- 1 heure et 29 minutes

- Dvd: 5 mai 2026
- Acteurs : Diane Kruger, Hark Bohm, Jasper Billerbeck, Laura Tonke, Matthias Schweighöfer
- Sous-titres : Français
- Langue : Allemand
- Studio : Blaq Out
L’histoire : Printemps 1945, sur l’île d’Amrum, au large de l’Allemagne. Dans les derniers jours de la guerre, Nanning, 12 ans, travaille à la ferme voisine pour aider sa mère à nourrir la famille. Lorsque la paix arrive , de nouveaux conflits surgissent, et Nanning doit apprendre à tracer son propre chemin …
D’après l’enfance de Hark Bohm, réalisateur et acteur allemand, disparu en 2025…
La Seconde Guerre mondiale suscite toujours des œuvres de nos jours, autour des mêmes effets, que les auteurs se réapproprient selon leurs orientations. L’histoire du jeune Nanning 12 ans assistant à distance à la défaite de l’Allemagne est propice à une tout autre démarche cinématographique.
Le gamin vit avec sa mère ( Laura Tonke) et sa tante (Lisa Hagemeister) sur une île, où le conflit se vit à travers les informations officielles de la radio allemande, et les commentaires feutrés des opposants à Hitler.
La tante en fait partie, Tessa Bendixen ( Diane Kruger) sa voisine aussi. Nanning travaille à sa ferme pour venir en aide à sa mère, enceinte, et toute dévouée au führer. Son mari , sur le front est un dignitaire nazi. Nanning appartient aux Jeunesses Hitlériennes…
C’est dans ce contexte, médusé qu’il assiste au déclin de la Grande Allemagne de ses parents . Il entend , mais ne voit rien et tente de contrer les rumeurs par de vaines actions qu’il imagine patriotiques. Quand il n’est question que de survie.
Débusquer les lapins (photo), piéger les phoques, dénicher les œufs, dans cet environnement insulaire que Fatih Akin filme comme un paradis de plus en plus perdu.
Les émigrés arrivent de Silésie et de Russie, le pain blanc, le beurre, se font rares, mais sa mère ne veut rien d’autre dans son dépérissement physique et idéologique. Alors Nanning parcourt l’île dans tous les sens, frappent aux portes des familiers, aujourd’hui récalcitrants .
Les enfants le renvoient comme un étranger et seul Hermann son ami (Kian Köppke) lui tend encore la main.
Maigre consolation pour cet enfant balloté par les circonstances d’une débâcle dont il ignore encore l’existence. Mais son chemin se rétrécit et l’idéal porté sur le drapeau nazi qui flotte devant la maison n’ a plus d’allure.
C’est la nature qui reprend ses droits nous dit subliminalement le réalisateur . Au milieu des indices de la défaite, il la sacralise et rend à Nanning son droit à l’innocence. Jasper Billerbeck la porte avec sincérité, dignement. Ce que son personnage n’a jamais cessé d’être dans la tourmente des adultes. L’Histoire écrite à hauteur de l’enfance .

LE SUPPLEMENT
- Rencontre avec le réalisateur- « Ce film parle de l’expulsion du paradis . J’en avais l’idée mais je ne devais pas le réaliser c’était l’histoire de mon professeur à l’école de cinéma Hark Bohm, un réalisateur allemand »
« Je l’ai convaincu d’écrire le scénario, et de le réaliser, j’en serais le producteur. Mais il est tombé malade » . Le réalisateur turc, résidant désormais en Allemagne, ne cache pas alors son embarras à l’idée d’évoquer à son tour la seconde guerre mondiale .

« Les films sur la seconde guerre mondiale sont un genre en soi . Puis je apporter du nouveau à ce genre ? (…) Le fait qu’il y ait au sein de la même famille, deux sœurs, l’une nazie, l’autre démocrate ma intéressé. Et que l’enfant innocent, devienne à ses propres yeux , complice des crimes nazis est aussi intéressant à traiter ».
« Perdre ainsi son innocence, c’est passer à l’âge adulte »
« Terrence Malick, adopter son approche, j’y ai pensé, mais utiliser la steadicam et avoir des mouvements sphériques, ce n’était pas approprié. (…) Je me suis plus tourné vers le néoréalisme « Le voleur de bicyclette » de Vittorio de Sica, qui est une forme de cinéma issu de la guerre, je voulais ce genre là mais avec une apparence moderne »
Hark Bohm, est un réalisateur allemand, un acteur également, aujourd’hui disparu Après en avoir écrit le scénario, il s’apprêtait à tourner l’histoire de son enfance, à la fin de la seconde guerre mondiale, sur l’île d’Amrum. Malade il confie la caméra à l’un de ses anciens élèves, Fatih Akin.
Sur la Seconde guerre mondiale, comment se renouveler ? s'interroge-t-il ...
L’histoire du jeune Hark, Nanning pour la fiction, est propice à sa réflexion .Il va vivre la fin du conflit loin de cette défaite humiliante aux yeux de sa mère, fervente hitlérienne auprès de son mari , dignitaire nazi. La tante qui vit avec eux est le contraire de sa sœur, une démocrate qui ne se cache pas.
Un conflit dans le conflit dans lequel le garçon peine à retrouver ses marques, fidèle à la conduite familiale, mais de plus en plus tarabusté par son entourage et l’approche de la fin des hostilités.
. Sa mère ne s'y résigne pas.
Avant d'atteindre la déchéance, l’humiliation devant son garçon . Un personnage porté par la sincérité de son comédien Jasper Billerbeck.
AVIS BONUS
Une rencontre avec le réalisateur qui vous rappelle au passage la naissance du romantisme et celle du néoréalisme. Pas de souci c'est bien en relation avec le film
