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« Une pluie sans fin » de Dong Yue. Critique cinéma

Synopsis: À quelques mois de la rétrocession de Hong-Kong, la Chine vit de profonds bouleversements. Yu Guowei, le chef de la sécurité d’une vieille usine située dans le sud du pays, enquête sur une série de meurtres commis sur des jeunes femmes. Alors que la police piétine, cette enquête va très vite devenir pour Yu une véritable obsession, peut-être même sa raison de vivre.

La fiche du film

Le film : "Une Pluie sans fin"
De : Dong Yue
Avec : Duan Yihong, Jiang Yiyan
Sortie le : 25/07/2018
Durée : 119 Minutes
Genre : Thriller
Type : Long-métrage
le film

Je n’ai pas misé un yen sur ce film arrivé en tête du palmarès du festival de Beaune cette année. Peut-être trop imprégné par cette grisaille ambiante collée à la boue des chemins défoncés en bordure d’une usine enfumée, tout aussi sale et grise.

Le décor ainsi posé ( il rappelle celui de « Memories of Murder » de Bong Joon-ho) , Don Yue fixe les limites de son regard sans concession pour ses proches et son environnement.

L’image qu’il donne de son pays se reflète illico dans le comportement de ses héros , représentants d’un ordre mal établi. Ou déjà souillé par des rapports ambigus entre ce capitaine de police et ce responsable de la sécurité de l’usine, où des meurtres sont commis sur des jeunes femmes, à proximité.

L’agent de sécurité de l’usine est amoureux, mais il ne le sait pas…

On identifie les coupables sans réellement vérifier la portée de leurs actes. Pas de mobile, jamais de témoin, et cette pluie qui n’en finit pas. Elle efface les empreintes éventuelles et renvoie toute arrestation possible à une prochaine séquence.

Ce film n’en finit pas. Pour le coup de la bicyclette ( excellent ! ) pour faire parler un suspect, il nous faut accepter ce bal d’une tristesse infinie  dans une salle des sports incertaine, à la lumière blafarde, détrempée  elle aussi  par la pluie qui s’immisce et suscite tout autant l’ennui.

Un point de vue du réalisateur souligné avec pertinence par la mise en scène qui demeure peut-être pour un premier film, l’exception d’une possible adhésion.

Mais le portrait de Yu Guowei, le chef de la sécurité de l’usine me parait quand même beaucoup plus  intéressant dans la manière de conduire les rapports aussi particuliers de l’intérieur de l’aciérie à l’extérieur où l’homme fait également sa police. Ce qui explique l’attitude très ambiguë de l’inspecteur principal.

Dong Yue touche là ce qui me semble être l’essence même de son scénario trop hésitant par ailleurs pour confier à ce duo improbable toute la force qui en émane. Loin des corps à corps boueux, qui jamais ne se lavent d’une pluie torrentielle permanente.

Ce film est bien pluvieux, ténébreux, poisseux, ennuyeux…

 Festival de Beaune 2018 : Grand Prix.- Je n’ai pas misé un yen sur ce film arrivé en tête du palmarès du festival de Beaune cette année. Peut-être trop imprégné par cette grisaille ambiante collée à la boue des chemins défoncés en bordure d’une usine enfumée, tout aussi sale et grise. Le décor ainsi posé ( il rappelle celui de "Memories of Murder" de Bong Joon-ho) , Don Yue fixe les limites de son regard sans concession pour ses proches et son environnement. L’image qu’il donne de son pays se reflète illico dans le comportement de ses héros , représentants d’un…
le film

L’époque est parait-il celle de 1997, à quelques mois de la rétrocession de Hongkong à La Chine … . Ce qui m’apparait peu clair ( ça ne se voit pas , ni ne s’entend ) et surtout n’interfère jamais sur le décor sinistre et poisseux d’une usine perdue dans un terrain vague où un tueur agit sous la pluie. Celle-ci est incessante, ce qui permet au réalisateur de poser un regard peu amène sur son pays, où telle une parabole, un agent de sécurité de l’usine tente de résoudre l’énigme des meurtres de femmes. Je crois que sans ce personnage, sa personnalité et ses rapports ambigus avec le chef de la police, le film passerait à la trappe. Dong Yue a beau signer une première mise en scène pertinente , mais la situer dans un tel décor de pluie et de boue mêlées, sur un scénario très hésitant, voire indistinct, ne résiste pas aux arguments présentés à l'origine.

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