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« Les Pires » de Lise Akoka, Romane Gueret . Critique cinéma

Synopsis: Un tournage va avoir lieu cité Picasso, à Boulogne-Sur-Mer, dans le nord de la France. Lors du casting, quatre ados, Lily, Ryan, Maylis et Jessy sont choisis pour jouer dans le film. Dans le quartier, tout le monde s’étonne : pourquoi n’avoir pris que « les pires » ? ,

La fiche du film

Le film : "Les Pires"
De : Lise Akoka, Romane Gueret
Avec : Mallory Wanecque, Timéo Mahaut
Sortie le : 07/12/2022
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 99 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le Film

Dès l’ouverture, le doute s’installe. Il est agréable.

De jeunes garçons et filles sont filmés par un homme hors du cadre. Peut-être le responsable du casting, voire le réalisateur du film qu’on s’apprête à tourner dans une cité de Boulogne-sur-Mer.

Il y est question d’une association de colombophiles, mais aussi du quotidien de cette jeunesse qui ne comprend pas très bien le monde des grands.

Le film dans le film ? Oui et non , un film gigogne plutôt, vue la manière dont ces amateurs assument leurs personnages, qui leur ressemblent, dans ce décor si familier d’une banlieue si mal aimée.

L’écho qu’ils renvoient est naturel, évident.

Lily enceinte à 15 ans  pour les besoins de la fiction, joue tout à côté sa vraie vie qu’elle défend bec et ongles . A la mémoire d’un petit frère disparu et face aux copines un brin jalouses de son aventure.  Il faut voir et entendre Mallory Wanecque , magnifique et super belle dans le rôle de cette princesse qui sublime une histoire sans avenir.

Celle de son petit frère Ryan, joué par un gamin extraordinaire, lui aussi, de rage et de lucidité. Il s’appelle Timéo Mahaut, un angelot triste au pays des songes du cinéma que les deux réalisatrices écornent de manière singulière.

L’auto-portrait n’est pas flagrant, mais celui du cinéaste en mal de repères sociaux et culturels ne manquent pas d’à-propos. Autour de l’éthique sur l’art de mettre en images. Quand Ryan n’arrive pas à provoquer ses copains dans la cour de récréation, l’insistance du metteur en scène conduit à des débordements insupportables.

Johan Heldenbergh dans le rôle est extraordinaire

Lise Akoka et Romane Gueret mêlent aussi le respect et la déontologie au creux du même lit où Lily fait l’amour pour la première fois. Dans ce monde de grands qui s’amusent à faire semblant, les enfants grandissent très vite nous disent-elles.

C’est pourquoi la banlieue s’interroge sur la raison de filmer un quartier déjà montré du doigt, de filmer ses habitants «  si ce n’est pas un documentaire. Il fallait prendre des gens connus, pas les gamins » ? La propre démarche, éducative et sociale, de ces deux jeunes réalisatrices, ainsi remise en cause !  A ce film plein de ressources, ne manquait que l’ironie !

Grand prix  "Un certain regard" à Cannes 2022 Dès l’ouverture, le doute s’installe. Il est agréable. De jeunes garçons et filles sont filmés par un homme hors du cadre. Peut-être le responsable du casting, voire le réalisateur du film qu’on s’apprête à tourner dans une cité de Boulogne-sur-Mer. Il y est question d’une association de colombophiles, mais aussi du quotidien de cette jeunesse qui ne comprend pas très bien le monde des grands. Le film dans le film ? Oui et non , un film gigogne plutôt, vue la manière dont ces amateurs assument leurs personnages, qui leur ressemblent, dans ce…
Le Film

C’est encore une façon de parler du cinéma de façon assez critique  tout en évitant de se tirer une balle dans le pied : Lise Akoka et Romane Gueret assument leur part de responsabilité dans tous les questionnements éthiques et déontologiques qui émaillent l’aventure de ce film. Où quatre ados recrutés parmi des dizaines d’enfants du même quartier vont vivre leur vie à travers une fiction qui n’est pas loin de leur ressembler. C’est toute l’ambiguïté et la subtilité de ce faux documentaire, qui donne à voir le réel au-delà des apparences scénaristiques parfaitement élaborées par ces jeunes comédiens extraordinaires . Je cite Mallory Wanecque , magnifique princesse de la rue qui sublime son histoire sans avenir. Et son petit frère de cinéma, joué par un gamin extraordinaire, lui aussi, de rage et de lucidité. Il s’appelle Timéo Mahaut, genre «  P’tit Quinquin » . Deux noms dont on reparlera certainement un jour …

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