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« Désigné coupable » de Kevin MacDonald. Critique cinéma

Synopsis: Mohamedou Ould Slahi est détenu depuis des années à Guantánamo, sans jugement ni inculpation. Deux alliées inattendues lui viennent en aide : l’avocate Nancy Hollander et sa collaboratrice Teri Duncan. Les deux femmes vont affronter l’implacable système au nom d’une justice équitable. Leur plaidoyer polémique, ainsi que les preuves découvertes par le redoutable procureur militaire, le lieutenant-colonel Stuart Couch, démasquent une conspiration aussi vaste que scandaleuse.

La fiche du film

Le film : "Désigné Coupable"
De : Kevin Macdonald
Avec : Tahar Rahim, Jodie Foster
Sortie le : 14/07/2021
Durée : 130 Minutes
Genre : Biopic, Drame, Thriller
Type : Long-métrage
Le Film

Dans la lignée des grands films américains « humanistes » , « Désigné coupable » hisse son étendard au plus haut. Par la force de son interprétation et la maestria de sa mise en scène composée habilement sur un montage intuitif. Comme une évidence.

Le sujet est aussi de première urgence. On a pourtant tellement écrit, filmé et raconté Guantanamo que le reprendre une dizaine d’années après relève de la gageure. Ce que rejette d’un trait de scénario  Kevin Macdonald relayé par Rory Haines et Sohrab Noshirvani pour dénoncer une fois encore son existence.

Une île cubaine contrôlée par les USA à l’écart de toute civilisation sur laquelle un établissement pénitentiaire détient de supposés terroristes

Le profil de Mohamedou Ould Slahi est ainsi parfait . Originaire de Mauritanie, le jeune homme poursuit ses études à Berlin grâce à une aide financière de l’Allemagne. Après les attentats du 11 Novembre, des ramifications avec le commando terroriste conduisent les enquêteurs jusqu’à son domicile. Preuve irréfutable, un coup de téléphone de Ben Laden, qui par malheur n’était autre que son cousin.

On ne l’arrête pas , on l’enlève. Pendant plusieurs mois sa famille ignore ce qu’il est devenu quand la nouvelle de sa présence à Guantanamo fait la une des journaux. Une avocate réputée, Nancy Hollander vient d’ouvrir son dossier.

Déterminée, puis acharnée, elle est assistée de Teri Duncan ( Shailene Woodley ) qui flanche à plusieurs reprises. Son retrait de la procédure , c’est un lien qui s’effiloche.

Teri avait pris contact avec la famille. En sa compagnie, il apercevait la lumière.

Cette absence de clarté que Kevin MacDonald  filme avec pertinence,  cloisonnement incessant entre les couloirs, les cellules froides, exiguës, et les salles annexes. Là où la CIA, le FBI, et d’autres agents fédéraux se relaient pour l’interroger.

Sur son histoire, son enfance que Mohamedou revoit imperceptiblement dans la lumière crue, les insultes, les coups de poing, les humiliations. Entre deux filets de sang qui l’aveuglent, l’homme n’avoue rien. Le faire parler mais pour dire quoi ?

Même l’accusation doute maintenant de la sincérité de certains témoignages. Couch s’étonne aussi de ne pas avoir accès à l’ensemble de la procédure. A l’origine très remonté contre l’individu ( son meilleur ami est mort le 11 novembre ) le lieutenant ne croit plus en la culpabilité de Mohamedou Ould Slahi.

Il corrobore les arguments de la défense qui après des centaines de dossiers caviardés a pu obtenir le droit de consulter tous les procès-verbaux.

Ce qu’elle découvre est une abomination.

Les agents fédéraux ont laissé place aux renseignements militaires. Ils sont impitoyables. 70 jours de stress total, de gavage à l’eau, de simulation de noyade, d’humiliations sexuelles. Couch  jette l’éponge.

Il est joué par Benedict Cumberbatch toujours aussi irréprochable dans ses interprétations. Quand Jodie Foster trouve là  l’un des plus grands rôles de ses dernières années. Encore plus évident Tahar Rahim dont la puissance évocatrice laisse pantois une palette d’émotions et de sentiments sans fin . Maestria totale !

Dans la lignée des grands films américains « humanistes » , « Désigné coupable » hisse son étendard au plus haut. Par la force de son interprétation et la maestria de sa mise en scène composée habilement sur un montage intuitif. Comme une évidence. Le sujet est aussi de première urgence. On a pourtant tellement écrit, filmé et raconté Guantanamo que le reprendre une dizaine d’années après relève de la gageure. Ce que rejette d’un trait de scénario  Kevin Macdonald relayé par Rory Haines et Sohrab Noshirvani pour dénoncer une fois encore son existence. Une île cubaine contrôlée par les USA à l’écart de…
Le Film

Guantanamo a suscité des œuvres créatives qui paraissaient avoir fait le tour de la question . En compagnie d’une kyrielle d’excellents acteurs dont Tahar Tahim , grand prophète et Jodie Foster grand rôle , Kevin MacDonald soulève le couvercle avec beaucoup de perspicacité dans sa mise en scène qui enfonce l’abîme dans le noir absolu de la cruauté des hommes. Après avoir dissimulé les véritables procès-verbaux, le gouvernement est contraint de les livrer à la défense, mais aussi à l’accusation qui contre toute attente découvre que la vérité n’était pas celle communément admise . Il est vrai qu’à force de stress total, de gavage à l’eau , de simulation de noyade, d’humiliations sexuelles … le héros ne pouvait qu’avouer ce qu’il n’avait jamais commis. Sept ans sans procès, et enfin la reconnaissance de son innocence. Sous la gouvernance Obama, les Etats-Unis font appel : sept ans de plus et enfin la liberté.

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