Accueil » A la une » « Esterno Notte » de Marco Bellocchio. Critique cinéma

« Esterno Notte » de Marco Bellocchio. Critique cinéma

  • Durée :  6 x 52 min
  • Drame, Historique
  • Créée par Marco Bellocchio
  • Avec Fabrizio Gifuni, Margherita Buy, Toni Servillo
  • Sortie : Mars 2023-Arte

 

L’histoire : Le 16 mars 1978, Aldo Moro, le président de la Démocratie chrétienne, est enlevé par les Brigades rouges. En état de choc, le gouvernement italien se retrouve face à un dilemme : faut-il accepter la négociation avec le groupe terroriste, quitte à mettre en péril la démocratie, ou ne rien céder et prendre le risque de l’exécution de l’un des siens ?

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article

  • La Série  :

Marco Bellocchio aborde la série au cinéma, une première qui lui permet de se recentrer sur un fait unique de ces années noires en Italie, l’enlèvement d’Aldo Moro, alors président de la Démocratie Chrétienne (photo) .

Le réalisateur outrepasse sa fonction d’observateur, et rapporte au plus près la vérité de ce moment crucial pour l’Italie. Il la décrypte de manière viscérale.

Séquestré par les Brigades rouges, Aldo Moro (Fabrizio Gifuni) ne disparait pas de la scène politique, bien au contraire nous dit Bellocchio, il est la raison et l’objet des tractations menées entre les différents courants politiques de la péninsule.

 

Plus préoccupés semble-t-il par les nouveaux postes gouvernementaux à pourvoir que par les moyens d’agir pour sauver leur ami, leur partenaire, ou à défaut leur adversaire, mais si précieux pour les combats à venir.

Andreotti, alors premier ministre ( photo) se dit dévasté et «  politiquement mort. C’était un père pour moi, je lui doit tout ».  Pour Bellocchio, son attitude vis-à-vis des ravisseurs semble pourtant très ambiguë, voire hostile à toute négociation.

La mort de l’otage ne faciliterait-elle pas sa tâche ? interroge-t-on à plusieurs reprises. A demi-mot …

Fabrizio Contri ou Andreotti, plus vrai que nature …

Dans une mise en scène aussi sombre que tendue, chaque nuance compose ainsi avec le danger du moment. Le pape, ami intime de Moro (Toni Servillo) a quasiment pris la tête des opérations, le conseiller américain privilégie la fermeté ( et les intérêts de son pays ), l’armée commence à montrer des signes d’impatience …

Les mêmes doutes et incertitudes, les mêmes interrogations chez les brigadistes. Après quelques points de vue et commentaires épars, leurs positions se révèlent au grand jour, dans une narration toute aussi participative de l’élan révolutionnaire qui mène le pays.

Bellocchio cerne leurs zones d’ombres et leurs atermoiements. Des partisans de l’exécution aux tenants du dialogue dit populaire, le sort d’Aldo Moro se noue dans une dialectique incertaine .Le jeu des acteurs la rend particulièrement intuitive.

L’Université a perdu le contrôle de son enseignement

Quand Adriana Feranda ( Daniela Marra ) , membre des BR, assiste par hasard dans un café à la retransmission de l’enterrement des gardes du corps d’Aldo Moro, elle est totalement décomposée.

Une séquence ouverte, magnifique. Elle est significative d’un état d’esprit qui se propage peu à peu dans les rangs des brigadistes face à la foire d’empoigne. Dans un décor trop grand pour eux, imposant, impérial.

Là où les hommes n’arrivent plus à contenir leurs idéaux, au profit de passions dévoyées. Sur son lit d’agonie Aldo Moro (Fabrizio Gifuni) en restitue parfaitement l’origine …

Le Vatican s’apprête à payer une rançon . Mme Moro (Margherita Buy) et le pape devant l’argent collecté …

 

Durée :  6 x 52 min Drame, Historique Créée par Marco Bellocchio Avec Fabrizio Gifuni, Margherita Buy, Toni Servillo Sortie : Mars 2023-Arte   L'histoire : Le 16 mars 1978, Aldo Moro, le président de la Démocratie chrétienne, est enlevé par les Brigades rouges. En état de choc, le gouvernement italien se retrouve face à un dilemme : faut-il accepter la négociation avec le groupe terroriste, quitte à mettre en péril la démocratie, ou ne rien céder et prendre le risque de l'exécution de l'un des siens ? Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article La Série  : Marco Bellocchio aborde…
La série

On retrouve sur mon site, plusieurs connections avec cette période douloureuse de l’Histoire italienne. On y croise donc Bellocchio qui n’est pas en reste sur le sujet. Il l’ exploite à nouveau aujourd’hui en utilisant le mode de la série qui lui permet de se recentrer sur un fait unique de ces années noires en Italie, l’enlèvement d’Aldo Moro, alors président de la Démocratie Chrétienne . Le réalisateur outrepasse sa fonction d’observateur, et rapporte au plus près la vérité de ce moment crucial pour l’Italie. Il la décrypte de manière viscérale. La lumière est ténue, inexistante parfois dans ces allées du pouvoir devenues objet de bataille politique, pour la Démocratie Chrétienne qui peine à partager avec l’opposition communiste. Un affrontement difficile à assumer quand de l’autre côté de la barrière, la vie d’un homme ne tient qu’aux décisions des tenants du pouvoir. Doutes, incertitudes, désaccords, autant de sentiments qui renvoient au camp d’en face où leur prise de guerre n’a pas la même valeur selon les différents courants brigadistes. Le sort d’Aldo Moro se joue dans une dialectique incertaine que le jeu des acteurs rend particulièrement intuitive. Dans un décor trop grand pour eux, imposant, impérial. Là où les hommes n’arrivent plus à contenir leurs idéaux, au profit de passions dévoyées. Sur son lit d’agonie Aldo Moro en restitue parfaitement l’origine.

User Rating: 2.62 ( 3 votes)

Voir aussi

« Riddle of fire » De Weston Razooli. Critique cinéma

L’enfance confrontée au monde des adultes, on a peut-être vu mieux .

Laisser un commentaire