Accueil » A la une » « L’entente, la face cachée d’Alexandrie  » de Mohamed Rashad. Critique cinéma

« L’entente, la face cachée d’Alexandrie  » de Mohamed Rashad. Critique cinéma

  • 6 mai 2026 en salle
  •  1h 34min |
  •  Par Mohamed Rashad
  • Avec Hajar OmarEmad GhoniemMohamed Abdel Hady
  • Titre original Al mosta’mera

L’histoire : Deux frères, Hossam, 23 ans, fauteur de troubles, et Maro, 12 ans, vivent dans une communauté marginalisée d’Alexandrie. Après la mort de leur père dans un accident de travail, ils sont embauchés dans l’usine en guise de « compensation » et afin d’éviter une action en justice. Alors qu’ils s’adaptent à leur nouvel emploi, ils se demandent si la mort de leur père était vraiment accidentelle.

Inspiré d’événements réels

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article

  • Le film :  

Ce film sort le même jour que « Cosmos » de Germinal Roaux,, un long métrage complètement aux antipodes , mais singulièrement marqué par le même esprit créateur. La même volonté, sinon de réinventer le cinéma, du moins de se le réapproprier.

Ici , bien que l’histoire soit terrible, c’est avant tout un décor, une usine de production d’acier, en pleine activité ,totalement insalubre et à la sécurité douteuse. Aucune protection des ouvriers, des fils électriques à même le sol, où l’on entasse pêle-mêle,  les débris et grosses pièces inutiles.

Hossam, 23 ans, (Adham Shoukry Ziad Islam)  et son petit frère Maro 12 ans  y travaillent depuis la mort accidentelle de leur père. Pour éviter une éventuelle plainte de la famille, on embauche les enfants…

De l’environnement social au climat délétère de cet arrangement,  Mohamed Rashad établit en quelques plans sa marge de manœuvre scénaristique. Dénoncer l’exploitation humaine et la corruption de l’industrie égyptienne.

Hossam comprend qu’il lui sera difficile d’échapper au système, lui le petit voyou, montré du doigt, et suspecté de tous les maux. Quand il tente un chemin plus conforme, on le relance au cœur même de son atelier . Là où la suspicion sur la mort de son père crée un profond malaise.

A l’usine, le casier du père les attend …

Sa mère malade craint ses mauvaises fréquentations, son petit frère l’adule … Une relation bancale que le réalisateur observe avec beaucoup de défiance, tant la fratrie lui parait fragile.  Maro reproche à son aîné de ne rien faire pour venger leur père, envisageant de s’y substituer.

12 ans et déjà de la graine de talion, favorable à ce quartier défavorisé d’Alexandrie, où il voit grandir la violence.

C’est un premier film, plus que prometteur, dans la veine italienne des Scola , De Sica des années soixante-dix. Une attention de tous les instants aux soubresauts du récit. Des acteurs à cran. Mohamed Rashad explore le septième art, lucide et pertinent. Laissons le  filmer encore , et encore .

6 mai 2026 en salle  1h 34min |  Par Mohamed Rashad Avec Hajar Omar, Emad Ghoniem, Mohamed Abdel Hady Titre original Al mosta'mera L'histoire : Deux frères, Hossam, 23 ans, fauteur de troubles, et Maro, 12 ans, vivent dans une communauté marginalisée d'Alexandrie. Après la mort de leur père dans un accident de travail, ils sont embauchés dans l’usine en guise de « compensation » et afin d’éviter une action en justice. Alors qu'ils s'adaptent à leur nouvel emploi, ils se demandent si la mort de leur père était vraiment accidentelle. Inspiré d’événements réels Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article Le…
Le Film

C’est un premier film, plus que prometteur un peu dans la veine italienne des Scola (« Affreux, sales et méchants ») , De Sica (« Miracle à Milan »  ), des années soixante-dix. Mais avec cette originalité de repenser le cinéma , de se le réapproprier, pour en extraire des propositions nouvelles. Une attention de tous les instants aux soubresauts du récit. Des acteurs à cran. Le réalisateur explore le septième art, lucide et pertinent, pour reprendre une antienne militante sur l’exploitation humaine et la corruption. Ici celle de l’industrie égyptienne , qui de  l’environnement social au climat délétère d’un arrangement, se révèle sous un jour cafardeux . Deux frères acceptent de prendre la place de leur père mort accidentellement dans une usine productrice d’acier. On évite ainsi la plainte de la famille … Une histoire terrible , plantée dans un décor tout aussi édifiant. En le filmant, à la façon d’un documentaire Mohamed Rashad creuse sa veine scénaristique, là où  le cinéma demeure en alerte .

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Vivaldi et moi » de Damiano Michieletto. Critique cinéma

Face à la suprématie masculine, le triomphe de l’honneur et du courage d’une femme . Et l'amour de Vivaldi .

Laisser un commentaire