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Carte blanche à Charles Berling. Interview.

 1998- Rencontre au cours d’une carte blanche consacrée au cinéma, avec deux inédits. Son court-métrage « La cloche » (un SDF quémande une place de cinéma) et « L’ennui » de Cédric Kahn.

 « Dans mon esprit, il ne s’agit pas d’une avant-première, ni d’une démarche promotionnelle. Mais la façon qu’a Cédric de voir le cinéma me concerne beaucoup. Il y a là une approche de la réalité (…) qui tend à m’apprendre des choses sur la vie de tous les jours. Je pense que l’on accepte un rôle pour des raisons qui vous sont toujours nécessaires ».

 

Adapté de l’œuvre de Moravia, « L’ennui » illustre les rapports complexes entre un intello ( Charles Berling) et une jeune fille ordinaire ( Nathalie Besançon ). Dominé, dominant, l’histoire se joue des paradoxes avec un naturel tragi-comique. « La dualité du personnage est celle que tout acteur doit ressentir quand il joue. A la fois étranger et proche de son rôle. »

Cette définition, Charles Berling l’applique à son maître Michel Aumont, l’interprète de « La cloche ». « Ce qui m’étonne toujours chez lui c’est qu’il arrive à prendre de la distance avec ses personnages, tout en tombant chaque fois pile sur ce que doit être le personnage. »

Le comédien dans la peau du metteur en scène ? « Il n’y a rien de plus délicat » assure-t-il « c’est très long à apprendre. On le fait d’ailleurs chaque fois d’une façon instinctive, empirique, car chaque comédien est différent. » Son expérience lui enseigne la modestie. A regarder les autres, il se sent tout petit.

Sous la direction de Gérard Depardieu  il tourne  » Un pont entre deux rives ». « C’est un directeur d’acteur formidable. Il sait faire passer ce qu’il sait faire, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Il est doué pour transmettre, il marche lui aussi à l’instinct… »

« Je suis atterré quand je vois un acteur qui demande ce qu’il doit faire, comment il doit bouger , et dans quelle direction. Un dialogue est nécessaire entre l’acteur et le metteur en scène. Mais personne n’est au service de personne, il n’y a pas de rapport de subordination ».

On l’imagine accro au théâtre ; il ne parle que de cinéma. « J’ai joué pendant 15 ans sur la scène, et cinq ans seulement au cinéma. J’ai une boulimie, et faire les deux en même temps me paraît impossible. Au théâtre on se défend au présent, quand c’est réglé, c’est réglé. Au cinéma le rapport à sa propre intimité est plus violent. Là, votre rôle est volé, il continue à vivre malgré vous, on se l’approprie. C’est quelque chose de trouble, de très vicieux. Et je comprends alors la folie de certaines stars. »

Lucide, Charles Berling se protège comme il peut. Il s’offre quelques escapades et tourne dans des films aux titres suspects. « Ridicule », « L’ennui », « Nettoyage à sec » … Un drôle de paroissien !

  • Dans la série  » Mes papiers datés » :

Mocky selon Mocky  1998

Agnès Varda et Michel Piccoli font leur cinéma  1995

Dominique Pinon -Quoi ma gueule !  1995

Albert Dupontel -1999

La passion selon Greggory… ou l’exclusion 1997

Emir Kusturica ne rêve plus de l’Amérique . 1993

Le Nouveau monde de Ronald Baker 1995

 1998- Rencontre au cours d’une carte blanche consacrée au cinéma, avec deux inédits. Son court-métrage « La cloche » (un SDF quémande une place de cinéma) et « L’ennui » de Cédric Kahn.  « Dans mon esprit, il ne s’agit pas d’une avant-première, ni d’une démarche promotionnelle. Mais la façon qu’a Cédric de voir le cinéma me concerne beaucoup. Il y a là une approche de la réalité (…) qui tend à m’apprendre des choses sur la vie de tous les jours. Je pense que l’on accepte un rôle pour des raisons qui vous sont toujours nécessaires ». https://www.youtube.com/watch?v=8NpSbBcSO5Y   Adapté de…

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