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« Le vent de la plaine » de John Huston. Critique dvd

La fiche du film

Le film : "Le Vent de la plaine"
De : John Huston
Avec : Audrey Hepburn, Burt Lancaster
Sortie le : 01/08/1960
Distribution : Swashbuckler Films
Durée : 125 Minutes
Genre : Western, Drame, Romance
Type : Long-métrage
Le Film
Les bonus
  • DVD :  08 Décembre 2022
  • D’après le roman d’Alan Le May

On dit qu’Huston n’a pu aller au bout de son projet. Les producteurs ont mis le « holà » , misant avant tout sur le spectaculaire et le genre.  Un western qui malgré leurs préventions prend malgré tout des allures très particulières, aussi bien dans le récit que dans l’application scénographique.

Sous les auspices d’un double mariage entre les Zachary et les Rawlins, on fait la fête , on boit, on chante, on s’amuse beaucoup. Les familles se fréquentent aussi professionnellement : leurs exploitations réunies en font la force vive de la région.

Tout va donc pour le mieux, malgré la présence fantomatique de cet homme solitaire, sur son cheval, proférant des menaces à l’encontre des Zachary. Et des révélations terribles …

Jusque là tout va bien entre Ben Zachary, le frère aîné ( Burt Lancaster) et Zeb Rawlins ( Charles Bickford)

Rachel,l’a aperçu, ignorant tout de ce personnage qui maintenant parait terrifier sa mère (Lillian Gish). Mais les hommes du foyer n’en sauront rien et la vie reprend alors son cours. Elle va très vite les rappeler à l’ordre sous la pression du peuple Kiowa. Le chef de la tribu, réclame sa sœur Rachel, enlevée dit-il il y a quinze ans lors d’un affrontement avec les fermiers.

Ce sempiternel conflit entre amérindiens et colons rejaillit ici sous une forme revendicative alors encore assez inédite à l’époque dans le western. La raison n’est plus forcément du côté blanc, la vérité s’affiche sous d’autres horizons qu’Huston dépeint de manière radicale, laissant l’Histoire prendre ses véritables repères.

Le racisme au cœur de la famille Zachary où Cash (Audie Murphy) a toujours détester les indiens, s’étend à la région,. Là où un peau-rouge ne peut poser le pied. Cette attitude de repli communautaire encourage les indiens Kiowa dans leur combat.

 

Un terrible cas de conscience se pose à la jeune Rachel , choisir entre le cœur et ses racines, face à ceux qui la réclament et la revendiquent comme la leur. Audrey Hepburn était alors encore toute jeunette. 

Abandonnés par leurs proches les Zachary affrontent leur destin laissant aux scènes de joie et de liesse des fêtes prénuptiales se succéder celles de la haine, de la violence, de l’intolérance. Le constat est terrible, relevant les fondements de l’Histoire des Etats-Unis à un niveau critique rarement atteint dans le western traditionnel.

LES SUPPLEMENTS

  • Jean François Giré et Patrick Brion , présentent le film dans son contexte historique et son développement auprès des studios qui n’en demandaient pas tant d’un point de vue scénaristique. Huston devra bien à contre cœur revoir sa copie …
  •  Le film maudit de John Huston. François Guériff explique pourquoi selon lui, c’est son seul vrai western
Au début, les indiens sont prêts à marchander. Mais la femme n’est pas du bétail, les renvoie le grand frère.

Patrick Brion rappelle les problèmes sur le tournage, avec Burt Lancaster qui veut se diriger lui-même depuis qu’il est devenu réalisateur . L’autre problème c’est Audie Murphy qui tire sur tout ce qui bouge ( un colt sous son oreiller )  alors qu’ Audrey Hepburn perd son enfant après une chute de cheval ( elle est tout juste enceinte ) . Une chaleur épouvantable, de la poussière à n’en plus finir , et aucune possibilité de visionner immédiatement ce qui a été tourné…

« Il n’aime pas trop son film aussi parce qu’il ne marche pas très bien, le western à cette époque étant sur le déclin ».

  • Audrey l’indienne. Gilles Laprévotte l’auteur d’«  Indian’s songs » : il développe l’évolution de l’image de l’indien dans le western , «  pour en faire un personnage à part entière ».
L’homme-fantôme aux noires prédictions

Suzanne Liandrat-Guigues , autrice de « Splendeur du western ».  Elle évoque les  récits de captivité, authentiques comme dans l’histoire du film , mais plus généralement « c’est le contraire, une blanche ou un blanc raconte comment ils ont été capturés par les indiens, Huston renverse ici le procédé et c’est ce qui devient intéressant pour le film ».

  • Autour du roman par François Guérif- Alan Le May vient de terminer «  La prisonnière  du désert », il s’attèle à  «  Le vent de la plaine »  «  les deux côtés d’une même pièce » . Il explique comment et s’élève sur le fait qu’on oublie souvent qu’à l’origine des westerns, il y a souvent un grand roman , « c’est agaçant de voir comment on minore leurs auteurs ».
DVD :  08 Décembre 2022 D’après le roman d’Alan Le May On dit qu’Huston n’a pu aller au bout de son projet. Les producteurs ont mis le « holà » , misant avant tout sur le spectaculaire et le genre.  Un western qui malgré leurs préventions prend malgré tout des allures très particulières, aussi bien dans le récit que dans l’application scénographique. Sous les auspices d’un double mariage entre les Zachary et les Rawlins, on fait la fête , on boit, on chante, on s’amuse beaucoup. Les familles se fréquentent aussi professionnellement : leurs exploitations réunies en font la force vive de…
Le Film
Les bonus

Alors que tout parait aller de soi entre les Zachary et les Rawlins ( unions en vue et commerce commun prospère ) la révélation d’une jeune femme d’origine peau-rouge parmi la communauté jette le doute puis le discrédit. Une tribu indienne réclame Rachel que les Zachary entendent bien garder malgré la révélation de son enlèvement il y a quinze ans lors d’un affrontement entre indiens et fermiers. Ce sempiternel conflit entre amérindiens et colons rejaillit ici sous une forme revendicative alors encore assez inédite à l’époque dans le western. La raison n’est plus forcément du côté blanc, la vérité s’affiche sous d’autres horizons qu’Huston dépeint de façon radicale, laissant l’Histoire prendre ses véritables repères. Sa mise en scène alors totalement inattendue, montre du doigt les errements de l’Histoire des Etats-Unis replacée dans un contexte critique scénarisé. De fort belle manière

AVIS BONUS Des commentaires, l'histoire dans l'Histoire, le roman adapté

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Comment dire à sa famille, je vous aime ! Grandissimo !

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