souffle nouveau. L’interprétation est au top, des parents à l’avocat générale ( le comportement d’Anaïs Demoustier est conforme à l’étiquette d’un tel personnage ) avec une mention particulière pour la jeune héroïne qui sans casier judicaire au cinéma réussit une belle performance : Mélissa Guers. Une belle attention apportée à son personnage , au-delà de la réflexion entendue à la sortie de la salle : on ne sait pas en fin de compte si elle est coupable ou pas ! Dans ce genre de film , personnellement ce n’est pas ce que j’attends. Les réponses cinématographiques ( narration, scénographie, interprétation … ) de Stéphane Demoustier face au questionnement de la justice et d’un procès d’assises me paraissent amplement suffisantes pour éluder le point de vue ras de terre de la culpabilité ou pas …

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