- 4 mai 1949 en salle

- Reprise 15 juillet 2026
- DVD : Août 2014
- 1h 16min
- Comédie
- Par Jacques Tati, Henri Marquet
- Acteurs : Guy Decomble, Jacques Tati, Maine Vallée, Paul Frankeur, Santa Relli
L’histoire : Jour de fête à Sainte-Sévère : les forains débarquent avec des roulottes, un manège et même un cinéma ambulant pour montrer aux villageois les méthodes modernes de la Poste en Amérique. Avec son vieux vélo François le facteur va tout faire pour les imiter .
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
Pour son premier film au sortir de la guerre, Jacques Tati, un jeuner éalisateur n’y va pas par quatre chemins. Il suit celui de Sainte-Sévère, dans le centre de la France, un tout petit village bien rural, bien oublié, où sa verve drolatique accompagne les élucubrations et les cabrioles d’un facteur peu ordinaire. Jacques Tati en personne l’interprète avec une bonhommie déconcertante.
75 ans plus tard l’œuvre est entrée dans la légende , pour la truculence du propos, le burlesque de l’animation. Jacques Tati renouvelait alors le genre inauguré par les Lloyd, Keaton, Chaplin et autre Linder.
Sur le visage débonnaire du postier maladroit s’affichent toutes les mimiques possibles au regard du monde qu’il découvre . Et que l’on redécouvre aujourd’hui à travers ce documentaire inattendu sur la ruralité de l’après-guerre .
Son église, son café, sa poste, son boulanger, son boucher, et sa fanfare municipale..
Havre de paix, Sainte-Sévère aspire au bonheur le plus tranquille. D’ailleurs le générique de l’époque s’ouvre sur des explosions et des faits de guerre , que le film se propose de faire oublier . Doit-on relier le fait au final du scénario où l’Amérique est saluée comme une valeur-refuge ?
La p’tite mère toute courbée qui ne cesse de regarder ses villageois de très près n’est pas d’accord. Ces américains on a bien le temps de les voir venir, dit-elle à François encore sous le coup de l’efficacité de ses collègues yankees, vus au cinéma.
Il ne va pas s’en remettre .Encouragé par les villageois qui ne lui font pas de cadeau ( moqueur et persifleur… ), il enfourche sa bicyclette , et bat la campagne en butte aux méthodes d’Outre Atlantique.
François fait sa tournée à l’Américaine. Ce que l’on retient longtemps de ce film que l’on voulait joyeux et qui aujourd’hui sous la craquelure des années révèle la face cachée du p’tit blanc qui n’en finit pas, cul sec bien évidemment, jusqu’à l’ivresse provoquée.

Tati a tout regardé, tout observé comme il ne cessera de la faire par la suite , croquant dans ses carnets de notes le monde de son époque . Un documentaliste, un fabuliste, un artiste !
LE SUPPLEMENT
- « A l’américaine » -Un film d’analyse écrit et réalisé par Stéphane Goudet -Le critique et réalisateur propose ici un vaste panorama historique sur l’œuvre inaugurale de MR Tati . C’est passionnant…
Pour fuir le Travail obligatoire , Tati se réfugie en 1943 dans le centre de la France et découvre Sainte-Sévère , la région et ses habitants qui l’accueillent à bras ouverts .« Un havre de paix qui semble protéger ses habitants du bruit et de la fureur de l’histoire » se dit-il, promettant d’y revenir pour tourner un film.
Avant de s’y plonger pleinement, Stéphane Goudet nous fait l’historique des déplacements motorisés ou pas des facteurs à travers les âges. Et l’apparition des premiers films couleurs , dont « Jour de fête » qui pourtant à sa sortie , sera en noir et blanc .

Une seconde caméra filmait auprès de la couleur qui eut quelques problèmes techniques sur certaines bobines.
Le critique rappelle que plusieurs versions du film existent , précédées par un court-métrage « L’école des facteurs » une ébauche en quelque sorte , dont plusieurs gags seront repris dans le long-métrage.
De la technique à l’esprit de l’époque, des aléas du tournage ( mauvais temps, chute de vélo … ) , à l’implication progressive des villageois , plus qu’un style c’est un mode de vie qui apparait . On voit des rushs assez inédits . Le film dans le film en quelque sorte ou alors la vraie vie ..
Le musée Jacques-Tati
Il se trouve à Sainte-Sévère. C’est dans l’Indre et c’est à voir absolument déjà pour sa situation , sur la place même où le fameux chapiteau du cirque s’est installé pour le film. A l’intérieur un musée extrêmement vivant se présente à travers la reconstitution du café du film avec les accessoires d’époque, et la caméra qui va avec. Une scénographie de la place du village propose plusieurs plans animés en direct, en liaison avec les scènes de « Jour de fête » projetées simultanément.
Dans le bureau de poste des années 50 , chaque téléphone vous raconte quelques passages du film. Et je dois en oublier, mais j’ai découvert ce musée par hasard , quand il venait d’ouvrir, et ça demeure un grand souvenir.
Le film
Le bonus
Devenu phénomène, légende, démiurge , Jacques Tati est aujourd’hui célébré comme il se doit. Et 70 ans plus tard , il s’affirme encore plus tel un documentaliste visionnaire . Son premier film allait revisiter les fondamentaux du burlesque et fixer sur la pellicule un témoignage inattendu sur la vie d’un village français au sortir de la seconde guerre mondiale.
Une réalisation à double détente qui des frasques d’un facteur pas très futé aux mœurs de villageois bien français ont fait de ce « Jour de fête » un monument du septième art , indéboulonnable à jamais.
Où déjà l’Amérique tient l’hexagone en respect devant une organisation postale en pointe, incitant notre héros à imiter ses collègues yankees. Il est montré du doigt, moqué , au cœur d’une fête tout à fait populaire .
Où le p’tit vin blanc qui n’en finit pas, cul sec bien évidemment, provoque l’ivresse de notre facteur et du chef de la fanfare.
Tati a tout regardé, tout observé comme il ne cessera de la faire par la suite , croquant dans ses carnets de notes le monde de son époque .
AVIS BONUS
Stéphane Goudet, critique et réalisateur propose un vaste panorama historique sur l'œuvre inaugurale de MR Tati, à travers un documentaire passionnant .
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