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« Bianca » de Nanni Moretti. Critique cinéma

Synopsis: Michele Apicella, professeur de mathématiques, est muté au lycée Marilyn Monroe, établissement aux méthodes d’enseignement alternatives. Son passe-temps favori est d’observer la vie des gens, couples d’amis ou simples voisins, et de retranscrire leurs faits et gestes dans ses carnets. Doté d’une éthique ultra-exigeante, croyant à la fidélité absolue, Michele cherche la femme idéale. Lorsqu’il pense l’avoir trouvée avec Bianca, professeur de français ; il panique. Pendant ce temps, dans son entourage on meurt beaucoup et mystérieusement…

La fiche du film

Le film : "Bianca"
De : Nanni Moretti
Avec : Nanni Moretti, Laura Morante
Sortie le : 05/06/2019
Distribution : Carlotta Films
Durée : 98 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le film

Dans le lycée Marilyn-Monroe, la salle des profs est une salle de jeux. Flipper, circuit de voitures de courses, bar achalandé… Michele débarque un brin surpris, mais s’adapte très vite. L’enseignement des mathématiques lui vaut cet esprit clair et raisonné qui se permet d’interroger le monde qui l’entoure. Ca surprend quand même ces questionnements à répétition, plus ou moins indiscrets, et cette façon de regarder franchement ce qui se passe chez le voisin.

Michele Apicella c’est Nanni Moretti,le double constant d’une personnalité très particulière, héros de ses premiers films . Un homme perturbé et obsessionnel qui sous le coup d’une émotion perd tous ses moyens.

La rencontre avec Bianca est ainsi fatale. Laura Morante quand même ! Un coup de foudre, pas vraiment réciproque mais qui intrigue la belle avant qu’elle ne succombe. Michele cherchait l’amour absolu, la fidélité assurée qu’il trouve enfin et qui le panique totalement.

Voyez Moretti dans le personnage. Plus tard Roberto Benigni s’en inspirera, certainement. En attendant, l’acteur-réalisateur déploie la panoplie de la comédie italienne des années quatre-vingt, du burlesque au loufoque au cœur d’un marigot cinématographique qui n’appartient qu’à lui.

Michele arrive sur une plage où les couples s’aiment, se prélassent. Il va en faire autant …

Nanni Moretti ou Michele Apicella, on ne sait plus, tant l’homme se fond dans le personnage et l’acteur dans sa douce folie . Autour de lui les gens meurent beaucoup, de façon suspecte, et le suspect c’est lui .

La police l’interroge beaucoup, sans autre forme de procès. Sinon celui d’une société que le réalisateur chahute joyeusement. Psychanalyse de trottoir, véritable inquisition de l’âme et de ses retors.

Michele vit seul. Peu habitué au bonheur, il dévie constamment une position qu’il juge en toute lucidité.

Le professeur de mathématique tente une expérience commune avec Bianca, mais est-ce vraiment vivre avec la femme qu’il aime ?

«  Je suis imparfait, mais pas incohérent » dit-il, comme s’il était le genre unique d’une humanité à part. Le genre Bertrand Morane auquel il ne fait pas du tout penser mais à qui Moretti rend hommage dans l’ultime scène de l’enquête policière. Alors que le flic  (Roberto Vezzosi) l’interroge dans un sous-sol, Michele contemple par le vasistas les femmes qui passent sur le trottoir.

Dans le film de Truffaut, Bertrand aime les femmes, et particulièrement leurs jambes. Son alter-ego transalpin a un gros faible pour les chaussures. Une obsession, une phobie, à l’image du personnage le plus souvent à côté de … ses pompes . Un comble !

Dans le lycée Marilyn-Monroe, la salle des profs est une salle de jeux. Flipper, circuit de voitures de courses, bar achalandé... Michele débarque un brin surpris, mais s’adapte très vite. L’enseignement des mathématiques lui vaut cet esprit clair et raisonné qui se permet d’interroger le monde qui l’entoure. Ca surprend quand même ces questionnements à répétition, plus ou moins indiscrets, et cette façon de regarder franchement ce qui se passe chez le voisin. Michele Apicella c’est Nanni Moretti,le double constant d’une personnalité très particulière, héros de ses premiers films . Un homme perturbé et obsessionnel qui sous le coup d’une…
Le film

En prenant le pouls d’une société italienne en perpétuelle mutation, Nanni Moretti signe avec son cinquième film (1984) un portrait habilement nuancé de l’homme en proie à ses obsessions. L’ordre et la fidélité ici régis par un esprit cartésien. Professeur de mathématiques, il s’adapte très vite à sa nouvelle école , où l’enseignement alternatif devient un nouveau cheval de bataille. Délaissant tout autre considération quand son pré-carré s’en trouve affecté. Si bien que les interrogatoires répétés de la police après le meurtre de quelques voisins ne le préoccupent pas vraiment. Michele vit sa vie et la manière dont Moretti nous la raconte , devant et derrière la caméra s’inscrit tout à fait dans la comédie italienne des années quatre-vingt : humour sans partage, absurde, mordant, touchant.

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