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« Fitzcarraldo » de Werner Herzog. Critique cinéma

  • 16 juin 1982 en salle
  • Reprise 22 avril 2026
  •  2h 37min | Aventure
  •  Par Werner Herzog
  • Avec Klaus Kinski, Claudia Cardinale, José Lewgoy
L’histoire : Brian Sweene Fitzgerald, dit Fitzcarraldo, rêve de construire le plus grand opéra du monde à Iquitos, au cœur de l’Amazonie. Pour gagner l’argent nécessaire, il achète une concession de caoutchouc le long du fleuve Uycali, réputé inaccessible . Pour l’atteindre, Fitzcarraldo descend le fleuve Pachitea, séparé de l’Uycali par une montagne. Il devra hisser son bateau à vapeur en haut de la montagne pour basculer sur l’autre versant. Sa tentative finit par échouer …

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1982.

Le cinéma de la démesure. J’en reviens toujours à Fellini qui nous faisait rêver, mais j’oubliais ce Herzog impétueux, ce «  Fitzcarraldo » flamboyant, devant et derrière l’écran. On a tant dit sur les conditions incroyables du tournage que je crois qu’une légende s’est forgée bien au-delà de la vérité. L’excellent documentaire servi en bonus me contredit.

Ce qui demeure certain, c’est ce film à nul autre pareil. Il s’inspire d’une histoire vraie pour conter la folie ordinaire d’un homme ravagé par l’Opéra. 2000 km sur l’Amazone pour voir et entendre Caruso, avant de l’imaginer à ses pieds dans son propre établissement, au cœur de la jungle bolivienne.

Il faut le construire cet édifice et c’est l’aventure périlleuse qui commence sur terre et surtout sur fleuve et rivières, dans la grandiloquence d’un périple que le réalisateur allemand filme avec une majesté incongrue. Une grâce qui n’appartient qu’à l’inaccessible rêve de ce personnage aux ambitions démesurées.

Comme il est impossible de franchir les rapides de Pongo, c’est par la montagne que son équipage et le bateau, rafistolé à la dernière minute, passeront pour atteindre l’autre rivière menant sur le chantier. Le regard est allumé, la chevelure en crinière blonde et les pommettes saillantes, par tant d’énergie et d’efforts consumés. Klaus Kinski, le très grand.

L’équipage justement : un capitaine qui ne navigue plus depuis des lustres (Paul Hittscher ), un cuisinier ivrogne, un mécanicien l’air méchant. Mais notre héros doit composer avec, après avoir essuyé les moqueries de ses condisciples.

fitzcarraldo

Il  en veut aux richards (José Lewgoy ), aux nababs, qui jettent l’argent par les fenêtres alors qu’il peine à réunir quelques fonds pour quelques broutilles. Ruiné une première fois pour un train qu’il imaginait circuler au milieu de la jungle, Fitzcarraldo a repris son bâton de pèlerin, aidé par la belle Molly, (Claudia Cardinale), une  tenancière d’un bordel. Si les clients le gênent, pas les filles,l’argent que lui confie son amie n’a pas d’odeur.

Comme cette déforestation sauvage qui relève d’un  colonialisme faussement civilisateur, exploitant sans vergogne la forêt et son caoutchouc. Fitzcarraldo n’en a cure, s’étonnant quand même un peu de la bonne volonté des Indiens de la contrée dont la réputation n’est pas des plus tendre. Une main d’œuvre bon marché et très volontaire.

La révélation d’une telle complicité donne au final le grandiose des scènes d’opéra ( le film n’est-il pas construit selon la structure d’une œuvre lyrique ? ) , sa grandiloquence, et son drame que le héros saura transformer en victoire.

Fitzcarraldo

Un excentrique, un visionnaire génialement interprété par Klaus Kinski dans une verve immodérée, aux côtés de Claudia Cardinale , tout aussi fantaisiste que son compagnon de bordée, la sagesse en plus. Il en faudra beaucoup pour contenir sa fougue . La canaliser semblait impossible. Et d’ailleurs Herzog n’y tenait pas vraiment.

  • « Burden of dreams » de Les Blank, le documentaire sur le film :  cliquez-ici
16 juin 1982 en salle Reprise 22 avril 2026  2h 37min | Aventure  Par Werner Herzog Avec Klaus Kinski, Claudia Cardinale, José Lewgoy L'histoire : Brian Sweene Fitzgerald, dit Fitzcarraldo, rêve de construire le plus grand opéra du monde à Iquitos, au cœur de l’Amazonie. Pour gagner l’argent nécessaire, il achète une concession de caoutchouc le long du fleuve Uycali, réputé inaccessible . Pour l'atteindre, Fitzcarraldo descend le fleuve Pachitea, séparé de l’Uycali par une montagne. Il devra hisser son bateau à vapeur en haut de la montagne pour basculer sur l’autre versant. Sa tentative finit par échouer ... Prix de la mise en scène au Festival de…
Le film

Werner Herzog a écrit l’une des plus grandes pages du cinéma mondial. 40 ans plus tard elle n’est nullement écornée par la démesure et la flamboyance d’une mise en scène totalement en accord avec l’histoire inspirée d’un fait réel. Ou la folie ordinaire d’un homme ravagé par l’Opéra qui imagine en construire un au cœur de la jungle amazonienne . Comme il est impossible de franchir les rapides de Pongo, c’est par la montagne que son équipage et le bateau, rafistolé à la dernière minute, passeront pour atteindre l’autre rivière menant sur le chantier. Il lui faudra alors braver « la forêt vierge, pleine d’illusions , de mensonges et de démons ». Le peuple qui y vit , inquiétant , imprévisible n’est pas le moindre des dangers. Herzog ne s’épargne pas un instant dans une grandiose mise en scène en compagnie d’une palette d’acteurs tout aussi imposants, Klaus Kinski en tête. Il est génial !

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