L'homme qui voulait vivre sa vie

Paul Exben a tout pour être heureux : une belle situation professionnelle, une femme et deux enfants magnifiques. Sauf que cette vie n’est pas celle dont il rêvait. Un coup de folie va faire basculer son existence…

"L'homme qui voulait vivre sa vie" de Eric Lartigau
Avec : Romain Duris, Marina Foïs
Sortie le 09/03/2011
Distribué par Fox Pathé Europa
Durée : 110 minutes
Nombre de DVD : 1
Film classé : Tous publics
Le film :★★★★☆
Les bonus : ★★½☆☆

Une fibre littéraire ? Un goût pour l’ailleurs ? Une intuition ? Les trois à la fois, peut-être pour expliquer un petit phénomène qui veut que nos  réalisateurs se risquent à l’adaptation de romans américains, avec une réussite indéniable.
Après voir lu « Ne le dis à personne » et constaté l’excellent travail de Guillaume Canet, Eric Lartigau s’attaque à Douglas Kennedy. L’issue du combat est sans conteste une grande victoire pour le frenchie. Servi il est vrai par une histoire béton qui débute pourtant banalement (les atermoiements d’un couple à la dérive) avant de nous conduire tranquillement, mais sûrement dans le sillage de ce personnage qui ne veut pas ressembler à l’image qui s’affiche chaque matin dans son miroir.


Son autre vie, il l’avait déjà entrevue, autour d’une activité photographique, mais sans succès. Quand ses déboires conjugaux se conjuguent au présent d’un fait divers tragique, notre homme endosse l’identité du défunt et n’a plus qu’à prendre la fuite pour retrouver sa liberté. Pour se retrouver.
Ah le beau sujet que la quête d’identité, ainsi servi sur un plateau de cinéma, par un metteur en scène totalement imprégné par le roman, certes, mais surtout pas son héros.Eric Lartigau ne le quitte pas un instant et le flash sous toutes les coutures, du mari, de l’amant, du déserteur.

http://www.dailymotion.com/video/xel4h8

Qu’il soit photographe n’est pas un hasard. C’est un usurpateur d’identités qui renouvelle son bail artistique en se dédoublant, tout en se cachant. C’est la seconde partie du film, qui balance joliment entre thriller et suspense, loin du tout-Paris délaissé, pour des décors quasi exotiques, quand l’exotisme se perche au fond d’un petit port oublié dans des montagnes perdues.
Romain Duris dans le rôle-titre est une fois encore tout à fait à sa place. Je sais qu’il en agace quelques-uns, mais c’est la rançon du succès. Le garçon sait tout faire et quand il s’acoquine avec un cinéaste de la trempe de Lartigau, ca fait encore plus mal.


Car il sait filmer (c’est la moindre des choses) mais aussi raconter des histoires. C’est une autre paire de manches. Avec cette manière de nous mettre tout de suite en confiance en nous dévoilant des pays de connaissance. Les amis du couple qui ont tout pour être heureux (Marina Foïs , petit rôle, mais grand standing), les habitants de ce village du Montenegro où Romain Duris débarque à la sauvette et ce vieil ivrogne de rédacteur en chef magistralement interprété par Niels Arestrup qui comme le bon vin…
Voila deux heures qui vous filent entre les doigts. Mais ce n’est pas grave, c’est le regard qui compte.
Les suppléments
Une courte entrevue entre le réalisateur et Douglas Kennedy , qui avoue sa reconnaissance pour l’adaptation, et le choix des acteurs. Chez Duris « ce sont les yeux qui sont extraordinaires » dit-il. Quelques petites scènes de tournage pour agrémenter le tout, mais vu le film j’aurais bien aimé en savoir plus…


Rencontre avec Marina Foïs et Romain Duris.
Le réalisateur est interviewé en solo.
Devant les éloges, il demeure modeste « j’avais les mots devant moi, et les images aussi ». Sur sa compagne dans la vie, Marina Foïs, pas de souci sur le plateau « c’est une actrice, il y a un rôle, un travail ». L’intéressée est moins catégorique « je n’ai pas trouvé la bonne manière pour travailler avec lui. Alors qu’habituellement je ne demande rien, là j’avais besoin qu’il me rassure, qu’il me guide et c’est chiant de fonctionner ainsi ».

Romain Duris ? « C’était le personnage, cette capacité à tout attraper » poursuit le cinéaste plus craintif devant le romancier américain, avant le premier coup de manivelle. « Je m’étais approprié le livre et le rencontrer me paralysait un peu ».
Pour Romain Duris et Niels Arestrup, les retrouvailles se sont passées normalement « mais avec beaucoup de respect de ma part » confie Duris « une énorme pudeur. En fait on ne se connaît pas, on reste au niveau du jeu, tellement habité par nos personnages. J’adore jouer avec lui, c’est précieux, y’a un truc qui se passe et qui n’a pas de limite ».

En bref
Le film
★★★★☆
Vraiment un grand bonheur que ce film qui commence tranquillement et puis tout aussi tranquillement vous entraîne sur les pas de cet homme peu ordinaire . D'excellents comédiens, un réalisateur très à l'écoute, pas d'hésitation !...
Les bonus
★★½☆☆
Plus conventionnels , des interviews et un petit coucou de Douglas Kennedy ...

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Une Réponse pour “[Critique DVD] L’homme qui voulait vivre sa vie”

  1. lucie Dit :

    Comme souvent, l’adaptation est décevante et si je ne conteste pas le talent de Duris, j’en ai quand meme assez de le voir pleurer, renifler dans tous ses films!enfin les derniers….

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