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« Maternal » de Maura Delpero. Critique cinéma

Synopsis: Paola quitte l'Italie pour Buenos Aires pour terminer sa formation de religieuse au sein d'un foyer pour mères adolescentes. Elle y rencontre Luciana et Fatima, deux jeunes mères de 17 ans. Trois jeunes femmes que tout oppose vont devoir s’entraider et repenser leur rapport à la maternité

La fiche du film

Le film : "Maternal"
De : Maura Delpero
Avec : Lidiya Liberman, Denise Carrizo
Sortie le : 07/10/2020
Durée : 89 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

C’est un lieu bien particulier où les pensionnaires rivalisent d’audace et de confrontations. Des mères adolescentes face à des religieuses, situation étrange qui ne le devrait pas. Mais la tenue des jeunes femmes jure devant celle de ces nonnes qui les accueillent.

Un imbroglio vestimentaire lié au capharnaüm qui bien souvent règne au sein de la communauté qu’une novice intègre en vue de prononcer ses vœux perpétuels.

Paola (Lidiya Liberman) vient d’Italie. Déboussolée par son arrivée en terre argentine, la voici maintenant confrontée à de jeunes femmes qui ont bien souvent son âge et qui tentent elles aussi de trouver un sens à leur vie.

Au quotidien, plus pragmatiques, elles s’affairent autour de leurs jeunes enfants, des travaux ménagers ou d’une grossesse à venir.

Ce que ne connaîtra jamais Paola qui pourtant très vite s’attache à Luciana (Agustina Malale) , la rebelle de l’assemblée, et à Nina, son petit bout d’chou bien déluré, craquant à souhait. Une relation discrète, peu évidente face aux incartades de la gamine, mais un lien de plus en plus fort pour ces femmes en quête d’aides et d’amour.

Fatima la bonne copine (Denise Carrizo ) joue les bons offices à chaque dérapage, chaque révolte de Luciana. Ce lieu n’est pas pour elle mais aucune place ne semble prête à l’accueillir quand on menace en dernier ressort de lui retirer sa petite fille.

Paola s’est très vite liée d’amitié avec Fatima, ce que supporte difficilement Luciana …

Touchante la façon dont Maura Delpero s’implique et révèle de tous ces antagonismes, une autre foi que celle inscrite sur les murs de l’institution.

De nombreuses séquences sont ainsi révélatrices dont une scène remarquable :  alors que les jeunes mères dansent en tenue légère, dans la salle voisine, leurs bambins apprennent le catéchisme sur une iconographie d’un autre âge.

Mais la réalisatrice n’en fait pas plus.

… dont la petite fille Nina,  va aussi très vite se tourner vers la jeune sœur.

 

Sans jugement, ni commentaire, elle laisse les silences se poser pour dire tout ce que cette petite communauté porte en elle de souffrances et d’espoirs.

C’est encore le sens de cette dernière image qui envoie Luciana vers l’inconnue et nous laisse tout aussi perplexe sur l’avenir de ces jeunes femmes. Dont Paola, peut-être la plus démunie. Son doux sourire de toujours est devenu énigmatique. Un sourire malgré tout.

Mention spéciale du jury, festival de Locarno 2019 C’est un lieu bien particulier où les pensionnaires rivalisent d’audace et de confrontations. Des mères adolescentes face à des religieuses, situation étrange qui ne le devrait pas. Mais la tenue des jeunes femmes jure devant celle de ces nonnes qui les accueillent. Un imbroglio vestimentaire lié au capharnaüm qui bien souvent règne au sein de la communauté qu’une novice intègre en vue de prononcer ses vœux perpétuels. Paola (Lidiya Liberman) vient d’Italie. Déboussolée par son arrivée en terre argentine, la voici maintenant confrontée à de jeunes femmes qui ont bien souvent son âge…
Le film

Un premier film, sinon grand, déjà important sur la réflexion mature autour de la condition féminine, cette fois au sein d’une communauté religieuse qui accueille de jeunes mères avec leurs enfants. L’histoire se passe en Argentine où arrive Paola l’italienne en vue de prononcer ses vœux perpétuels. Mais très vite cette jeune femme se trouve confrontée à une assemblée qui lui ressemble un peu et  dans laquelle elle va se fondre doucement, alors que l’ordre religieux lui indique un tout autre chemin. Des antagonismes voient ainsi le jour, des oppositions mais jamais d’affrontements réels . Touchante la façon dont Maura Delpero s’implique et révèle toutes ces confrontations dans une autre foi que celle inscrite sur les murs de l’institution. Sans jugement, ni commentaire, elle laisse les silences se poser pour dire tout ce que cette petite communauté porte en elle de souffrances et d’espoirs. Remarquablement bien dit , bien filmé, bien joué.

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