- « J’avais en tête l’idée d’écrire sur un baron qui avait effectivement fait passer un bateau d’une rivière à l’autre, en le démontant , c’est cette histoire qui m’intéressait, pas celle du baron en tant que tel , je voulais une histoire sur un grand opéra dans la jungle ».
Werner Herzog dans cet excellent documentaire n’est jamais avare de propos et commentaires sur son film qui lui vaudra pourtant bien des déboires avant de voir le jour sur un écran.
Le choix géographique ? Trouver deux rivières proches séparées par une montagne, mais la situation militaire du secteur retenu est très délicate et entre les populations autochtones c’est aussi très tendu. Pourtant l’équipe s’y pose, mais très vite les rumeurs les plus folles courent. Devant la menace (le camp sera encerclé par des indiens en arme), la production s’en va et trouve un nouveau lieu de tournage à 2.300 km plus au nord, Iquitos.
Le tournage débute avec Jason Robards dans le rôle de Fitzcarraldo. Au bout de cinq semaines, l’acteur est atteint de dysenterie et ne reviendra plus. A ses côtés Mick Jagger qui jouait son assistant renonce à poursuivre l’aventure en raison d’une tournée prévue bien avant. 40% des images étaient dans la boîte, il fallait repartir à zéro. Le personnage de Jagger sera abandonné, « il est irremplaçable » assure le réalisateur.
On assiste ensuite à plusieurs journées de tournage, souvent commentées par Werner Herzog qui explique ainsi calmement pourquoi trois bateaux identiques sont nécessaires pour réussir les différentes prises. Après quoi le tournage se poursuit à 2.400 km plus au sud : une journée en avion, 15 par la rivière…
Je pourrais continuer à raconter cet extraordinaire documentaire, magnifique témoignage de ce que fut l’aventure d’un film effectivement hors du commun. Un reportage de grande qualité. Un making of avant la lettre. Laissez-vous porter par le courant amazonien.

