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« Les éblouis » de Sarah Suco. Critique cinéma

Synopsis: Camille, 12 ans, passionnée de cirque, est l’aînée d’une famille nombreuse. Un jour, ses parents intègrent une communauté religieuse dans laquelle ils s’investissent pleinement. La jeune fille doit accepter un mode de vie qui remet en question ses envies . Peu à peu, l’embrigadement devient sectaire. Camille se bat pour affirmer sa liberté et sauver frères et sœurs.

La fiche du film

Le film : "Les Éblouis"
De : Sarah Suco
Avec : Camille Cottin, Jean-Pierre Darroussin
Sortie le : 20/11/2019
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 99 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
  • Sarlat 2019 : Salamandre d’or. Céleste Brunnquell prix d’interprétation féminine.  —

Ce film n’est pas sous le feu des projecteurs, dommage. Pas de fait saillant dans les journaux, pas d’actualité !

Et pourtant ! «  Les misérables », bien sûr, «  La reine des neiges 2 », hélas, et ce magistral constat d’une société sectaire qui sous couvert de bonnes actions, prône l’intolérance et la soumission.

L’affaire n’est pas nouvelle, mais la manière dont Sarah Suco l’exhume de notre mémoire nous rappelle à l’ordre d’une civilisation déliquescente.

La famille Lourmel est une famille exemplaire.

La fratrie composite, heureuse, se joue des instants de bonheur que les parents protègent soigneusement, avec infiniment d’amour . Trop peut-être pour Christine, la maman, de plus en plus convoquée par les voix du seigneur qui la plonge dans une béatitude complice.

Le père s’en protège, avant lui aussi d’adopter les us et coutumes de cette étrange communauté catholique à laquelle les enfants doivent obéir. Camille a dû quitter son école de cirque ( trop dépravante ) et se plier aux injonctions d’un prêtre dit «  le berger » par ses fidèles, véritable gourou à mes yeux impies.

Jean Pierre Darroussin endosse la bure et ça fait drôle. Plus drôle que convaincant, le comédien impose très vite son autorité sacerdotale pour mener son troupeau ( les bêlements sont édifiants) au renoncement total d’eux-mêmes.

Son interprétation est sans reproche à l’égale de celle de Camille Cotin, éblouissante dans son aveuglement, rayonnante dans sa démesure. Eric Caravaca lui emboîte le pas avec la même insistance généreuse qui noie peu à peu les enfants dans l’inconfort d’une éducation totalement déréglée.

Camille, l’aînée, remarque très vite ces dysfonctionnements et Céleste Brunnquell qui l’interprète avec une grandeur d’âme et de cœur unique, est bouleversante. Pour un premier rôle, elle accompagne tout le film sur ses frêles épaules. Solide dans sa tête, son jeu est sans reproche.

Camille doit jongler avec le monde extérieur qu’elle rejoint comme elle peut. Son petit copain est de plus en plus désemparé. Il est joué par Spencer Bogaert, petit rôle, mais à revoir.

D’ailleurs elle joue très peu, mais tient parfaitement ce mal vivre d’une adolescente confrontée au monde extérieur qu’elle vient de quitter pour une idéologie sectaire, pour un enfermement.

Céleste Brunnquell porte en elle cette force que la réalisatrice traduit de manière très personnelle, certainement, sans jamais surligner une vérité complice de faits délictueux.

Là où on lui parle de la rédemption, du seigneur et de ses bienfaits, paradoxalement Camille et sa petite fratrie entreprennent une descente aux enfers. Le monde est à l’envers !

Sarlat 2019 : Salamandre d'or. Céleste Brunnquell prix d'interprétation féminine.  --- Ce film n’est pas sous le feu des projecteurs, dommage. Pas de fait saillant dans les journaux, pas d’actualité ! Et pourtant ! «  Les misérables », bien sûr, «  La reine des neiges 2 », hélas, et ce magistral constat d’une société sectaire qui sous couvert de bonnes actions, prône l’intolérance et la soumission. L’affaire n’est pas nouvelle, mais la manière dont Sarah Suco l’exhume de notre mémoire nous rappelle à l’ordre d’une civilisation déliquescente. https://www.youtube.com/watch?v=r1NeMT1WVeM La famille Lourmel est une famille exemplaire. La fratrie composite, heureuse, se joue des instants de bonheur…
Le film

Une vérité qui fut un temps d’actualité. Les sectes, leur embrigadement, le mal conséquent sur les familles, et particulièrement les enfants, ici au cœur du sujet filmé avec justesse, beaucoup de connaissances aussi semble-t-il par une réalisatrice qui a su s’entourer de comédiens au mieux de leur talent. A chaque film Camille Cottin  montre l’étendue de sa palette, sa diversité ( magnifique ), Eric Caravaca toujours aussi vrai dans ses personnages, presque naturel, et l’étonnant Jean-Pierre Darroussin en curé recruteur et ça fait drôle. Il impose cependant très vite son autorité sacerdotale pour mener ses moutons ( les bêlements sont édifiants) au renoncement total d’eux-mêmes. Mais la palme revient à Céleste Brunnquell, incroyable dans son rôle de jeune fille presque adulte, grande sœur à l’écoute de sa petite fratrie complètement chamboulée par la nouvelle éducation apportée par ses parents au sein d’une communauté religieuse, sectaire par bien des principes et des agissements. C’est son premier rôle au cinéma. Elle commence très très fort !

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Voir aussi

« Manta Ray » de Phuttiphong Aroonpheng. Critique dvd .

Un OVNI comme on dit, complètement barré dans les étoiles …

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