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« Après la tempête » de Hirokazu Koreeda. Critique cinéma

Synopsis: Malgré un début de carrière d'écrivain prometteur, Ryota accumule les désillusions. Divorcé de Kyoko, il gaspille le peu d'argent que lui rapporte son travail de détective privé en jouant aux courses, jusqu'à ne plus pouvoir payer la pension alimentaire de son fils de 11 ans, Shingo. A présent, Ryota tente de regagner la confiance des siens et de se faire une place dans la vie de son fils. Cela semble bien mal parti jusqu'au jour où un typhon contraint toute la famille à passer une nuit ensemble...

La fiche du film

Le film : "Après la tempête"
De : Hirokazu Kore-eda
Avec : Hiroshi Abe, Yoko Maki
Sortie le : 26/04/2017
Distribution : Le Pacte
Durée : 118 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

En suivant la filmographie de Hirokazu Kore-eda (*), j’ai l’impression que le réalisateur japonais tend de plus en plus vers l’épure, avec des récits à peine portés par la mise en scène et une syntaxe cinématographique à minima. Un mode mineur en quelque sorte…

Un couple qui se sépare, le cinéma en a vu des tonnes. Kore-eda reprend le thème sur l’idée de la piété filiale que les protagonistes revendiquent pour saluer leurs ancêtres. A l’image de Kirin Kiki, la grand-mère illustre à merveille ce cadre familial dans lequel le cinéaste va nous cantonner pendant près de deux heures.

Sans le sou, ni grand moyen, la vieille dame réussit à fédérer ce qui peut l’être encore, à savoir un petit-fils balloté entre des parents dissociés. Elle (Yoko Maki) ne supporte plus un mari qui après avoir connu un ersatz de succès littéraire est retombé dans la débine et les combines. Démuni, il tente de gagner un peu d’argent comme détective privé afin de subvenir aux besoins de la pension alimentaire.

Parmi ses filatures, celle de son ex-épouse qu’il ne supporte pas de voir avec un autre homme…

C’est le minimum qu’il puisse faire. Il n’y arrive pas vraiment. Hiroshi Abe est prodigieux dans sa défroque de papa à la dérive, qui s’accroche à la moindre balle de baseball de son gamin, à qui il ne peut même pas offrir le fameux gant. Car Shinoda est un joueur à tous les étages, il joue avec sa femme et ses sentiments perdus et joue à qui perd gagne dans ses enquêtes minables sur des couples tout aussi minables.

Kore-eda ne dit rien de plus dans ses accumulations de poncifs murmurés et de formules toutes faites qui nous font sourire par le décalage à l’emporte-pièce qu’elles provoquent. La situation n’est donc pas grave, mais désespérée. En protégeant son fiston, Shinoda ne recherche que son propre père disparu dans les registres du Mont de piété qu’il fréquentait assidûment. La famille n’a jamais eu d’argent, les fiches des nombreux dépôts paternels lui révèle une autre vie.

Et par la grâce d’un typhon plus salvateur que destructeur, le voici à nouveau au cœur de sa petite famille momentanément recomposée. Ça pourrait être le début d’une nouvelle belle histoire, mais dans le confinement du petit appartement maternel il n’y a plus de place pour l’amour et les sentiments . C’est presque triste à mourir…

  • (*) Un réalisateur que l’on retrouve dans ce blog :

« Notre petite soeur » (2015)

« Tel père, tel fils » (2013 )

« I wish-Nos voeux secrets » (2012)

« Still walking » (2009)

En suivant la filmographie de Hirokazu Kore-eda (*), j’ai l’impression que le réalisateur japonais tend de plus en plus vers l’épure, avec des récits à peine portés par la mise en scène et une syntaxe cinématographique à minima. Un mode mineur en quelque sorte... Un couple qui se sépare, le cinéma en a vu des tonnes. Kore-eda reprend le thème sur l’idée de la piété filiale que les protagonistes revendiquent pour saluer leurs ancêtres. A l’image de Kirin Kiki, la grand-mère illustre à merveille ce cadre familial dans lequel le cinéaste va nous cantonner pendant près de deux heures. Sans le…
Le film

Sans l’interprétation forte et prégnante des comédiens dont Hiroshi Abe et Kirin Kiki ( "Les délices de Tokyo") , je ne sais pas si j’aurais tenu les deux heures murmurées à l’oreille des spectateurs contraints de suivre une tentative de réconciliation entre un homme et une femme qui ont déjà semble-t-il opté pour d’autres horizons. Kore-eda qui fait de plus en plus dans l’épure et la réalisation à minima entend ici nous rappeler que le socle familial demeure celui des ancêtres à travers le très beau portrait de la grand-mère qui par la grâce d’un typhon salvateur réussit une dernière fois à réunir le couple séparé. Elle va tour à tour « négocier », l’air de rien, avec son fils et son ex belle fille, mais dans le confinement de son petit appartement, l’amour et les sentiments ne trouvent plus leur place

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