On m’a dit Ken Loach . On m’a dit Cantona . J’ai répondu rien à voir ! Le chantre du réalisme social à pourtant rencontré la super star franco-anglaise du ballon rond . Je n’y croyais pas . Un flop au festival de Cannes .Un film à voir , absolument .
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Ken Loach le reconnaît volontiers, quand on lui a dit que Cantona voulait le rencontrer, il a cru à une blague . Moi aussi .
Que pouvaient-ils bien faire ensemble ces deux-là ? Loach n’est pas à ma connaissance un hooligan de première et les prestations cinématographiques de Mr Cantona ne m’ont jamais fait sauter au plafond. Et voici malgré tout ce «Looking for Eric» , belle pièce du septième art européen fidèle à l’esprit frondeur du réalisateur britannique.
Malgré son absence au palmarès Cannois il mérite d’être vu et revu , pour ses qualités artistiques et humaines . On en s’ennuie jamais ,et l’histoire de ce fan en mal d’amour est une histoire de tous les jours . » Eric imaginait un film totalement basé sur sa relation avec les fans et je n’étais pas sûr que cela puisse fonctionner » rappelle le réalisateur qui à l’aide de son scénariste Paul Laverty reprend alors le fil des idées du footballeur pour écrire la vie d’Eric Bishop un postier de Manchester dont l’existence part à la dérive .
Ken Loach n’a pas changé d’équipe : la trame sociale qui le caractérise est bien présente et son côté supporter n’a rien du hasard . » J’aime beaucoup le football » dit-il au milieu d’un petit stade où il vient tous les dimanches encourager l’équipe locale , avec la foi du vrai supporter . » Généralement plus ils perdent, plus il faut les soutenir . Les vedettes créent des mythes qui participent à l’imaginaire collectif. La foule s’identifie à eux et Eric Cantona est l’exemple le plus extraordinaire » .
Le cinéaste connait donc bien le terrain . C’est peut-être pourquoi , on le sent si joyeux, pour une fois , derrière sa caméra, quand il mène cette bande de sympathiques copains au cœur d’une séance de méditation ( c’est hilarant ) ou à la tête d’un commando de supporters déchaînés. De la comédie, Ken Loach en extrait le plus savoureux pour mieux regarder une fois encore l’Angleterre au fond des yeux, façon « Raining stones » . Ceux des petites gens qui se battent pour vivre au jour le jour . Le héros Eric Bishop (Steve Evets), postier à Manchester, vit avec ses deux beaux fils qui s’occupent mollement de petits trafics. Il a quitté sa femme il y a trente ans et ne l’aperçoit que furtivement lorsqu’ils échangent la garde du bébé de leur fille . Eric est au bord du gouffre quand son idole Eric Cantona lui vient en aide.
Un excellent documentaire » United we stand » sur le foot anglais ( 28 mn ) confirme cette vision du jeu à travers le dépit ( et le mot est bien faible ) affiché d’un fan de Leeds apprenant que leur joueur fétiche allait rejoindre l’ennemi à Manchester. « Pour lui on faisait tous les déplacements, j’avais un abonnement et quand on reproche aux dirigeants de le laisser partir, ils nous disent que ce ne sont pas nos oignons «
Lorsqu’ il évoque son statut de star de football , le » génie chancelant » assure que » le message n’est pas dans les mots, mais dans les actes. C’est ce qui se passait sur le terrain qui m’importait « . En écho le film nous le montre, aux instants les plus critiques, accompagnant notre héros, dans ses décisions, tel un ange gardien , conseiller , protecteur . Canto n’en fait pas trop, limite ses « apparitions » et connaît le sens de la dérision .
Ca pourrait être tiré par les cheveux, mais le ton de la comédie sociale adoptée par Ken Loach libère tous les acteurs de cette introspection filmée , qui ne tient jamais en place. De l’ambiance des pubs où l’on refait le monde, tout du moins, les équipes de foot , au tragique désordre de l’adolescence, les amours vont et viennent, jusqu’à renaître en un romantique happy end .
Là encore Ken Loach se surpasse , car loin du sirupeux ou du glamour , il dit que c’est seulement la vie qui va . Une philosophie à la Cantona !
Suppléments
- Entretiens avec Ken Loach et Eric Cantona ( 18 mn )
- scènes coupées ( 12 mn )
- documentaire sur le foot anglais ( 28 mn ).















8 octobre 2009 à 8 h 23 min
ces quand même bien gentil
Canto il a une autre peche
et loach j’avais jamais entendu parler