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« Bird People » de Pascale Ferran , critique cinéma

Synopsis: En transit dans un hôtel international près de Roissy, un ingénieur en informatique américain, soumis à de très lourdes pressions professionnelles et affectives, décide de changer radicalement le cours de sa vie. Quelques heures plus tard, une jeune femme de chambre de l’hôtel, qui vit dans un entre-deux provisoire, voit son existence basculer à la suite d’un événement surnaturel.

La fiche du film

Le film : "Bird People"
De : Pascale Ferran
Avec : Anaïs Demoustier, Josh Charles
Sortie le : 04/06/2014
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 128 Minutes
Genre : Drame, Fantastique, Romance
Type : Long-métrage
Le film

Cette  histoire vous échappe, vous la laissez filer, par bonheur, par plaisir et pour la curiosité de son dénouement.  Cette histoire étrange,  peut-être fantastique, a pourtant les deux pieds sur terre, quand elle prend son… envol dans le grand Hilton de l’aéroport «  Charles-de-Gaulle ». Pour payer ses études, Audrey y fait le ménage. Elle dit bonjour dans les couloirs, mais personne ne la voit. Ses collègues sont tout aussi transparents, et le no man’s land s’agrandit jusque dans le cœur des voyageurs. Pressés, affairés, indifférents à la soubrette en robe noire et sourire en suspens.

Ils sont  dans le monde de Garry, toujours entre deux vols, des réunions aux quatre coins de la planète. Ce monde que Garry ne  supporte plus. Ca lui vient comme un peu de déprime, l’abandon et tout s’en va. Et lui avec. Audrey et Garry ne vont pas se rencontrer, l’humanité n’est plus faite pour ça, rappelle Pascale Ferran. La vidéo sur internet raconte la planète à sa façon dit-elle encore,  visiblement dépitée par cette petite fenêtre qui s’agite à tout va. Un beau piano à queue joue mécaniquement dans le salon de l’hôtel.

Des avions qu'elle ne prendra pas...
Des avions qu’elle ne prendra pas…

Cette autre solitude que l’homme l’affronte en toute conscience, avant de rompre définitivement les liens avec son épouse restée au pays. Une webcam en guise de face à face, internet toujours, communication codifiée ;  une séquence extraordinaire et paradoxale, filmée au plus près de la peau et des sentiments. Pascale Ferran s’attarde avec superbe sur cette déchirure, comme elle traîne complaisamment au dessus des pistes d’atterrissages.  C’est beau un aéroport la nuit nous dit l’oiseau qui le survole dans tous les sens, oiseau merveilleux et pourtant simple petit moineau qui s’extasie de quelques miettes abandonnées sur le rebord de la fenêtre.

Il n’a plus les deux pieds sur terre le volatile, mais le voici au cœur d’un monde qu’il rend merveilleux et  poétique . Un client de l’hôtel, un  dessinateur, le croque sur du papier . On se laisse  captiver par  le trait du crayon qui jaillit comme par enchantement,  bonheur diffus et léger qui emporte  cette fois  la femme de chambre dans des contrées inattendues. Anaïs Desmoutiers est  une comédienne remarquable et juste, émouvante …

Cette  histoire vous échappe, vous la laissez filer, par bonheur, par plaisir et pour la curiosité de son dénouement.  Cette histoire étrange,  peut-être fantastique, a pourtant les deux pieds sur terre, quand elle prend son... envol dans le grand Hilton de l’aéroport «  Charles-de-Gaulle ». Pour payer ses études, Audrey y fait le ménage. Elle dit bonjour dans les couloirs, mais personne ne la voit. Ses collègues sont tout aussi transparents, et le no man’s land s’agrandit jusque dans le cœur des voyageurs. Pressés, affairés, indifférents à la soubrette en robe noire et sourire en suspens. Ils sont  dans le monde…

Review Overview

Le film

Pour parler du monde , Pascale Ferran adopte des chemins de traverse fabuleux, des déviations périlleuses pour en revenir à l’essentiel d’une poésie quotidienne qui pourtant échappe à notre regard. Elle le dit sans tapage, mais avec l’humour sous-jacent et la tendresse en suspens. C’est un cinéma hors-norme que la réalisatrice nous propose ici en compagnie de deux excellents comédiens Josh Charles et Anaïs Desmoustiers, qui à ma connaissance décroche un premier grand et vrai rôle. Elle a joliment relevé le défi.

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5 Commentaires

  1. je sors du film et j’en suis encore ému. Voilà du cinéma comme on aime avec de vraies trouvailles qu’il ne faut pas dévoiler, beaucoup de poésie, de sensibilité et de tendresse. Après une première partie que j’ai trouvée un peu longue (et notamment la scène de rupture), le film « décolle » vraiment et nous sommes emportés par un tourbillon très agréable. Foncez-y et laissez vous bercer.

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