- 1 heure et 31 minutes

- Dvd : 5 mai 2026
- Acteurs : Michel Munier, Simon Munier, Vincent Munier
- Langue : Français
- Studio : Blaq Out
L’histoire : Au cœur des forêts des Vosges, Vincent Munier a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste. Il a passé sa vie à l’affût dans les bois. Ils vont transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage. Nous découvrirons avec eux cerfs, oiseaux rares, renards et lynx… et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
La nature est belle, simplement belle, mais Vincent Munier en rajoute une couche. De la lumière matinale ( ce n’est pas encore l’aube) au cadre d’une clairière timidement ensoleillée, le cinéaste enjolive le spectacle à venir, celui qu’il nous réserve, incertain de la bonne humeur complice du peuple forestier.
Le chant d’une bécasse, du troglodyte mignon, un animal qui s’enfuit, mais que l’on ne voit pas , des glapissements … Le grand-père est à l’affût, le petit fils écoute et le soir les Munier font le point d’une journée chaque fois riche de l’émerveillement des rencontres, des découvertes, des surprises.
« Quand j’ai vu pour la première fois le Grand Tétras » raconte Michel « ce fut comme un rêve, l’oiseau fantôme devenu une obsession ».
Il sera le guide de cette balade familiale au cœur du paradis sur terre, quand la nuit se fait complice pour accueillir la chouette à son réveil, poésie enneigée au creux de son arbre. L’animal jette un œil, hulule, pleine face, et nous aperçoit …
C’est l’heure où la forêt s’arrache à la brume et soigne sa mise en scène. Jusqu’à l’abstraction. Le givre se mêle à la féerie de cette renaissance perpétuelle où nos racines puisent dans les origines de la vie, sur cette terre de bois et de rivières.
Ce que montre le grand père au petit fils, ce qu’il lui raconte aussi en murmures et commentaires feutrés, quand le silence est maître, garant du chant de la gélinotte des bois. A distance, ces « guetteurs de lune » ne se parlent pas. Un sifflet de ralliement leur suffit.
Documentaire animalier « Le chant des forêts » témoigne ainsi de l’entente parfaite entre les éléments et la nature humaine, quand celle-ci s’accorde avec elle-même. Une transmission reçue semble-t-il par Simon, réveillé parfois de très bonne heure pour assister au bal de la vie .
La biche suivie par son faon au cœur de la nuit, à la lumière de la lune. Le pic qui tape sur l’arbre, arrache l’écorce, la pulvérise en sciure de pluie mirifique.
Un enchantement permanent, où la bergeronnette des ruisseaux, très discrète, donne le tournis à l’oreillette. Silence on enregistre, pour un cri, pour le moindre son, pour la plus belle des chansons.
LES SUPPLEMENTS
- Rencontre avec le réalisateur ( 25 mn ) – « Une envie de mettre en avant tous les messages de mon père pendant ses cinquante années passées dans la forêt. »
La transmission à Simon ? Au début, il n’y croit pas, «j’allais tomber dans quelque chose de très gentille, un peu mièvre , j’avais peur de ça ». Et l’intimité , un écueil possible , « c’est pas le style de la famille.( …) Et quand j’étais gamin j’avais peur d’en parler à mes potes, de peur d’être moqué , et Simon pareil il hésitait à en parler à ses camarades »
La nature , les petits oiseaux ça fait ringard … Une avant-première dans son collège l’a rassuré, « ça lui a redonné confiance en lui ».
Sur le terrain, ressentir les choses, être dans l’instinct
Le montage, comment le faire passer? « C’e film, c’est une évocation très personnelle, il y avait plein d’idées, et j’ai pensé un moment faire appel à un scénariste. (…) J’ai pris parfois plus plaisir à enregistrer des sons qu’à faire des images ».
- Scènes inédites ( 15 mn ) . La parade des Tétras mâles, le matin, à la fin de l’hiver qui attendent les femelles. Je suis surpris que cette séquence n’ait pas été retenue au final.
Vincent le père , Simon le fils. Entre les deux, le grand-père Munier gardien du temple de la nature qu’il a longtemps visité, observé , répertorié .Avant de transmettre son savoir à son fils (le réalisateur) et à son petit-fils, aujourd’hui au cœur de ce documentaire animalier très particulier.
On y entend des oiseaux, on les voit parfois, complices d’une longue attente dans les affûts et les replis de la forêt . Il y a aussi des animaux, marchant dans des étangs lunaires, des bêtes se crêpant le chignon…
Rien que de l’ordinaire pour un tel filmage sur la nature, si l’homme ne mêlait à son observation le sens de sa démarche. Une renaissance perpétuelle où nos racines puisent les origines de la vie sur cette terre de bois et de rivières. L’heure où la forêt s’arrache à la brume et soigne sa mise en scène. Jusqu’à l’abstraction.
Des images joliment cadrés, à l’excès même parfois dans leur composition millimétrée. La brume est complice de ces belles images, de ses belles rencontres, au petit matin à peine réveillé …
AVIS BONUS
Le commentaire de l'auteur et dans les scènes inédites, une petite pépite ...


