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« Les Maudits » de René Clément . Critique DVD

Synopsis: Le IIIe Reich est à l'agonie. Des nazis et des collaborateurs embarquent dans un sous-marin pour l’Amérique du Sud.Le docteur Guibert y est emmené de force, pour y soigner une femme blessée. L’annonce de la défaite attise les haines et les intrigues.

La fiche du DVD / Blu-Ray

Le film : "Les Maudits"
De : Rene Clement
Avec : Paul Bernard, Henri Vidal
Sortie le : 23 septe 2010
Distribution : Gaumont
Durée : 98 minutes
Film classé : Tous publics
Nombre de DVD / Blu-Ray : 1
Le film
Les bonus

Le film de René Clément demeure «  une étape décisive dans le genre » selon Denitza Bantcheva auteur d’un ouvrage sur le cinéaste. «  Par son côté véritablement claustrophobe et très réaliste ». Et sa vision documentariste sur un grand moment de l’Histoire (la fuite des dignitaires nazis à la fin de la seconde guerre mondiale) sur une mise en scène au cordeau, magnifique.

Un général allemand, un chef de la Gestapo et son adjoint, un industriel italien et sa femme, un journaliste « collabo », un savant compromis voilà le joli tableau qui prend place à bord du sous-marin . En l’absence d’un médecin, un petit commando retourne à terre et conduit de force le docteur Guibert qui ne s’imagine pas vivre alors une incroyable odyssée.

Un huis clos imposé dans le décor sous-marin au cœur duquel René Clément se rend maître d’une situation qui au fil du voyage ne peut qu’empirer. Par le confinement général, et la situation d’une armée dont les défaites annoncées, alimentent les intrigues et les alliances contre-nature.

Son tour de force est de nous faire oublier très rapidement les bons et les méchants. Les personnages prennent de l’épaisseur au fil du récit, pour donner toute la mesure de leur caractère et de leur psychologie, de leurs angoisses, et leurs haines, dans ce qui deviendra au final un sauve qui peut général.

Le suspense est de tous les instants. Aucun manichéisme sur les rapports humains disséqués avec un objectif d’une très grande pertinence.

Ce qui permet à l’interprétation de jolis instants d’émotion et de spontanéité. C’est assez rigoureux dans la forme, mais sur le fond l’ensemble devient fluide et l’évidence, s’impose.

La scène de l’agent infiltré en train de retourner sa veste au profit des américains  (Marcel Dalio ) suivi de celle du hangar à café ( il faut bien respirer un peu , et sortir du sous-marin)  sont à ce titre des modèle du genre .

Je ne sais pas si la voix off était alors monnaie courante, mais celle du héros confronté à ses incertitudes ajoute un piment supplémentaire au travail de comédien de Henri Vidal . Dans une posture qui paraît évidente, mais qu’il faut pouvoir restituer sans caricature Jo Dest, plus nazi tu meurs ! est aussi absolument prodigieux.

LE SUPPLEMENT

  • «  René Clément, ou le cinéma de  l’épure ». 53 mn. Ce documentaire de Dominique Maillet retrace la carrière d’un homme et celle d’un réalisateur, dans la vie si courtois et attentionné, mais  «  un dictateur » sur un plateau raconte Claude Pinoteau, qui fut son assistant. «  Sur le plateau, tout le monde était au garde à vous » confirme  Costa-Gavras.

Les témoignages convergent ainsi autour d’une Nouvelle Vague qui ne pouvait souffrir le cinéma de René Clément, François Truffaut en particulier. «  C’était un rival » poursuit l’auteur de « Amen » , « et  par ailleurs, il  suivait très peu l’actualité du cinéma, ce qui déplaisait .Il ne savait pas non plus se mettre en avant ».

photo les maudits

Une fois le portrait brossé, on se dirige sur les pas d’un réalisateur pointilleux, «  très exigeant pour lui-même et pour les autres. C’est quelqu’un qui aimait la précision, tous les paramètres d’un film devant se mettre en perspective » relève le cinéaste Dominique Delouche.

Ce sera le cas pour  «  Les Maudits » dont l’histoire est relatée ici à travers le travail d’un technicien reconnu et recherché par ses pairs. Il avait notamment fait construire un vrai sous marin, aux cotes exactes  et sans ouverture possible, ce qui aurait permis des astuces de réalisation.  Pour «  Un prophète », Audiard utilisera le même procédé sur la prison .

Le film de René Clément demeure «  une étape décisive dans le genre » selon Denitza Bantcheva auteur d’un ouvrage sur le cinéaste. «  Par son côté véritablement claustrophobe et très réaliste ». Et sa vision documentariste sur un grand moment de l’Histoire (la fuite des dignitaires nazis à la fin de la seconde guerre mondiale) sur une mise en scène au cordeau, magnifique. Un général allemand, un chef de la Gestapo et son adjoint, un industriel italien et sa femme, un journaliste "collabo", un savant compromis voilà le joli tableau qui prend place à bord du sous-marin . En l’absence d’un médecin, un petit…

Review Overview

Le film
Les bonus

Réalisé juste à la fin de la seconde guerre mondiale, ce film de " sous-marin" demeure un modèle du genre , avec une mise en scène magnifique , et une histoire palpitante.

Avis Bonus : Le portrait de René Clément par ses anciens assistants permet de retracer une carrière et de re-situer le film dans son époque . Instructif .

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