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« La Vie de ma mère » de Julien Charpentier. Critique cinéma

  • 06 mars 2024
  • | 1h 43min
  •  Comédie dramatique
  • Avec Agnès JaouiWilliam LebghilSalif Cissé

L’Histoire : Pierre, 33 ans, fleuriste à succès, bascule le jour où  sa mère, Judith, fantasque et excessive, débarque dans sa vie après deux ans sans se voir. Pierre veut reprendre le cours normal de sa vie, mais rien ne se passe comme prévu. Les retrouvailles, aussi inattendues qu’explosives, les transformeront à jamais.

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article

C’est quasiment à un examen clinique complet sur la bipolarité auquel nous soumet Julien Charpentier dans son premier film. Symptômes, manifestations, conséquences, évolution, traitements, toutes ces étapes, Judith les a franchies dans sa vie de femme , et de mère aussi , quand il a fallu laisser à son fils Pierre le droit de curatelle.

Judith est aujourd’hui soignée dans une clinique psychiatrique. Ils ne se sont pas vus depuis deux ans, quand un beau jour la maman se fait la belle et débarque à l’improviste dans la vie du fiston. Et de celle de la grand-mère …

Chamboulement total dans le quotidien de Pierre, 33 ans, fleuriste réputé à Paris, et qui ce jour là , précisément, doit rencontrer un partenaire important pour le développement de son activité. Mais Judith ,dans son jeu de quilles, en a décidé bien autrement, bien malgré elle et souvent bien contrite, une fois les quilles par terre.

Ce que nous révèle cette étrange embardée dans le bassin d’Arcachon. Egarements impulsifs, décisions incontrôlées, incontrôlables … , elle aborde des gens sans distinction de connaissance . Au cimetière de Gujan, assise sur la pierre tombale de son mari , Judith lui compte tous ses malheurs. Pierre entend cette histoire qu’il avait peut-être trop vite abandonnée quand il lui fallait à l’époque effacer toutes les frasques de sa mère, éponger ses dettes, assumer sa maladie.

Cette scène a beaucoup de sens. A l’image de la bande-son et de ce film qui se laisse porter naturellement sur la mélancolie de retrouvailles inopinées, quand tout diagnostic clinique vous renvoie à vos terribles souffrances. Julien Charpentier en fait le constat tout aussi directement, porté par l’interprétation extraordinaire d’Agnès Jaoui, totalement habitée par ses tics et ses humeurs maniaco-dépressives. Expressive, tellement vraie.

Un grand rôle secondé par l’excellent jeu de William Lebghil que l’on n’attendait pas forcément en si bonne posture. Il varie son profil, élargit sa palette, aux côtés de son employé du moment,  Salif Cissé dont le coup d’œil singulier marque de plus en plus le cinéma français. Et ça lui fait du bien !

06 mars 2024 | 1h 43min  Comédie dramatique Avec Agnès Jaoui, William Lebghil, Salif Cissé L'Histoire : Pierre, 33 ans, fleuriste à succès, bascule le jour où  sa mère, Judith, fantasque et excessive, débarque dans sa vie après deux ans sans se voir. Pierre veut reprendre le cours normal de sa vie, mais rien ne se passe comme prévu. Les retrouvailles, aussi inattendues qu’explosives, les transformeront à jamais.  Prix du public au Festival du film francophone d’Angoulême Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article C’est quasiment à un examen clinique complet sur la bipolarité auquel nous soumet Julien Charpentier dans…
Le Film

Traitement frontal de la maladie. C’est le choix de Julien Carpentier qui pour parler du problème de la bipolarité évoque toutes les étapes traversées par une femme souffrant de troubles maniaco-dépressifs. Il le fait de manière fictionnelle ( surtout rien du documentaire ) tout en conservant la réalité première des symptômes et leurs implications directes dans le quotidien de la patiente et de son entourage. Ici Pierre , le fils unique qui doit prendre à nouveau en charge les troubles maniaco-dépressifs d’une mère échappée d’une clinique psychiatrique. Il va l’accompagner au départ bien malgré lui dans son désordre quotidien avant de retrouver peu à peu le lien maternel qu’il avait délibérément coupé. Sur la mélancolie de ces retrouvailles inopinées,  Julien Charpentier est grandement porté par l’interprétation extraordinaire d’Agnès Jaoui, et le jeu excellent de William Lebghil que l’on n’attendait pas forcément en si bonne posture. 

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