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« L’intouchable Harvey Weinstein  » de Ursula Macfarlane.Critique dvd

L’histoire : L’ascension et la chute du magnat d’Hollywood Harvey Weinstein. Comment il a acquis et préservé sa toute-puissance au fil des décennies, même quand le scandale menaçait. D’anciens collaborateurs et plusieurs de ses accusatrices décrivent son mode opératoire, ainsi que les conséquences de ses abus sexuels présumés…

  • Documentaire :
  • Bonus :  

L’ironie de l’histoire, c’est l’effet boomerang. L’individu rattrapé par ce qui l’a nourri : le cinéma. Un documentaire bien construit pour démolir le mythe et le rendre à la justice qui bientôt se prononcera.

Dans l’ombre d’autres films où Lana Turner erre dans un drugstore quand Ava Gardner débarque incognito de son Sud profond. Le cinéma a toujours fait rêver les starlettes qui se pressent encore sur les boulevards d’Hollywood en quête d’un premier rôle.

Celui que saisit au passage un producteur véreux, mais si puissant qu’on ne lui résiste pas ou bien on disparaît. On s’est interrogé un temps sur l’absence de Rosanna Arquette qui après «  Recherche Susan… » et «  Le Grand bleu » s’éclipsa un très long moment.

Les femmes disparues des radars sont nombreuses. Paz de la Huerta en a fait partie et de retour sur le devant de la scène, elle porte plainte contre cette homme «  qui nous impressionnait, toutes. Vous imaginez, l’homme le plus puissant de Hollywood vous demande de lire quatre pages d’un scénario. Ca ne se refuse pas (… ) C’était un homme repoussant physiquement, mais j’avais vu toutes ces actrices en photo, je croyais que ça se faisait naturellement ces photos » .

Une centaine de femmes ont parlé à la police, une dizaine se révèlent devant la caméra de Ursula Macfarlane, et témoignent de la manière dont il s’est pris pour les forcer, les violer, ou leur promettre la fin de leur carrière.

Des témoignages ahurissants, d’une sincérité confondante pour ses victimes pétrifiées par l’idée des mains de cet homme qui pouvait les détruire pour un refus.

En compagnie de son frère Bob qui dit-on ignorait tout des activités criminelles de son aîné, bien que travaillant tous les jours à ses côtés.

«  Si j’ai eu ce que je voulais, c’était consenti ». Voilà résumée sa pensée selon Hope d’Amore, peut-être l’une de ses premières victimes, il y a 40 ans, au temps de Buffalo et des concerts produits par le jeune Weinstein .

« Je ne pouvais en parler à personne, on ne m’aurait pas cru, à Buffalo il faisait déjà la loi, payait les flics qui assuraient la sécurité de ses concerts ».

Le début d’une ascension fulgurante, une fois le pied posé sur la marche du septième art. «  Il avait le sens du marketing, de la promotion, et si on avait une idée, il disait vas-y concrétise…(… ) C’était un homme brillant, il a montré autrement le cinéma indépendant, et comment raconter d’autres histoires. ( … ) On déchirait tout à l’époque avec Miramax, et c’était génial, faut le dire ! » raconte un proche qui aujourd’hui évoque «  la culpabilité du survivant . On a vécu de très belles choses, pendant que d’autres souffraient pendant ce temps-là ».

Le monde du cinéma lui est redevable de plusieurs grandes production dont, Quentin Tarantino aux côtés de Harvey Keitel

Comme cette attachée de direction Miramax à Londres, Zelda Perkins qui saura lui dire non avant que Weinstein s’attaque à son assistante. Zelda Perkins a enregistré les conversations téléphoniques au cours desquelles il lui demandait une rencontre «  afin de régler ça gentiment, dans l’intérêt de tout le monde » .

Beaucoup de gens du cinéma ont cru à son univers, il recréait la légende d’Hollywood. Par peur ou complaisance, ils se sont tus, cachés ou évanouis dans la nature que la nature aujourd’hui rattrape. Par la grâce d’un documentaire, d’une révélation, d’un témoignage.

 

Kevin Spacey et Harvey Weinstein à la première de  » Beautiful girls ». Il y a des photos qui se lisent peut-être différemment aujourd’hui.

Un observateur s’étonne :  « le plus terrible dans tout ça, c’est le système qui l’a permis ».

On parle alors de la culture du silence, lomerta des mafieux, là où on rapporte que Weinstein avait forgé ses lettres de combat. «  Adule ta famille, liquide tous les autres ».

Ça se passe à Hollywood comme ailleurs sur d’autres plateaux. Le milieu du cinéma n’est malheureusement pas le seul visé par ce phénomène qui du harcèlement sexuel mène à l’abus de pouvoir généralisé. On dit que la parole a été libérée, mais les esprits crétins demeurent blindés…

  • Autour d’Hollywood et de son mythe

« Fedora  » de Billy Wilder

« My week with Marilyn » de Simon Curtis

« Le Grand couteau » de Robert Aldrich

« The Player » de  Robert Altman

 » Il était une fois Hollywood » de Clara et Julia Kuperberg

« La Politique vue par Hollywood »

« Once upon a time in Hollywood » de Quentin Tarantino

Meilleur dvd Janvier 2020 ( 6ème ) Réalisateurs : Ursula Macfarlane Audio : Anglais Sous-titres : Français Studio : Le Pacte Durée : 94 minutes L'histoire : L'ascension et la chute du magnat d'Hollywood Harvey Weinstein. Comment il a acquis et préservé sa toute-puissance au fil des décennies, même quand le scandale menaçait. D’anciens collaborateurs et plusieurs de ses accusatrices décrivent son mode opératoire, ainsi que les conséquences de ses abus sexuels présumés... Documentaire : Bonus :   L’ironie de l’histoire, c’est l’effet boomerang. L’individu rattrapé par ce qui l’a nourri : le cinéma. Un documentaire bien construit pour démolir le mythe et le rendre à la…
Le documentaire
Le bonus

Harvey Weinstein était sinon un génie, au moins un grand stratège du cinéma mondial. Ceux qui ont travaillé avec lui le reconnaissent sans problème et à son bilan on note des films comme « Cinema Paradiso », « Sexe, mensonges et vidéo », de nombreux  Tarantino, « Le Patient anglais », « La Reine Margot » … Au fil de ses succès, son pouvoir ne cessait d’amplifier. Son égo démesuré a explosé très vite dans des relations privées, intimes, sentimentales, rarement consenties. Si elles l’étaient, c’était bien souvent sous la contrainte, les menaces, et la peur de ce despote qui recourait aux pires méthodes pour installer la crainte. Le consentement en fait n’existait pas. Ce qu’il nie est contredit par des centaines de plaintes à la police et témoignages dont certains figurent dans ce documentaire qui sans bouleverser le genre ni les révélations de l’affaire Weinstein, l’éclaire suffisamment bien pour en saisir toutes les nuances et les implications. Macfarlane ajoute à son média des enregistrements ad-hoc : à sa deuxième rencontre avec l’individu, une jeune comédienne porte un micro de police. L’échange entre les deux ne souffre d’aucune ambiguïté. Et puis cette fameuse altercation avec une jeune journaliste, puis son tuteur lors d’une soirée mondaine. Des paroles mais aussi des images…

AVIS BONUS Une rencontre très éclairante avec la réalisatrice

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