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« Matthias et Maxime » de Xavier Dolan. Critique cinéma

Synopsis: Deux amis d’enfance s’embrassent pour les besoins d’un court métrage amateur. Suite à ce baiser d’apparence anodine, un doute récurrent s’installe, confrontant les deux garçons à leurs préférences, bouleversant l'équilibre de leur cercle social et, bientôt, leurs existences. 

La fiche du film

Le film : "Matthias & Maxime"
De : Xavier Dolan
Avec : Gabriel D'Almeida Freitas, Xavier Dolan
Sortie le : 16/10/2019
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 119 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

L’allusion à Denys Arcand arrive très tôt dans le film. Elle est relayée beaucoup plus tard par l’évocation de l’un de ses films (« Les invasions barbares »). Xavier Dolan a du avoir lui aussi des relents de ce déclin américain pour alimenter un courant cinématographique qui entre amis se veut référencé et bavard.

En sautant quelques générations, on reprend donc le cours des choses là où la bande à Arcand l’avait laissé, avec Dolan et ses copains englués dans un langage qui prend de plus en plus la tangente. Via l’anglicisme consacré par Lisa ( Catherine Brunet) , la sœur de Rivette , en quête de faire un film avec Matthias et Maxime, les amis de toujours.

Synopsis inconnu, séquence unique : l’échange d’un baiser . Si la mise en scène dans la mise en scène est extrêmement drôle, l’issue paraît problématique. Elle tend imperceptiblement les relations entre les deux garçons ( Xavier Dolan et  Gabriel D’Almeida Freitas ) dont la conduite au sein du groupe ne parait pas en souffrir. Mais le cœur n’y est plus et les regards sont maintenant tendus.

Comme un dérèglement interne qui brise l’entente cordiale et assume le désenchantement que Dolan laisse traîner depuis le début, avec ses mégots jetés négligemment dans la rue. Un brin moraliste , le jeune homme n’en finit pas de ressasser son absolu besoin d’amour et d’amitié que Maxime prodigue à tout va quand en retour ce sont les coups de sa mère qu’il reçoit .

Le conflit ouvert est d’une violence inimaginable. Placée sous curatelle, Manon (Anne Dorval)  exige le rétablissement de ses droits, défiant de la voix et du poing son fils qui s’apprête à la quitter pour l’Australie.

L’autre point de rupture dans la vie de Maxime dont les tourments secrets et amoureux retardent insidieusement son départ . A l’image de ce film qui n’en finit pas de tournoyer dans les affres de l’amour et de l’amitié , de partir-revenir au point d’atteindre l’abstraction et des sentiments labyrinthiques.

Après avoir joliment annoncé la couleur Xavier Dolan ne me parait pas très clair dans ses intentions (  miroir, mon beau miroir …) . Alambiqué, sophistiqué , prisonnier de ses montagnes russes où l’on atteint plus facilement les creux que des sommets.

L’allusion à Denys Arcand arrive très tôt dans le film. Elle est relayée beaucoup plus tard par l’évocation de l’un de ses films (« Les invasions barbares »). Xavier Dolan a du avoir lui aussi des relents de ce déclin américain pour alimenter un courant cinématographique qui entre amis se veut référencé et bavard. En sautant quelques générations, on reprend donc le cours des choses là où la bande à Arcand l’avait laissé, avec Dolan et ses copains englués dans un langage qui prend de plus en plus la tangente. Via l’anglicisme consacré par Lisa ( Catherine Brunet) , la sœur de…
Le film

Il n’y a malheureusement pas grand-chose de nouveau au pays du prodige, de moins en moins jeune et dont l’âge adulte parait le confiner dans un sérieux de façade. Un peu à la manière des montagnes russes Xavier Dolan nous fait passer par quelques sommets de bonheur cinématographique avant de replonger le plus souvent dans le creux et la vacuité. Il nous alerte peut-être sur la jeunesse recroquevillée  autour de quelques utopies et distractions sans conséquence. Sauf quand l’enjeu des débats dépasse le cadre autorisé. L’un des points de rupture du héros, Maxime, aux tourments secrets et amoureux .  A l’image de ce film qui n’en finit pas de tournoyer dans les affres de l’amour et de l’amitié , de partir-revenir au point d’atteindre l’abstraction et des sentiments labyrinthiques.

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