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« Le journal d’une femme de chambre » de Benoît Jacquot . Critique cinéma

Synopsis: Début du XXème siècle, en province. Très courtisée pour sa beauté, Célestine est une jeune femme de chambre nouvellement arrivée de Paris au service de la famille Lanlaire. Repoussant les avances de Monsieur, Célestine doit également faire face à la très stricte Madame Lanlaire qui régit la maison d'une main de fer. Elle y fait la rencontre de Joseph, l'énigmatique jardinier de la propriété, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.

La fiche du film

Le film : "Journal d'une femme de chambre"
De : Benoît Jacquot
Avec : Léa Seydoux, Vincent Lindon
Sortie le : 01/04/2015
Distribution : Mars Distribution
Durée : 95 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Le roman d’Octave Mirbeau n’est pas d’une folle tendresse. Respectant l’oeuvre, Benoît Jacquot  lui confère pourtant, par la grâce de l’image, une autre lecture, une vision nouvelle.

Celle que rapporte avec lucidité Léa Seydoux dans le rôle de Célestine . Elle lui confère une exigence particulière, teintée d’érotisme et de sourde révolte. Pour combattre encore aujourd’hui les préjugés d’un autre siècle,  briser les barrières de quelques tyrans domestiques, engraissés par leur bourgeoisie. Le réalisateur ne se prive pas de retrousser la jupe d’un doigt accusateur, comme il insiste aussi beaucoup sur le climat politique et social de l’époque. Le XX ème siècle balbutie et les relents antisémites de l’affaire Dreyfus hantent encore les accusateurs.

Le jardinier de la famille Lanlaire est de ceux-là. Célestine y débarque contre mauvaise fortune ;elle doit quitter Paris pour la Province. Revanchard et bougon, l’homme intrigue la jeune fille, et dans la peau de Vincent Lindon, il sait comment s’y prendre. C’est l’un des personnages fabuleux de l’œuvre de Mirbeau, avec cette bonne vieille garce de Mme Lanlaire qui traite sa soubrette comme du bétail. Clotilde Mollet, très surprenante, enfin dans un grand rôle. Ou le fameux voisin de capitaine que Patrick d’Assumçao a semble-t-il bien eu du plaisir à camper.

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Les personnages sont là, bien présents, parfaitement taillés par un cinéaste qui lui aussi a visiblement apprécié les bonnes feuilles du romancier. Caprices et servitudes en font leurs gros titres et nous éloignent de l’ambiance proustienne que Jacquot parfois respire avec malice. Le temps d’un clin d’œil, comme il aime à rappeler la prégnance d’un Rembrandt, ses clair-obscur et sa chaleur.

Sans insister, le tout participe au bonheur du cinéma qu’il s’approprie dans un champ de vision très personnel où l’horizon littéraire de Mirbeau révèle le parfum des fleurs, et le clapotis tiède de la pluie sur les pavés. Il y a bien longtemps qu’une adaptation d’un roman français ne m’avait pas procuré une telle reconnaissance pour la langue et les images qui désormais les accompagnent. Avec en point de mire, Léa Seydoux, inoubliable Célestine.

Le roman d'Octave Mirbeau n’est pas d’une folle tendresse. Respectant l'oeuvre, Benoît Jacquot  lui confère pourtant, par la grâce de l’image, une autre lecture, une vision nouvelle. Celle que rapporte avec lucidité Léa Seydoux dans le rôle de Célestine . Elle lui confère une exigence particulière, teintée d’érotisme et de sourde révolte. Pour combattre encore aujourd’hui les préjugés d’un autre siècle,  briser les barrières de quelques tyrans domestiques, engraissés par leur bourgeoisie. Le réalisateur ne se prive pas de retrousser la jupe d’un doigt accusateur, comme il insiste aussi beaucoup sur le climat politique et social de l’époque. Le XX ème siècle balbutie…

Review Overview

Le film

Il y a bien longtemps qu’une adaptation d’un roman français ne m’avait pas procuré une telle reconnaissance pour la langue et les images qui désormais les accompagnent. Benoît Jacquot fort inspiré a su conjuguer le respect de l’œuvre à l’exigence de sa propre création. Il en résulte une partition très personnelle, sans la rudesse des personnages, dans un décor  où l’on respire véritablement le parfum des fleurs et le clapotis tiède de l’eau sur le pavé. Le cinéaste est aussi un directeur d’acteurs hors pair qui trouve en Léa Seydoux et Vincent Lindon, un couple parfaitement désordonné, et nous révèle enfin Clotilde Mollet dans un rôle consistant.  D’une belle page de notre littérature émane une œuvre cinématographique qui méritera elle aussi de figurer dans un chapitre sur le 7ème art.

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7 Commentaires

  1. Très bon film avec une très belle photo, de très bons acteurs et des rôles secondaires excellents. Benoit Jacquot prenait un risque avec cette nouvelle version et après 2 monstres : pari gagné, une très belle réussite. on y retrouve des tonalités de Maupassant, que du bonheur.

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