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« Un peuple et son roi » de Pierre Schoeller. Critique cinéma

Synopsis: En 1789, un peuple est entré en révolution. Écoutons ces hommes et ces femmes, le peuple, et aussi des figures historiques. Leur lieu de rencontre est la toute jeune Assemblée nationale. Au coeur de l’histoire, il y a le sort du Roi et le surgissement de la République…

La fiche du film

Le film : "Un Peuple et son roi"
De : Pierre Schoeller
Avec : Gaspard Ulliel, Adèle Haenel
Sortie le : 26/09/2018
Distribution : StudioCanal
Durée : 121 Minutes
Genre : Drame, Historique
Type : Long-métrage
le film

Un peuple et son roi. Déjà, Pierre Schoeller évite le mot qui fâche. Révolution ! Et la manière dont on prend la Bastille, ce sont des pierres qui tombent et laissent passer le soleil dans la rue. Jolie métaphore poétique pour dire la liberté qui ne cesse de parcourir cette page interminable de l’Histoire de France que le réalisateur imprime de façon très particulière.

A la linéarité paresseuse d’un récit dont on connait la fin, Pierre Schoeller préfère des tableaux, des séquences, des impressions. Miroirs et facettes d’un monde qui se projette dans ce siècle malmené par l’aristocratie triomphante. Le Jeudi Saint, le roi lave les pieds des pauvres. « Un jour j’aurais des sabots » dit l’un d’entre eux au monarque abasourdi.

La Révolution est en marche et Schoeller en dessine les contours avec doigté et petites touches singulières. Acte I, scène II ou III, ou tout autre illustration sur l’art de reprendre l’Histoire. Le peuple se meurt et dans son atelier le maître verrier s’épuise sur un four incandescent.

Olivier Gourmet toujours aussi parfait quand résonne la mitraille et la fatalité misérable des femmes de combat. Des lavandières guidées par le peuple et les airs de révolte qui plissent leur sourire. On voit là Noémie Lvovsky, Izia Higelin, Céline Sallette emportées par l’élan patriotique d’une mise en scène paradoxale, sans tapage.

Et puis Adèle Haenel que le réalisateur confond parfois avec un modèle de beauté.

Etrange séance photo dans le cadre de la fenêtre du grenier où la belle vient de convaincre Basile (Gaspard Ulliel) de mêler son cœur au combat populaire. La lumière est sans égale, blanche éclatante à la veille du rouge sang qui s’apprête à couler dans les caniveaux. Au cœur de Paris où la Constituante s’époumone sur le sens à donner à cette révolution. Comme il faut bien enfin l’appeler quand les ténors de l’Assemblée rivalisent d’excès et de menaces.

Pierre Schoeller s’attarde un peu trop dans cette enceinte, visiblement ravi du spectacle qui s’offre et confère à l’Histoire son véritable sens. Pédagogue, il en démonte le mécanisme avec un fougueux Marat, un Robespierre attentiste, et Saint-Just tout aussi rigoriste. Des personnages historiques que Denis Lavant, Louis Garrel et Niels Schneider rendent légendaires. Ils sont très vrais quand l’objet de leurs ressentiments se découvre chez Laurent Laffite, étranger à l’imagerie commune.

Un petit rôle pour le sociétaire de la Comédie Française, approprié, qui sonne juste. Le film l’est tout autant.

  • 1789 dans ce blog  … :

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le film

A nouveau la Révolution Française de 1789 au cinéma, avec cette fois des intentions différentes dans la mise en scène qui à la linéarité formelle offre ici une suite de tableaux et de séquences sans véritable lien si ce n’est le sens profond de l’Histoire que le cinéaste inscrit dans un contexte réel porté par les écrits des historiens et la parole des représentants du peuple. Ce peuple ici composé de figures emblématiques de notre cinéma et qui d’Olivier Gourmet à Niels Schneider inventorient à juste titre les tenants et les aboutissants d’une aventure sans pareille. Malgré quelques longueurs dans l’enceinte de la Constituante et une étonnante séance photos autour d’Adèle Haenel, par ailleurs conforme à son talent, on ne peut que se réjouir de ce nouvel exercice cinématographique.

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