Accueil » A la une » « Sorry, we missed you » de Ken Loach. Critique cinéma

« Sorry, we missed you » de Ken Loach. Critique cinéma

Synopsis: Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés :  jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Abby vend sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte.

La fiche du film

Le film : "Sorry We Missed You"
De : Ken Loach
Avec : Kris Hitchen, Debbie Honeywood
Sortie le : 23/10/2019
Distribution : Le Pacte
Durée : 100 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Ken Loach made in France, est-ce possible ? Qui dans l’hexagone pour rapporter autant de rage, de force et de conviction sur la pourriture d’un système social inique et inhumain ? On le résume en parlant d’ubérisation, mais le cinéaste élève le débat au niveau d’une société totalement gangrenée par le fric, le profit, le rendement.

On retrouve là un peu la famille Williams de « Raining Stones », du même Ken Loach, trente ans plus tard, quand la robotique s’est substituée aux agents comptables.

Dans son établissement de transports, Ricky (Kris Hitchen) jongle avec les horaires à rallonge, les clients mauvais coucheurs, un patron inflexible et même au-delà. Il va sans doute se reconnaître, le salopard, Ken Loach ayant creusé à la source l’origine de ce film dont on ressort totalement bouleversé.

Mais bon dieu qu’est-ce qu’ils-t-ont fait pour vivre une vie de galérien qui n’en finit pas ?

D’un endettement contracté après la faillite de leur banque, à l’enlisement progressif d’une situation devenue inextricable, la famille Turner demeure encore soudée, malgré les écarts adolescents du fils aîné. Seb ( Rhuys Stone prend à témoin le premier bilan d’une vie sans espoir. Il ne veut pas de cette vie-là !

La mère, (Debbie Honeywood ), debout au petit matin ( aide à domicile ) , jamais couchée la première, tente de maintenir l’embarcation à flots.

Mais part à la dérive quand ses hommes s’affrontent devant la petite dernière,Liza Jane (Katie Proctor), déboussolée par cette famille qui part en vrille.

Vagues à l’âme, colères, misères à répétition, il n’y a rien d’humain dans tout ça, sinon ce carrousel désenchanté qui tourne à vide par manque d’humanité.

C’est encore le coup d’œil de Ken Loach au service des Urgences d’un hôpital où Ricky attend des plombes après une agression.

Au milieu de ce marasme qui n’en voit pas la fin, on aimerait simplement un p’tit coin de ciel bleu pour cette famille pas modèle du tout. Mais tellement vraie, multiple et sans frontière. Ken Loach la franchit avec grandeur et intelligence.

Ken Loach made in France, est-ce possible ? Qui dans l’hexagone pour rapporter autant de rage, de force et de conviction sur la pourriture d’un système social inique et inhumain ? On le résume en parlant d’ubérisation, mais le cinéaste élève le débat au niveau d’une société totalement gangrenée par le fric, le profit, le rendement. On retrouve là un peu la famille Williams de « Raining Stones », du même Ken Loach, trente ans plus tard, quand la robotique s’est substituée aux agents comptables. Dans son établissement de transports, Ricky (Kris Hitchen) jongle avec les horaires à rallonge, les clients mauvais coucheurs, un…
Le film

Ken Loach n’a pas attendu trois années avant de revenir devant le parti conservateur britannique pour lui montrer comment depuis «  Moi Daniel Blake » son pays avait évolué. Il est vrai que l’on ne parlait pas encore vraiment d’ubérisation, mais le phénomène accentué quasiment à tous les pans de la vie économique est un rouleau compresseur . Les premières victimes sont les hommes et les femmes que cette fois le cinéaste britannique ciblent au cœur même de leur raison d’être : la famille. De là il développe de manière très sensible, mais sans aucune indulgence pour le système anglais les dégâts sociaux et humains provoqués par la visée libérale du parti conservateur. Vagues à l’âme, colères, misères à répétition, il n’y a rien d’humain dans tout ça, sinon ce carrousel désenchanté qui tourne à vide par manque d’humanité. On aimerait simplement au milieu de ce marasme qui n’en voit pas la fin, rien qu’un petit coin de ciel bleu pour cette famille pas modèle du tout. Mais tellement vraie, multiple et sans frontière. Ken Loach la franchit avec grandeur et intelligence.

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Les Garçons » de Mauro Bolognini. Critique DVD. Coffret

4 films réalisés par un orfèvre du cinéma italien, Mauro Bolognini : la chronique sociale …

Laisser un commentaire