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« Fortuna » de Germinal Roaux. Critique dvd

Synopsis: Fortuna, jeune éthiopienne de 14 ans, est accueillie avec d’autres réfugiés par une communauté de religieux catholiques dans un monastère des Alpes suisses. Elle y rencontre Kabir, un jeune africain dont elle tombe amoureuse. C’est l’hiver et à mesure que la neige recouvre les sommets, le monastère devient leur refuge mais aussi le théâtre d’évènements qui viennent ébranler la vie paisible des chanoines.

La fiche du DVD / Blu-Ray

Le film : "Fortuna"
De : Germinal Roaux
Avec : Kidist Siyum, Bruno Ganz, Patrick d\'Assumçao, Yoann Blanc, Stéphane Bissot
Sortie le : 5 février 2019
Distribution : Blaq Out
Durée : 106 minutes
Film classé : Tous publics
Nombre de DVD / Blu-Ray : 1
Le film
Les bonus

La crise des migrants est devenue celle de l’accueil. Des images, des chiffres, des statistiques… La profusion des données a selon Germinal Roaux généralisé une situation de moins en moins sensible aux yeux du plus grand nombre.

Le cinéaste imagine alors par la poésie, la fiction et le noir et blanc, revenir à une source plus authentique d’un problème humain. Il lui donne un nom, Fortuna, une origine l’Ethiopie.

Après une traversée cauchemardesque qui peuple toujours ses nuits, la jeune fille est hébergée dans un monastère des Alpes Suisses où la neige heurte la peau fragile, hâlée par le soleil de son pays.

Plus que saisissant, le contraste est évident au regard d’un monde profondément inscrit dans une mystique religieuse. Recueillement, prières et célébrations rythment les journées des religieux auxquelles Fortuna adhère par foi certainement, mais aussi avec la certitude que sa planche de salut repose sur ce respect de l’être supérieur.

Pour retrouver sa famille, sa vie d’autrefois, maintenant contrariée par des rencontres nouvelles, des amours inattendues. Germinal Roaux filme avec attention et retenue chaque événement du monastère, scrutant patiemment les attentes et les espoirs des uns et des autres avant que chacun ne reparte là où l’administration les dirigera.

C’est parfois long et répétitif, inéluctable au temps qui passe ici très haut, très froid, très seul. Là où Fortuna puise péniblement encore de quoi espérer.

Le monde est redevenu dur à ses yeux, toujours victime d’un système régit par les hommes. Elle entend disposer librement de son corps quand son éducateur (Patrick d’Assumçao , excellent) tente un tout autre raisonnement. Et que son amoureux d’une lâcheté exemplaire n’entend plus rien à ses suppliques.

Au déracinement, d’autres problèmes se posent alors qui ne sont toujours pas de son âge et qu’elle endosse pourtant avec la certitude d’avancer un peu plus chaque jour sur le bon chemin. Là où les adultes la retrouvent sur des questions morales et existentielles, et le sens à donner à leur vie.

La communauté est très attentive à l’éducatin de leur petite protégée.

Une descente de police dans le monastère interpelle ainsi énormément les chanoines, dont le père supérieur qui trouve en Bruno Ganz, la voie de la sagesse. Germinal Roaux n’apporte pas plus de réponse que de solution à ce problème qu’il rend simplement plus humain. Aux chiffres, aux statistiques, il répond Fortuna.

    • Exilés, réfugiés, immigrés : 

    « The good lie » de Philippe Falardeau.

    « Hope » de Boris Lojkine.

« L’ordre des choses » de Andrea Segre

« Fuocoammare : Par-delà  Lampedusa » de  Gianfranco Rosi

« Libre » de Michel Toesca

Les Suppléments

  • ·  Entretien avec Germinal Roaux, réalisateur. « Photographe pendant 15 ans, j’ai toujours travaillé en noir et blanc c’est la langue que je parle le mieux. C’est une image qui n’est pas terminée sans le recours du spectateur ».

« Le cadre religieux permet de prendre de la hauteur, que ce ne soit pas une parole religieuse, pas dogmatique mais d’homme à homme, ramener à un discours que l’on puisse tous entendre, au-delà de la foi, de la religion surtout avec l’éducateur il n’y a pas de vérité toute faite ».  

  • ·  Des tas de choses, documentaire (2004, 28 min.). Germinal Roaux a suivi à l’époque pendant plusieurs semaine un trisomique adulte. Le jeune homme explique lui-même sa maladie, on le voit, on le suit dans son quotidien, il travaille dans un restaurant. « Je suis le premier serveur trisomique de la restauration helvétique » dit-il tout souriant.

Il confie également qu’il voudrait être papa, avant de confesser un récent chagrin d’amour.

Et quand on peut s’interroger sur l’intérêt et l’objectif de ce documentaire, c’est encore lui qui fournit la réponse « Il est important que l’on donne une bonne image de notre maladie. (…) Ce qui me fait peur c’est de mourir assassiner, mais pas de vieillesse. Car quand quelqu’un meurt, un bébé naît ».

  • ·  Icebergs, court-métrage (2007, 14 min.) Un joli coup d’œil d’un réalisateur sur le quotidien de deux copines qui n’entendent pas se laisser porter par les événements.

Ours de Cristal du Meilleur Film au Festival de Berlin La crise des migrants est devenue celle de l’accueil. Des images, des chiffres, des statistiques… La profusion des données a selon Germinal Roaux généralisé une situation de moins en moins sensible aux yeux du plus grand nombre. Le cinéaste imagine alors par la poésie, la fiction et le noir et blanc, revenir à une source plus authentique d’un problème humain. Il lui donne un nom, Fortuna, une origine l’Ethiopie. Après une traversée cauchemardesque qui peuple toujours ses nuits, la jeune fille est hébergée dans un monastère des Alpes Suisses où la neige…
Le film
Les bonus

Pour contrer les reportages TV et statistiques de tout ordre sur le problème migratoire, Germinal Roaux opte pour un point de vue minimaliste : l’histoire d’une jeune éthiopienne de 14 ans, qui débarque dans les Alpes Suisse en plein hiver.  La photographie en noir et blanc et les plans (très) stylisés participent à cette reconnaissance du problème de l’exil, de l’abandon et de la solitude, soulevé à travers des questions existentielles et morales. Notamment pour l’éducateur du monastère et les moines violemment interpellés par une descente de police. La situation de la jeune fille va également poser des cas de conscience aux religieux sur la suite à donner à sa détermination… Germinal Roaux n’apporte pas plus de réponse que de solution au problème posé. Il le rend simplement plus humain. Aux chiffres, au statique, il répond Fortuna.

Avis bonus < /b> Un entretien éclairant avec le réalisateur qui nous confie ensuite son premier documentaire et son premier court-métrage, c'est très intéressant

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