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« Inchallah, un fils » de Amjad Al Rasheed. Critique dvd

  • Durée ‏ : ‎ 1 heure et 49 minutes
  • Dvd ‏ : ‎ 2 juillet 2024
  • Cinéma : 06 mars 2024
  • Acteurs ‏ : ‎ Mouna Hawa, Haitham Alomari, Yumna Marwan, Salwa Nakkara, Mohammed Al Jizawi
  • Sous-titres : ‏‎ Français
  • Langue ‏ : ‎ Arabe
  • Studio  ‏ : ‎ Pyramide Vidéo

L’histoire : Jordanie, de nos jours. Après la mort soudaine de son mari, Nawal, 30 ans, doit se battre pour sa part d’héritage, afin de sauver sa fille et sa maison, dans une société où avoir un fils changerait la donne.

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article

  • Le Film : 
  • Les bonus :

Prix Fondation Gan à la Diffusion 2023

Plusieurs films moyen-orientaux récents évoquent la situation déplorable des femmes confrontées à un patriarcat radical. Il est aussi question fréquemment du problème de l’avortement dans des pays , où l’acte est strictement réglementé ( sur des principes religieux ), voire totalement interdit.

Dans ce contexte Amjad Al Rasheed reprend dans son premier film, une histoire personnelle, presque familiale pour accompagner une jeune veuve Nawal dans le dédale administratif où l’ont conduite toutes ses démarches post-mortem.

Devant faire face aux engagements de son mari ( elle en ignorait certains ), Nawal se retrouve principalement acculée par l’un de ses frères. Rifqi (Haitham Omari) réclame rapidement sa part d’héritage. Un tonton aux empressements si particuliers qu’il prend quasiment sous sa protection ( en otage ?) sa petite nièce Rula, et souhaite la voir rejoindre sa famille.

Le début d’un engrenage que le réalisateur assume avec un naturalisme désarmant, tant les situations sont absurdes, inhumaines. Elles plongent Nawal dans une suite de déconvenues de plus en plus alarmantes. Rifqi va porter plainte : il veut la virer de chez elle  . Il  prend déjà en charge la petite Rula à la sortie de l’école.

Sa maman est encore au travail , employée de maison d’une famille grosse fortune mais petit cœur. Devant l’infidélité de son époux, et une grossesse dont elle veut se défaire ,celui de la fille aînée est en train de flancher. Nawal vient à son aide et espère un retour…

La jeune femme est sur le qui-vive. Elle réplique, s’obstine ( elle ne vendra pas sa voiture ) défiant peu à peu tous les principes autoritaires du patriarcat et de son gouvernement.  Une lutte  que Mouna Hawa porte superbement avec énergie et détermination, toujours combattante auprès de sa petite fille dont les rapports sont super bien filmés. Et la petite Ruda, est radieuse !

LES SUPPLEMENTS

  •  Entretien avec Amjad Al Rasheed-La question des femmes en Jordanie et dans le monde arabe. « Je parle de lois spécifiques à mon pays, mais via l’histoire je pense atteindre d’autres luttes féminines dans le monde entier »  

« Nawal se bat pour reprendre ce qui lui appartient » ,  ou le début d’une tentative d’explications de l’attitude des protagonistes, dont son propre frère qui la presse de régler les questions administratives afin de se partager l’héritage.

«  Je voulais saisir les moments mère-fille de manière authentique » dit-il en se félicitant du choix de la petite Rula, « qui saisissait les émotions. Elle est assez mature pour son âge ». Mais bizarrement elle n’apparait pas au générique

«  Quant à Mouna Hawa , elle vivait en Palestine, j’étais en Jordanie, les premiers échanges se sont faits en vidéos, sur des sujets variés, je voulais savoir ce qu’elle pensait de tout ça, quel était son point de vue, et pour moi ça fonctionnait ».

«  Je l’ai d’ailleurs fait avec la plupart des acteurs », dont il passe en revue le « CV »

  • Le passage à Cannes ( 3 mn ) .
Durée ‏ : ‎ 1 heure et 49 minutes Dvd ‏ : ‎ 2 juillet 2024 Cinéma : 06 mars 2024 Acteurs ‏ : ‎ Mouna Hawa, Haitham Alomari, Yumna Marwan, Salwa Nakkara, Mohammed Al Jizawi Sous-titres : ‏‎ Français Langue ‏ : ‎ Arabe Studio  ‏ : ‎ Pyramide Vidéo L'histoire : Jordanie, de nos jours. Après la mort soudaine de son mari, Nawal, 30 ans, doit se battre pour sa part d’héritage, afin de sauver sa fille et sa maison, dans une société où avoir un fils changerait la donne. Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin…
Le film
Les bonus

Un premier film pleinement réussi sur la condition féminine en Jordanie. Un sujet souvent abordé dernièrement dans les films du Moyen-Orient ( patriarcat, avortement … ) mais cette fois le portrait est celui d’une femme combattante. Elle va se battre contre tous les principes établis par quelques hommes, voire des religieux, et qui une fois appliqués à sa situation l'ont conduite directement à la rue. Avec sa petite fille dont les rapports sont superbement bien filmés. A l’image de l’ensemble de ce récit porté de la tête et des épaules par Mouna Hawa , avec énergie et détermination. Le réalisme naturel de la mise en scène favorise cette éclosion de sincérité chez l’héroïne qui devenue veuve très jeune, devra passer par bien des déconvenues avant de faire valoir ses droits. La naissance d’un garçon favoriserait bien les choses …

AVIS BONUS Une rencontre avec le réalisateur qui explique ses intentions et passe en revue son casting

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