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« Samouni road » de Stefano Savona. Critique dvd

  • Prix David di Donatello du meilleur film documentaire .-
  • Réalisateur : Stefano Savona
  • Studio : Jour2Fête
  • Date de sortie du DVD : 2 avril 2019
  • Durée : 128 minutes
  • Film :  4/5
  • Bonus : 3/5

La famille Samouni s’est recroquevillée sur ce qui lui reste d’habitat et de fratrie. 29 d’entre eux ont trouvé la mort lors d’un raid en janvier 2008 de l’armée israélienne, sur le petit village de Zeitoun.

Dont le père pour lequel le souvenir demeure à jamais gravé aux pierres de la maison, ce qu’il en reste, et au pied du sycomore qui n’existe plus, lui non plus.

Amal avait deux ans. Dix ans plus tard, elle dit ce qu’elle sait d’avant et ce qu’elle espère d’aujourd’hui.

Des éclats d’obus dans la tête lui procurent des picotements dans les yeux. Elle joue, dessine beaucoup, son papa mort et le sycomore et les oliviers qui ont aussi disparu. Autour de la maman et des enfants, la vie a repris ses droits.

On célèbrera bientôt un mariage. Les préparatifs engagés, Amal les suit avec ses yeux qui ont grandi trop vite. Mais jamais de plainte. A l’image de sa maman quand elle évoque les difficultés.

Les indemnités de l’ONU pour la reconstruction ( 5.000 dollars ) ont permis d’éponger les dettes. « Avec le reste on a acheté des parpaings. Mais je n’ai pas pu reconstruire une vraie maison » dit-elle dans son réduit coincé entre la cuisine et l’unique chambre à coucher.

Le père a été tué, on ne sait pas encore comment, mais le cheminement de la pensée et celui de la réalisation, nous mènent vers cette histoire racontée par ce dessin hachuré entre le gris et le noir où les oiseaux de mauvais présage se mêlent aux F16 meurtriers.

L’utilisation des drones par les israéliens retranscrit l’horreur totale qu’ils provoquent, une destruction millimétrée, aveugle et criminelle.

Cette technique d’animation en alternance avec le documentaire brut, fonctionne parfaitement jusqu’à l’identification de ce monde en guerre perpétuelle. Les enfants s’en amusent désormais, les grands manœuvrent comme ils peuvent, enfin la nouvelle génération désormais, qui porte l’espérance d’un peuple qui ne lâchera jamais.

Entre l’espoir et la volonté c’est la grande leçon de ce documentaire édifiant, tellement vrai.

LES SUPPLEMENTS

  • Rencontre avec Stefano Savona. (19 mn ).  Le réalisateur raconte qu’il filmait la guerre à Gaza quand la veille de son départ il rencontre la famille Samouni « et là je comprends très vite qu’il y a autre chose à faire ».

Il filme les ados de la famille , et un an plus tard revient pour le documentaire , « car à l’époque de la guerre je n’avais pas le droit de le faire, il fallait que je les retrouve. (…) Mais j’avais déjà une intimité avec cette famille et je suis arrivé la veille du mariage, ce qui était un moment très particulier évidemment, la première fête depuis le drame ».

Amal, la petite fille l’accompagne les premiers jours, elle parle peu , mais il comprend alors que ce sera son fil rouge.

Sur l’animation, il s’agissait bien évidemment de reconstituer un passé qui n’avait pas ses propres images, « mais il fallait une animation qui puisse rendre compte de la mémoire, des souvenirs ».

Quant à la reconstitution des images de drones pour signifier les bombardements, « on a travaillé à partir d’images fournies sur Internet par l’armée israélienne, j’ai pris le risque de les mettre , car le réalisme est très poussé ».

Stefano Savona envisage de retourner sur place afin de montrer le film, mais dit-il « ce n’est pas gagné ».

  • Making of de l’animation ( 3 mn ) . Un peu bizarre ce bonus qui montre sans fil conducteur précis la manière dont les dessins ont été réalisés.

 

 

Prix David di Donatello du meilleur film documentaire .- Réalisateur : Stefano Savona Studio : Jour2Fête Date de sortie du DVD : 2 avril 2019 Durée : 128 minutes Film :  4/5 Bonus : 3/5 La famille Samouni s’est recroquevillée sur ce qui lui reste d’habitat et de fratrie. 29 d’entre eux ont trouvé la mort lors d’un raid en janvier 2008 de l’armée israélienne, sur le petit village de Zeitoun. Dont le père pour lequel le souvenir demeure à jamais gravé aux pierres de la maison, ce qu’il en reste, et au pied du sycomore qui n’existe plus, lui non plus. Amal avait deux ans. Dix…
Le film
Les bonus

Chez les Samouni le conflit israélo-palestinien a déjà fait une trentaine de morts. La mère a repris le flambeau, elle guide son fils aîné vers les responsabilités qui l’attendent et sa petite sœur raconte ce qu’elle sait de la guerre et l’avenir qu’elle espère. Elle chante en hommage à son père mort martyre, une pleureuse lui lance son frère qui avec ses copains tentent de deviner la façon dont l’armée israélienne attaque au loin . Ce sont des chars, mais non des F 16. Les innocents de ce petit village d’agriculteurs sont devenus des victimes qui aujourd’hui reprennent un peu confiance. Une nouvelle génération qui pourtant sait qu’elle devra encore se battre pour gagner sa liberté. Entre l’actualité du jour et les images de Stefano Savona, on en mesure toute l’importance.

AVIS BONUS Une rencontre avec le réalisateur et un petit making of un rien bizarre

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