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« I Basilischi » de Lina Wertmüller . Critique cinéma

Synopsis: Antonio, fils du notaire d’une petite ville du sud de l’Italie, a 20 ans et s’ennuie avec ses amis Francesco et Sergio. Les jours s’écoulent, meublés des mêmes discussions et de la même absence d’activité. Un jour, Antonio se voit offrir la possibilité d’aller vivre à Rome où il s’inscrit à l’Université. A son retour, il raconte à ses amis des histoires fabuleuses sur la vie nocturne et la modernité de la capitale...

La fiche du film

Le film : "I Basilischi"
De : Lina Wertmüller
Avec : Antonio Petruzzi, Stefano Satta Flores
Sortie le : 16/04/2021
Distribution :
Durée : 83 Minutes
Genre : Drame, Comédie
Type : Long-métrage
Le film

 

16e Festival de Locarno, Voile d’argent et Prix Fipresci.

  • « Elle est peut-être instruite, elle n’est pas née ici »…

C’est un village de carte postale écornée, en noir et blanc superbement restauré. Le Sud de l’Italie, les années soixante. Entre la sieste et le bavardage incessant, les habitants laissent filer les jours. Certains travaillent quand même, mais l’heure est plutôt à la dérive.

Celle de l’amour que quêtent vainement trois copains en déambulation permanente dans les rues, les mains dans les poches, constamment.

Un film tourné dans la région de Matera ( Basilicate)

Cadenassées par un grand frère, une mama autoritaire ou un ordre patriarcal ancestral, les jeunes femmes rasent les murs.

Antonio (Antonio Petruzzi,), Francesco (Stefano Satta Flores) et Sergio (Sergio Ferranino) errent comme trois âmes en peine.

Sur ce constat fragile Lina Wertmüller raconte joliment l’histoire d’un pays et de sa jeunesse  engluée dans une terre que les paysans ont de plus en plus de mal à travailler.

Ce sont des métayers aujourd’hui dans la rue et que filme une amie de la famille d’Antonio, un jeune homme subjugué par le train de vie de ces romains en goguette. Il repartira avec eux, car c’est la vie qu’il attend et qui va le consacrer dans ses études notariales.

Ainsi en a décidé le papa notaire, qui mène son petit monde à la baguette et suscite des tensions familiales d’un bel éclat. Des échanges vifs ,des réparties saillantes autour de portraits éloquents de vieux assoupis devant la maison des Jeunesses communistes.

Une superbe illustration du tableau que peint la cinéaste au fil de ses déambulations dans les ruelles où  les scènes de drague mémorables succèdent au farniente tout aussi exemplaire.

Et quand Francesco imagine travailler autour d’un projet de coopérative agricole, c’est la révolution ! Il en parle malgré tout à la doctoresse qui crie au génie mais ne peut l’aider et lui conseille alors la comtesse.

Francesco veut créer sa coopérative agricole, mais passe plus de temps à faire son numéro auprès de Luciana ( Flora Carabella )

 

Alors là, grand numéro d’indignation contenue de la part d’une propriétaire terrienne qui regrette le temps « des prisonniers serbo-croates qui travaillaient pour nous, ça allait beaucoup mieux ». C’était en 1918.

«  Aujourd’hui, on  te vole tes terres sous prétexte d’une réforme et on la donne à ces bouseux qui ne savent pas quoi en faire ».

Pas un rictus, le regard hautain, la comtesse est merveilleuse dans son quant-à-soi ridicule , liberté de ton et d’humeur égale à ces mouvements de caméra à la fluidité instinctive, au goût de l’image vraie.

Un premier film tourné il y a maintenant 58 ans ! Toujours aussi incisif et brillant .

  16e Festival de Locarno, Voile d’argent et Prix Fipresci. « Elle est peut-être instruite, elle n’est pas née ici »… C’est un village de carte postale écornée, en noir et blanc superbement restauré. Le Sud de l’Italie, les années soixante. Entre la sieste et le bavardage incessant, les habitants laissent filer les jours. Certains travaillent quand même, mais l’heure est plutôt à la dérive. Celle de l’amour que quêtent vainement trois copains en déambulation permanente dans les rues, les mains dans les poches, constamment. Cadenassées par un grand frère, une mama autoritaire ou un ordre patriarcal ancestral, les jeunes femmes rasent…
Le film

Lina Wertmüller fut l’assistante de Fellini . A ce titre on rapproche son film de «  I Vitelloni » du maître tourné dix ans auparavant. Pourquoi pas , même on oublie très vite la référence pour suivre le quotidien de trois copains en quête de drague dans un village où les jeunes femmes rasent les murs pour éviter le regard des hommes. Sur ce constat fragile Lina Wertmüller raconte joliment l’histoire d’un pays et de sa jeunesse  engluée dans une terre que les paysans ont de plus en plus de mal à travailler. La misère est patente, de la fille engrossée par la maître de maison aux métayers exploités par de riches propriétaires qui fustigent «  les bouseux ». Liberté de ton et d’humeur, mouvements de caméra à la fluidité instinctive, au goût de l’image vraie. Un premier film tourné il y a maintenant 58 ans ! Toujours aussi incisif et brillant .

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