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« Sing street » de John Carney. Critique cinéma

Synopsis: Dublin, années 80. La pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les lecteurs K7. Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce, doit rejoindre les bancs d’une école catholique dont les règles d’éducation diffèrent de celles de son précédent établissement. Afin d’échapper à cet univers violent, il veut impressionner la plus jolie fille du quartier, la mystérieuse Raphina. Il monte un groupe, univers dans lequel il ne connait rien ni personne, à part les vinyles de sa chambre d’adolescent. Afin de la conquérir,  il lui propose de jouer dans son futur clip.

La fiche du film

Le film : "Sing Street"
De : John Carney
Avec : Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton
Sortie le : 26/10/2016
Distribution : Mars Films
Durée : 106 Minutes
Genre : Comédie dramatique, Musical
Type : Long-métrage
Le film

« Les parents, ils ont une drôle de façon d’aimer ».

Repartir bredouille du festival de Deauville,et tout gagner quelques jours plus tard à Dinard en fait déjà un phénomène. Que confirment des salles incroyablement réactives. Il y a bien longtemps que je n’ai pas vu et entendu des spectateurs rire aux éclats, de cette façon. A de nombreuses reprises et quasiment pendant toute la durée du film. En prime, des applaudissements nourris sur plusieurs séquences mémorables.

Le film de John Carney est un concentré de bonne humeur et de mise en scène pétillante, sur fond d’amours adolescentes que l’amour seul peut conduire vers de tels ébats. Conor est fou dingue d’une jeune fille plus âgée que lui, Raphina  (Lucy Boynton) . Comme elle rêve d’être mannequin, il  lui propose de jouer dans son prochain clip, bien qu’il n’ait aucune idée du clip. Et comment le réaliser !

Toute l’embrouille sympathique d’une histoire que le réalisateur ficelle joliment autour de son propre scénario tout aussi bien ordonné. Il est question de régler les problèmes d’une famille au bord de l’explosion, et de dynamiter les codes de mauvaises conduites de l’école des Frères Catholiques.  Conor (Ferdia Walsh-Peelo)  vient de l’intégrer à son grand dam tant la situation y est humiliante.

Conor avec son grand frère, une relation très prenante et que le scénario révèle de façon particulièrement émouvante
Conor avec son grand frère, une relation très prenante et que le scénario révèle de façon particulièrement émouvante

Face à une éducation faussement rigide, mais idiote, le règlement stupide le conduit souvent dans le bureau du frère disciplinaire qui n’est pas tendre, mais pervers, et beaucoup plus encore. C’est le vernis qui craquelle, celui d’une comédie néoromantique pour teenager attardé qui se doit de convoquer des musiciens en herbe et créer un répertoire pour séduire les yeux de la belle promise.

Une énergie pétulante, mitonnée à la couleur sépia des sixties, avant que Duran-Duran et The Cure se mêlent de la formation du gamin. Des groupes conseillés par le grand-frère ( Jack Reynor), pièce maîtresse dans son éducation, sexuelle et musicale. C’est parfois rude entre eux, mais leur complicité élabore une autre histoire aussi inattendue qu’émouvante.

Dans « Sing street », on chante, on rit, on danse, on s’amuse. Un vrai film musical, loin de la dépression ambiante qui n’en finit pourtant pas de rattraper ce joyeux bordel que les grands orchestrent à leur façon. Disputes, embrouilles, divorce sur fond de marasme économique, comme le reflet d’une autodérision dans la conduite de ce film instinctif,  sans prétention et pourtant plein de prévenance. A voir en famille, entre amis, ou entre soi, qu’importe, mais à voir, c’est une évidence.

  • Au festival du film britannique de Dinard 2016, «  Sing street » a décroché le Hitchcock d’Or, celui du meilleur scénario, le Hitchcock du Public et le Hitchcock “Coup de cœur“ de La règle du jeu, association des exploitants du grand Ouest regroupant plus d’une centaine d’adhérents.
« Les parents, ils ont une drôle de façon d’aimer ». Repartir bredouille du festival de Deauville,et tout gagner quelques jours plus tard à Dinard en fait déjà un phénomène. Que confirment des salles incroyablement réactives. Il y a bien longtemps que je n’ai pas vu et entendu des spectateurs rire aux éclats, de cette façon. A de nombreuses reprises et quasiment pendant toute la durée du film. En prime, des applaudissements nourris sur plusieurs séquences mémorables. Le film de John Carney est un concentré de bonne humeur et de mise en scène pétillante, sur fond d’amours adolescentes que l’amour seul peut conduire…
Le film

«  Sing street » a décroché au festival du film britannique de Dinard, le Hitchcock d’Or, celui du meilleur Scénario, le Hitchcock du Public et le Hitchcock “Coup de cœur“ de La règle du jeu, association des exploitants du grand Ouest regroupant plus d’une centaine d’adhérents. N’en jetez plus, la cour est pleine. Un peu trop peut-être. Le jury aurait été avisé d’en donner un peu aux autres films. Mais on ne peut que saluer l’avènement d’un phénomène cinématographique qui sans révolutionner le genre musical, lui apporte un dynamisme, une fraîcheur et un scénario revigorant dans ces temps de dépression narrative. En mêlant l’innocence de la jeunesse au réalisme d’un monde qu’elle ne demande qu’à construire, John Corney façonne une autre forme de romantisme, un courant «  gai-triste » comme il est recherché dans le répertoire de ce groupe qui se forme à la va vite pour les beaux yeux d’une demoiselle. Un film instinctif, pétulant et sérieux sous le vernis des apparences légères que trimbalent Conor et son armée de copains. Les parents en prennent pour leur grade, et l’éducation catholique n'en sort pas avec les honneurs. Corney avait semble-t-il des comptes à régler. Il le fait dans la bonne humeur

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