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« Un lugar más grande » de Nicolas Défossé. Critique cinéma

  • 22 avril 2026 en salle
  •  1h 55min
  •  Documentaire
  • Par Nicolas Défossé

L’histoire : Au Chiapas, dans le sud du Mexique, les habitants de Tila et d’autres villages ont expulsé la mairie et la police et visent l’autogouvernement. « Un lugar más grande » explore la construction de l’autonomie au quotidien,. Un processus collectif, une responsabilité envers soi-même et envers les autres. Une aventure d’inspiration zapatiste en territoire maya.

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article

  • Le film   :

Sans quelques explications périphériques préalables il est peut-être difficile d’aborder ce documentaire qui se révèle fort intéressant tout autant qu’intrigant.

Résumons . Dans une région du sud Mexique, le Chiapas, plusieurs villages se sont soulevés contre l’autoritarisme de leurs municipalités, la brutalité de la police, et la violence de groupes paramilitaires.

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L’influence zapatiste est patente et désormais  les villageois gèrent leur quotidien. Circulation, collecte des poubelles, administration de la justice ( dont l’adultère ) … rien n’échappe à leurs sagacité toute relative. L’ensemble parait assez paisible et la bonne humeur règne, dans une ambiance paradoxale de siège permanent.

Une voiture suspecte à l’entrée de la ville et les talkie-walkie chauffent de plus belle pour contrôler le véhicule. La prudence est quotidienne et les appels à la vigilance très fréquents.

« Quand on monte la garde, on nous prend en photo, si tu sors de la ville , la police te choppe ».

Le spectre des milices paramilitaires est permanent, tant leur souvenir demeure terrible.  En Janvier et mars 2024, deux villageois très actifs ont été assassinés.

Alors on arrête les inconnus, des étrangers à la ville  « on ne connait pas leurs intentions, ils peuvent vouloir nous manipuler » . Et se répètent à loisir leurs peurs, leurs craintes, le besoin de se prévenir du mal possible.

Il faudrait tout un chapitre pour saluer les assemblées de quartier où tout un chacun assume sa part de responsabilité dans l’organisation des services . Une démocratie populaire à ciel ouvert, les faiblesses , les manques, les absences y sont pointés.

Tel un exutoire, le traditionnel combat entre les taureaux et les tigres

Entraide , solidarité, collectivité, un ensemble difficile à concilier au sein des quartiers qui ne participent pas de la même façon . Avec l’intrusion possible de forces extérieures , c’est l’autre grand danger de déstabilisation de l’autogouvernance .

A la fin du documentaire, elle est toujours en place, solide et structurée. Mais sans véritable perspective d’avenir. Elle se conforte au jour le jour, sous la protection divine, elle aussi incessante. Dieu qui leur vient en aide, ils y ont beaucoup recours .

Nicolas Défossé, très altruiste dans sa démarche, l’a semble-t-il cherché à son tour dans les incantations aux morts, la nuit à la pleine lune des cimetières sauvages. Mais cette fois sa caméra n’a rien pu filmer …

22 avril 2026 en salle  1h 55min  Documentaire Par Nicolas Défossé L'histoire : Au Chiapas, dans le sud du Mexique, les habitants de Tila et d’autres villages ont expulsé la mairie et la police et visent l'autogouvernement. "Un lugar más grande" explore la construction de l'autonomie au quotidien,. Un processus collectif, une responsabilité envers soi-même et envers les autres. Une aventure d’inspiration zapatiste en territoire maya. Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article Le film   : Sans quelques explications périphériques préalables il est peut-être difficile d’aborder ce documentaire qui se révèle fort intéressant tout autant qu’intrigant. Résumons .…
Le documentaire

Chiapas, sud-est du Mexique. En expulsant les autorités locales et la police, plusieurs villages s’engagent dans l’autogouvernance . Un défi que Nicolas Défossé suit à la trace près dans Tila où les habitants ne paraissent pas plus préoccupés par l’administration populaire quotidienne qui tient malgré tout un emploi du temps très chargé. Très immersive et altruiste sa caméra donne à voir les faiblesses d’un système contrecarrées par une dynamique démocrate de tous les instants. Il faudrait tout un chapitre pour saluer les assemblées de quartier où tout un chacun assume sa part de responsabilité dans l’organisation des services . Entraide , solidarité, collectivité, cet ensemble demeure malgré tout  difficile à concilier à travers la commune . C’est l’un des grands dangers de déstabilisation de l’autogouvernance dans cette contrée marquée par la violence paramilitaire, péniblement contrecarrée l’esprit zapatiste. A la fin du documentaire, elle est toujours en place. « C’est calme » dit une voix off  « mais les personnes malveillantes ne sont pas loin, elles attendent ». 4

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