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« The Machinist » de Brad Anderson. Critique Blu-ray

 

  • Dvd : 3 mars 2021
  • RéalisateurBrad Anderson
  • ActeursChristian Bale, Jennifer Jason Leigh, Aitana Sánchez-Gijón, John Sharian, Michael Ironside
  • Durée101 minutes
  • Langue : Anglais , Français
  • Sous-titres : Français
  • Studio ESC Editions

L’histoire : Trevor Reznik est ouvrier dans une usine. Un métier répétitif, fatiguant. La moindre inattention peut avoir des conséquences dramatiques. Trevor est très fatigué. Il n’a pas dormi depuis un an.
Il partage ses nuits entre la cafétéria de l’aéroport, où il retrouve Marie, la serveuse, et l’appartement de la prostituée Stevie.
La vie de Trevor est de plus en plus étrange. Qui laisse des messages codés dans son appartement ? Stevie semble bien connaître le nouvel arrivé à  l’usine, Ivan. Pourquoi ne lui a-t-elle rien dit ? Inquiétant, dérangeant, il le surveille …

 

Film :

Bonus :

Dans le genre, policier-psycho-fantastique, on vous tricote des histoires qui vous embrouillent bien comme il faut . Avant de vous dire au final que vous n’étiez qu’un bêta pour ne pas avoir compris le b.a.-ba de la situation.

Et surtout ses réminiscences narratives semées tout au long du récit comme nous le rappelle le scénariste Scott Kosar, adepte d’un tel mode opératoire.

Soit un homme sorti de presque de nulle part, sinon d’un hypothétique camp de concentration nazi d’autrefois, visage émacié, corps squelettique, et le regard hagard.

Profil étrange, posture bizarre. A l’usine, il ne fait pas l’unanimité, son chef d’atelier (Craig Stevenson) lui mène la vie dure. Caricature. Dehors, il prend son café au bar de l’aéroport, la serveuse ( Aitana Sánchez-Gijón ) lui plait beaucoup et puis rejoint Stevie la nuit, pour quelques billets ( Jennifer Jason Leigh).

Un ordonnancement d’obsessionnel, taraudé par des voix intérieures et des messages agglutinés sur la porte de son frigo. Il n’y comprend rien, et surtout pas leur provenance. Paranoïa ambiante, juste contrôlée par les deux femmes de  sa vie dont il se rapproche amoureusement.

Trevor n’est pourtant pas très attirant, et Christian Bale a bien du mérite dans ce physique de contre-emploi . Il en use de manière extrême pour amener son personnage aux confins de la folie. Ce qui nous procure quelques pistes, des hypothèses plutôt, sur le mal quasi endémique qui emprisonne ce corps presque sans vie.

Dans une voie sans issue, Trévor trouve auprès de Stevie un réconfort qu’il ne va pas pouvoir mettre à profit

N’étant pas fin psychologue je n’ai pas cerné très exactement le profil du héros confiné dans sa schizophrénie , de plus en plus frénétique et dangereuse. Où toute son enfance reprend le cours de son existence et se mêle à des situations qu’il a déjà vécues. L’issue du cauchemar ?

Brad Anderson aligne les clichés transgressifs du genre, ajoutant à la lumière froide environnante, une lueur attentiste. A l’image des voies qui se séparent ( sur l’autoroute, dans le tunnel et le train fantôme) elle relance un autre défi.

Sur le mode policier-psycho-fantastique, rien à redire, c’est propre, sans bavure, à peine effrayant. Mais ça le fait !

Ivan ( John Sarian) un très beau personnage dans ce film, mais une énigme de plus pour le héros…

 

LES SUPPLEMENTS

  • Le point de vue de Christophe Lemaire. Le journaliste note lui aussi la performance physique de Christian Bale qui aura perdu 27 kg pour le rôle. «  Il était dans un état d’extrême fatigue, et sur le tournage s’empêchait de dormir, il a joué avec sa santé ».

«  C’est l’un des plus grands acteurs au monde » . Christophe Lemaire remarque qu’à plusieurs reprises l’acteur saura perdre ou gagner du poids . Il atteint les 100 kg sur Batman, perd 24 kg pour jouer « Rescue Dawn » de Werner Herzog ou en reprend une vingtaine pour interpréter «  l’un de ses meilleurs rôles (Dick Cheney) dans -Vice- de Adam McKay».

Question : quel est le poids d’origine de Christian Bale ?

  •  Making off : «  Je fais un film que j’ai envie de regarder, qu’importe si les gens aiment ou pas » prévient Christian Bale au milieu des coulisses où l’on nous montre pas mal de choses. «  Je veux sur la couverture un plan bizarre avec le 10 mm » lance le réalisateur qui lui aussi raconte sa stupéfaction lorsqu’il a accueilli son héro sur le plateau de tournage.

«  J’ai réussi à me détruire au point que ça en devenait ridicule quand je devais courir par exemple. (… ) Je n’ai pas mangé, c’est tout ».

Beaucoup de financiers ont demandé à revoir le scénario, mais les producteurs espagnols ont estimé «  que sa vision correspondait à la nôtre ».  Le grand défi : faire ressembler Barcelone à une grande ville américaine. On assiste là encore à la transformation, avec beaucoup d’autres accès aux coulisses.

Brad Anderson dirige Christian Bale
  • Rencontre avec Brad Anderson. «  A Hollywood, tout doit est lisible en une phrase et mon scénario en était loin. C’est pourquoi je me suis tourné vers l’Espagne où les producteurs appréciaient mon travail. La condition étant qu’il fallait tourner à Barcelone ce qui a été un défi, et puis une aubaine pour le film. On ne sait pas où ça se passe et c’est très bien , aucune indication personnelle ».
  • Scènes coupées. Il y en a beaucoup, certaines très intéressantes mais trop prévisibles sur la résolutions d’une énigme que le réalisateur tente de garder le plus longtemps possible.

Il est alors évident que les deux séquences dans le cimetière , une première sur la tombe de Nicholas, une seconde en compagnie de sa mère, surprise de trouver un étranger , casseraient tout l’intérêt de l’intrigue.

J’aime bien aussi quand il retourne chez la prostituée et qu’elle le fait attendre dans le couloir que son client soit parti…

  Dvd : 3 mars 2021 Réalisateur : Brad Anderson Acteurs : Christian Bale, Jennifer Jason Leigh, Aitana Sánchez-Gijón, John Sharian, Michael Ironside Durée : 101 minutes Langue : Anglais , Français Sous-titres : Français Studio  : ESC Editions L'histoire : Trevor Reznik est ouvrier dans une usine. Un métier répétitif, fatiguant. La moindre inattention peut avoir des conséquences dramatiques. Trevor est très fatigué. Il n'a pas dormi depuis un an. Il partage ses nuits entre la cafétéria de l'aéroport, où il retrouve Marie, la serveuse, et l'appartement de la prostituée Stevie. La vie de Trevor est de plus en plus étrange. Qui laisse des…
Le film
Les bonus

Si je n’avais pas vu la fin venir de cette manière ( manque de psychologie et d’attirance pour le genre ) le reste me parait assez conforme au mode policier-psycho-fantastique. On vous tricote des histoires qui vous embrouillent bien comme il faut avant de vous dire au final que vous n’étiez qu’un bêta pour ne pas avoir compris le b.a.-ba de la situation. Et surtout ses réminiscences narratives semées tout au long du récit comme nous le rappelle le scénariste Scott Kosar, adepte d’un tel mode opératoire. Soit un homme sorti de presque de nulle part,  visage émacié, corps squelettique, et le regard hagard. Il entend des voix, découvre des messages sur son frigo et croit revivre une enfance confuse qui se confond avec son quotidien d’ouvrier malmené. Brad Anderson aligne les clichés transgressifs du genre, ajoutant à la lumière froide environnante, une lueur attentiste.  Paranoïa, schizophrénie, folie, rien à dire, c’est propre, sans bavure, à peine effrayant. Mais ça le fait !

AVIS BONUS Des scènes coupées importantes, un making of riche en événements, et des rencontres tout aussi passionnantes, grand plaisir

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