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« La dixième victime » d’Elio Petri. Critique cinéma.

Synopsis: Dans un futur proche, sont régulièrement organisées des chasses à l'homme, pendant lesquelles les meurtres sont autorisés, afin de canaliser l'agressivité et la violence des êtres humains. Les participants sont d'abord chasseurs, puis chassés, jusqu'à atteindre le nombre de 10 participations. Ceux qui parviennent à survivre jusqu'au bout deviennent alors riches et célèbres. Caroline arrive au dixième et ultime tour...

La fiche du film

Le film : "La Dixième victime"
De : Elio Petri
Avec : Marcello Mastroianni, Ursula Andress
Sortie le : 28/01/2015
Distribution : Carlotta Films
Durée : 92 Minutes
Genre : Science fiction, Action, Comédie
Type : Long-métrage
Le film

Les hommes, les femmes sont autorisés à chasser. D’autres hommes ou d’autres femmes… Dix victoires au compteur, et c’est le jackpot . En manque d’argent, Marcello s’attèle à la tâche avec le recul nécessaire à une telle entreprise. On ne laisse pas impunément sur le carreau des innocents qui ne demandent qu’à vivre, jusqu’au jour où le chasseur devient la victime selon le règlement de l’alternance. Marcello guette alors sans inquiétude manifeste son tueur qui ne vient pas.

Notre homme n’est pas méfiant, pas assez, très certainement ; c’est un joueur qui flirte avec le danger, l’apprivoise. Il est vrai que sous les traits d’Ursula Andress, les pensées ne sont pas meurtrières. La belle qui au jeu du chasseur-chassé fait fureur, travaille pour le compte d’une publicité qui imagine faire coup double sur la nouvelle cible.

Veine réaliste de la science-fiction, cette dystopie donnera au cinéma des œuvres d’anticipation : « 1984 », de G. Orwell, «  Fahrenheit 451 » de François Truffaut, triste célébration de l’autodafé. Petri est tout aussi proche de la vérité quand il met, avec une légèreté de mise en scène irréprochable, dos à dos les humains pour mieux les retourner contre eux.

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Il traite les néoréalistes de  vulgaires et se moquent sans excès des adorateurs du soleil  qui pleurent au coucher de leur idole. Car Marcello est un gourou, de vraie pacotille, qui use de  pilules lacrymales pour communier avec ses fidèles. Ursula Andress ne serait-elle pas en train d’en tomber amoureuse?

Filmée sous son meilleur profil (quoi que…), les gros plans dévastateurs de Petri n’engagent que l’héroïne dans le combat qu’elle s’apprête à livrer avec sa dixième et dernière cible. Un combat à distance, chacun peaufinant sa stratégie pour mieux piéger l’adversaire .Un jeu de séduction-répulsion assez amusant dont Petri ne semble pas vouloir se défaire, tant il insiste et retourne sept fois sa caméra avant la conclusion.

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C’est alors à peu près du n’importe quoi, mais dans la logique d’un récit que l’on ne prend pas vraiment au sérieux. Petri joue plutôt le ton de la comédie que celui de la dramatisation. Une petite pointe de tragédie  aurait pu malgré tout  contribuer à l’édification d’une œuvre dont on ne conserve aujourd’hui aucune certitude. Si ce n’est que les hommes sont mortels, et qu’ils participent pleinement à leur déchéance. Vu par Petri, c’est un joli pied de nez.

Les hommes, les femmes sont autorisés à chasser. D’autres hommes ou d’autres femmes… Dix victoires au compteur, et c’est le jackpot . En manque d’argent, Marcello s’attèle à la tâche avec le recul nécessaire à une telle entreprise. On ne laisse pas impunément sur le carreau des innocents qui ne demandent qu’à vivre, jusqu’au jour où le chasseur devient la victime selon le règlement de l’alternance. Marcello guette alors sans inquiétude manifeste son tueur qui ne vient pas. Notre homme n’est pas méfiant, pas assez, très certainement ; c’est un joueur qui flirte avec le danger, l’apprivoise. Il est vrai que sous…

Review Overview

Le film

En imaginant d’après la nouvelle de Robert Sheckley "The Seventh Victim" l’histoire d’un jeu meurtrier, officiel et parfaitement réglementé, Elio Petri renoue avec une histoire vieille comme le monde, en l’affublant des artifices d’une dystopie. Mais l’anticipation est ici vite rattrapée par une mise en scène qui, à la dramaturgie relayée par la cruauté des hommes, préfère la légèreté d’une comédie paisible. Entre Marcello Mastroianni, magnanime et coureur, et Ursula Andress, en perte de vitesse, le jeu du chat et de la souris prime sur l’argumentaire cinématographique. Le duo n’en fait pas trop, mais bien assez pour s'en souvenir aujourd’hui.

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