- 6 mai 2026 en salle
- 1h 26min | Drame
- |Par Catherine Cosme
- Avec Vimala Pons, Yoann Zimmer, Guilaine Londez
L’histoire : Lucile est une photographe reconnue et indépendante. Lorsque sa mère tombe malade, elle accourt dans la maison de son enfance et y retrouve son frère Paul. Là, ils découvrent que leur mère, autrefois pétillante et entrepreneuse, leur cache des choses… Lucile et Paul comprennent alors qu’ils n’ont plus que quelques jours pour sauver bien plus que les meubles…
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
La fin de vie liée au surendettement n’engage pas forcément l’adhésion immédiate du spectateur sur un récit porté par une thématique principale: la relation mère-fille. Sujet éminemment traité par le cinéma, accentué par la disparition prochaine de la maman.
Le spectateur donc, peut freiner ses ardeurs.
Et pourtant la constance narrative de Catherine Cosme, de l’écriture à la mise en scène, impose l’attention très rapidement, une fois les prémices esquissées. Un frère Paul, une sœur Lucile ( photographe réputée ) découvrent que leurs vieux parents ont quelque peu modifié le cours de leur existence, sur des aspects particulièrement inquiétants.
La maman – Guilaine Londez, remarquable- est malade .Lucile n’en savait rien. . Sa boutique de vêtements n’ouvre plus. Et le papa ( Jean-Luc Piraux, tout aussi exceptionnel ) ferme les yeux sur les dérives financières de la situation.
Bien que surpris par un tel environnement, Paul (Yoann Zimmer impeccable, lui ausssi, dans son rôle) le frangin, minimise les faits, devant sa sœur , plus qu’accablée. Directement impliquée dans la mauvaise gestions des affaires familiales, Lucile ne sait plus comment faire face.
Ce canevas offre de multiples combinaisons à la réalisatrice qui les met en scènes, sobrement, efficacement. Pour aussi montrer du doigt, avec humour, les dames qui se remboursent sur le dos de la bête, des dettes contractées soi-disant par la maman.

Il n’est même pas question de lui en parler. Prostrée sur son lit de douleur, elle rumine des histoires à l’encontre de sa fille. Lucile qui se demande comment se dépêtrer de son affaire, sans la mettre en cause . Pour d’autres histoires malencontreuses qu’un huissier aura bien du mal à faire entendre à la famille.
La séquence est prévisible, mais là encore si bien menée et parfaitement interprétée, autour de Vimala Pons, dans un premier rôle qui confirme film après film l’étendue de sa palette créatrice. A l’exemple de ce final aussi burlesque qu’inattendu mais salvateur pour les âmes bien nées. Vimala Pons (*) , je vous dis.
- (*) On la retrouve aussi dans des rôles plus secondaires : « Adieu Berthe ou l’enterrement de Mémé »de Bruno Podalydès – « Fidelio, l’odyssée d’Alice » de Lucie Borleteau – « Elle » de Paul Verhoeven
- Après Lionel Jospin dans « Le nom des gens » de Michel Leclerc , Benoît Hamon joue également les figurants, dans ce film. Il participe à une séance photos, sous l’œil de Lucile …
Le film
La méthode des crédits via le surendettement , la fin de vie , Catherine Cosme, technicienne au cinéma, scénariste , réalise sont premier film sur des thématiques peu engageantes à priori. Elle y ajoute la relation mère-fille, quand celle-ci découvre que la maman est très malade, et qu’elle lui a caché pas mal de choses. Autant de perspectives cinématographiques que la scénariste-réalisatrice assume avec une maestria tranquille, tant sa mise en scène et sa direction d’acteurs , affichent la sérénité, la confiance. On adhère très vite à cet embrouillamini familial , via une usurpation d’identité et … d’excellents comédiens, comédiennes dont Vimala Pons, qui confirme film après film l’étendue de sa palette créatrice. Yoann Zimmer ( le frère, pas vraiment préoccupé ), Guilaine Londez ( la mère, remarquable ) , Jean-Luc Pireau ( le père, fuyant, mais excellent ) complètent une distribution sans écueil.
