- 5 novembre 2025 en salle

- 1h 46min | Drame
- Par Stéphane Demoustier
- Dvd : 17 mars 2026
- Acteurs : Claes Bang, Michel Fau, Sidse Babett Knudsen, Swann Arlaud, Xavier Dolan
- Studio : Le Pacte
L’histoire : 1983, François Mitterrand lance un concours d’architecture international pour le projet phare de sa présidence : la Grande Arche de la Défense, ! Otto von Spreckelsen, architecte danois, remporte le concours. Du jour au lendemain, cet homme de 53 ans, inconnu en France, débarque à Paris . S’il entend bâtir la Grande Arche telle qu’il l’a imaginée, ses idées vont très vite se heurter à la complexité du réel et aux aléas de la politique.
- Prix Lumière 2026 du scénario
- César 2026 : Meilleurs décors : Catherine Cosme –Meilleurs effets visuels : Lise Fischer
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
Personnellement, Michel Fau je l’aurais réservé pour un François Hollande. On fera bien un film, un jour, sur cet ancien président. Mais pour François Mitterrand les candidats ne se bousculaient pas, et, physique et physionomie mises à part, Michel Fau est tout à fait dans le rôle de ce que l’on peut imaginer autour d’un portrait mitterrandien.
Surtout dans cette visée culturelle que représente le projet de la Grande Arche de la Défense, son monument, son empreinte à tout jamais scellée dans la plus belle perspective de la capitale , entre le Louvre et l’Arc de Triomphe.
A la surprise générale, la réalisation revient à un architecte danois, totalement inconnu dans l’hexagone, et tout aussi discret dans son pays. A ce jour Otto von Spreckelsen a construit sa propre maison et quatre églises.
Aussi « le monument » que lui propose la France prend très vite à ses yeux une dimension personnelle, un attachement tout à fait particulier qu’il va démontrer tout au long de l’évolution des travaux, et des discussions engagées avec les techniciens de l’hexagone, et le pouvoir politique qui s’y réfère.
Le créateur danois entame alors une traversée des chantiers à laquelle il ne s’attendait pas. La loi est la loi, et on ne fait pas travailler des entreprises sans appel d’offres. Un exemple parmi tant que d’autres que Stéphane Demoustier illustre chaque fois de manière significative.

C’est parfois un brin technique, proche de temps en temps d’un documentaire in-situ ( la construction à son époque … ) et totalement imprégné de l’esprit du moment que le réalisateur suspend autour des discussions plus qu’animées entre l’architecte et ses collaborateurs.
Son épouse, bras droit attentionné, équilibre les divers mouvements d’humeur. Sidse Babett Knudsen , toujours aussi juste, n’en fait pas des tonnes pour emporter le lot. Nous sommes entre gens de bonne compagnie remarque avec grandeur Xavier Dolan dans le rôle du conseiller présidentiel, un technocrate de la plus belle envergure, confronté au jeu très subtil de Claes Bang.
Le héros tient son rôle dans le carcan étroit d’une personnalité complexe, un génie créateur , obsessionnel, à la paranoïa naissante.
Paul Andreu son alter-ego français peine à le contenir, mais Swann Arlaud peine très très bien. Dans un casting impeccable, une réalisation ad-hoc…
LES SUPPLEMENTS
- Récit d’une fabrication (30 mn )- Philippe Rouyer s’entretient avec Stéphane Demoustier et l’équipe artistique
Deux enjeux, l’époque et le chantier, comment le reconstituer ? C’est une matière vivante qui bouge autant que le scénario .« Si on n’avait pas pu tourner sur les Champs Elysées , je ne sais pas comment j’aurais fait, j’avais besoin de cette perspective. Autorisation un dimanche matin pendant trois heures »
- Making of VFX ( 3 mn )
C’est amusant à suivre, de l’image originelle à celle qui apparaître sur l’écran
- Xavier Dolan, Swann Arlaud : entretiens .Plusieurs questions leurs sont posées . Les réponses sans attache …

Une belle complicité …
XD : « Mon personnage est délicieux à la lecture du scénario , une polyvalence dans son activité, intéressante »
« je n’ai pas le même attachement à cette histoire, ce qui me permet d’avoir du recul, un angle différent , je vois l’histoire d’un créateur, douloureusement d’actualité . La vision des artistes opposée à celle des politiques, ils ont la même ambition, mais des manières très différentes de manœuvrer ».
SA : « Une histoire passionnante, tout simplement, une vision idéaliste qui doit faire face à la réalité des choses et de l’argent notamment (… ) et j’imagine que Stéphane en racontant cette histoire parle aussi de la façon de faire des films. Reste l’aspect politique , avec ce que l’on vit aujourd’hui en France, il y a des scènes qui prêtent à rire ».
- Scènes coupées. Il y en a plusieurs, mais à mon avis seule « L’arrivée à Paris » ( de l’architecte) pouvait à nouveau enrichir le montage
Le film
Les bonus
La nomination d’un architecte danois pour réaliser le projet mitterrandien de la Grande Arche de la défense à Paris surprend tout le monde, à commencer par l’intéressé lui-même qui à ce jour n’a pas encore fait parler la foudre. Ça ne va pas tarder, le créateur prenant à bras le corps l’idée d’un cube-immeuble dont il va s’approprier toutes les exigences.
Mais en France, certaines lois lui sont étrangères, et un appel d’offre ne peut être biffé par un simple commentaire présidentiel . Autant de barrières qui s’érigent sur son chantier que Stéphane Demoustier parcourt en sa compagnie de manière très significative.
C’est parfois un brin technique, proche de temps en temps d’un documentaire in-situ ( la construction à son époque … ) et totalement imprégné de l’esprit du moment que le réalisateur suspend autour des discussions plus qu’animées entre l’architecte et ses collaborateurs.
Dans le jeu de tous les interprètes, le casting se révèle très judicieux, et la réalisation tout aussi pertinente.
AVIS BONUS
De la conception du film à ce qu’en pense l’équipe, via des scènes coupées, ça mérite d’être suivi
