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Agnès Varda et Michel Piccoli font leur cinéma. Interview.

Synopsis: Pour fêter le centenaire du septième art en France, Agnès Varda a réalisé en 1995 « Les cent et une nuits de Simon Cinéma ». Rencontre à cette occasion avec la réalisatrice et Michel Piccoli, à la tête de l’association « Premier siècle du cinéma »…

La fiche du film

Le film : "Les cent et une nuits de Simon Cinéma"
De : Agnès Varda
Avec : Michel Piccoli, Julie Gayet
Sortie le : 25/01/1995
Distribution :
Durée : 101 Minutes
Genre : Comédie, Romance
Type : Long-métrage

1995-Le cinéma a cent ans. Piccoli, trente de moins. Si le premier accuse des signes de fatigue, le second file une vieillesse heureuse. L’œil toujours gaillard quand passe une dame.

Son personnage des « Cent et une nuits » ne le contredit d’ailleurs pas. « Il faut du nichon, parbleu » s’écrit Simon Cinéma, dans un retour d’âge salutaire. Le vieux, un fêlé sympathique amuse Piccoli. « Il est menteur, utopique et mythomane c’est le cinéma à lui tout seul. »

A cette évocation, le visage du comédien s’illumine. La défroque lui convient, c’est évident, même s’il lui faut aussi endosser celle de la présidence de l’association du Premier Siècle du Cinéma.

« Pour ça je fais beaucoup d’efforts. Mais quand le ministre de la culture m’a proposé cette charge, intelligemment ou bêtement j’ai dit oui. »

Pas question cependant d’en faire des tonnes, le bail n’est pas renouvelable et le clown reprend toujours le dessus. « C’est un travail de haut civisme » dit-il le plus sérieusement du monde  » mais je reste un amuseur ».

Piccoli est sérieux, mais les sérieux le chagrine. « Je les entends déjà crier à la trahison, tous ces intellectuels cinéphiles qui bouderont le film. Parce que trop ludique, ou trop irrespectueux, ou que Varda ne nous avait pas habitué à ça. »

Simon Cinéma entouré de Julie Gayet et Emmanuel Salinger

La réalisatrice confirme : « Pourquoi devrais-je ressembler à ce que l’on attend de moi ? J’ai effectivement signé un divertissement, quelque chose de très léger qui veut témoigner de mon propre amour du cinéma. Ne cherchez pas de symboles dans le choix des références cinématographiques, j’ai choisi au hasard de ma fantaisie. Je referais le film aujourd’hui il y aurait certainement des extraits différents. »

Signoret, Montand, Schneider, Gabin les absents se ramassent à la pelle « Le film est déjà bien long » remarque Varda, pas mécontente cependant d’avoir pu caser Alain Delon dans un auto-portrait dévastateur. Arrivée en hélico, mauvaise humeur et drague-minette, le mythe du comédien dans toute sa splendeur. « Il est intelligent et il a de l’humour, et c’est avec beaucoup de plaisir qu’il a accepté la parodie. Il a simplement un peu tiqué sur l’hélico… ».

Des anecdotes du genre, elle en possède de quoi rajouter quelques nuits à son scénario. Depardieu improvisant sur sa peur face à la guillotine dans « Danton » (« il a vraiment eu la trouille et il tenait à le dire »), ou l’arrivée des frenchies dans la cité Hollywoodienne. Pour des raisons syndicales l’équipe n’a pu enregistrer les voix d’Harrison Ford et Martin Sheen. Face à Simon Cinéma dans son improbable fauteuil roulant, ils chuchotent, ironiques. On ne connaîtra jamais la teneur des propos, mais leur rire parle pour eux.

« Bien sûr ils se moquent de nous » se fâche la réalisatrice. « A leurs yeux nous ne représentons pas grand-chose. »

Fan du cinéma yankee, Piccoli s’emporte à son tour. « Quand Clinton se balade à l’étranger, il est toujours accompagné par des professionnels d’Hollywood. On n’a pas compris ça et c’est l’un des grands dangers pour le cinéma européen. ».

L’autre grand danger, « ce salaud de Depardieu qui m’a dépassé dans le star-système. Au début on disait qu’il m’imitait et ça me faisait plaisir. Maintenant on raconte que je lui ressemble beaucoup. Quel salaud ! » tempête-t-il dans un éclat de rire.

 

  • Dans la série  « Mes papiers datés » :

« Mocky selon Mocky » 1998

« Dominique Pinon – Quoi ma gueule ! » 1995

Albert Dupontel -1999 –

« La Passion selon Greggory ou … l’exclusion » 1997-

« Emir Kusturica ne rêve plus de l’Amérique » 1993

« Carte Blanche à Charles Berling » 1998

 

1995-Le cinéma a cent ans. Piccoli, trente de moins. Si le premier accuse des signes de fatigue, le second file une vieillesse heureuse. L’œil toujours gaillard quand passe une dame. Son personnage des « Cent et une nuits » ne le contredit d’ailleurs pas. « Il faut du nichon, parbleu » s’écrit Simon Cinéma, dans un retour d’âge salutaire. Le vieux, un fêlé sympathique amuse Piccoli. « Il est menteur, utopique et mythomane c’est le cinéma à lui tout seul. » A cette évocation, le visage du comédien s’illumine. La défroque lui convient, c’est évident, même s’il lui faut aussi endosser celle de la présidence de…

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