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« Le Journal d’une femme de chambre » de Jean Renoir. Critique Blu-ray

  • Dvd:24 août 2021
  • Cinéma :  09 Juin 1948
  • Réalisateur ‏ : ‎ Jean Renoir
  • Acteurs ‏ : ‎ Paulette Goddard, Burgess Meredith, Hurd Hatfield, Francis Lederer, Judith Anderson
  • Format ‏ : ‎ Noir et blanc, Cinémascope, PAL
  • Durée ‏ : ‎ 91 minutes
  • Langue ‏ : ‎ Anglais, Français 
  • Sous-titres : ‏‎ Français
  • Studio  ‏ : ‎ Sidonis Calysta

L’histoire : Célestine est une séduisante femme de chambre qui se fait engager chez les Lanlaire. Elle se met en tête de séduire Mr Lanlaire mais son épouse tient la maison d’une main de fer. Alors, le voisin peut-être …

Film :

Bonus : 

On doit la première adaptation du roman d’Octave Mirbeau à Jean Renoir. Elle sera suivie par celles de Luis Buñuel et plus tard Benoît Jacquot. Trois versions bien différentes pour un socle commun respecté : la place de la servante dans la société de leur époque.

Selon les réalisateurs, elle diffère.

Exilé aux Etats-Unis au cours de la seconde guerre mondiale, Jean Renoir s’éloigne aussi dans son film des préoccupations françaises du moment. Focalisé sur l’ascension sociale de l’héroïne, il filme Paulette Godard guillerette et scintillante dans l’ambition de réussir, coûte que coûte.

Avec Rose, la bonne ( Florence Bates ), Célestine s’entend à merveille. La fraternité du petit personnel ..

Le jeu est parfait . Tout autour de la femme de chambre s’opère le petit bal des prétendants à l’amourette . La maîtresse de maison l’ignore, pour mieux maintenir sous le toit de sa belle demeure, l’ordre et la discipline.

Mme Lanlaire (Judith Anderson) le fait d’une main de fer, secondée par un valet de chambre aussi servile que mystérieux (Francis Lederer). Célestine s’en méfie, papillonnant autour du vieux Lanlaire (Reginald Owen) bien sympathique et fantasque, toujours en quête d’une querelle avec son voisin, le capitaine Mauger.

Burgess Meredith en fait des tonnes, mais ça parait léger.

La maîtresse, le laquais et la soubrette, mais rien n’est encore joué se dit Célestine

La République et la Royauté sont leurs champs de bataille et celui de Jean Renoir qui entre réactionnaires et libéraux fait ses choux gras d’une mise en scène conforme.

Elle est fantaisiste, burlesque à l’image de ce Mauger dont les sauts de cabri amusent la belle femme de chambre. Mauger est amoureux, Célestine joue le jeu. «  Je prends tout ce que je peux » dit-elle au laquais de service qui la courtise lui aussi mais de manière peu aimable.

A cet instant Renoir gomme peu à peu la fantaisie légère de sa réalisation pour glisser vers les drames qui s’annoncent. La tragédie est au coin du potager et le retour de Georges, l’enfant prodigue qui déteste sa mère (Hurd Hatfield) ne fait qu’accentuer la mesure.

Célestine est désormais au service de Georges, le fils que Mme Lanlaire aimerait tant retenir chez elle.

Renoir passe par là et filme comme par négligence ces petits riens du quotidien qui dans son cadre optique, ses panoramas elliptiques, donnent à voir le monde dans toute sa petitesse.

Des trois versions, c’est le film le plus bourgeois. Il honore avant tout le cinéma pour le préserver de ses acquis . Jean Renoir n’y applique pas forcément sa règle du jeu établie bien des années auparavant. Mais le souffle demeure. Un brin pépère …

LES SUPPLEMENTS

  • Présentation du film par Bertrand Tavernier et Jean-François Rauger
  • Jean Renoir aux USA . Un documentaire très complet sur l’œuvre du réalisateur, sa personnalité et les soubresauts de sa vie qui le mènent aux USA . Des extraits de ses films avec anecdotes, des témoignages de ses proches, des commentaires, on sait quasiment tout à la fin du visionnage .
Le voisin républicain en veut à ses voisins royalistes, mais courtise leur femme de chambre

Ses ennuis avec Zanuck jusqu’à «  L’étang magique »  écrit par Dudley Nichols qui par la suite sera un proche. Mais dit-il «  je préfère maintenant vendre des cacahuètes que de retourner pour la Fox ».

Selon Welles, «  c’est le meilleur des réalisateurs parmi ceux qui ne veulent pas faire les films que veulent les producteurs ».

Bertrand Tavernier rapporte les propos de Jean Gabin, qui a beaucoup tourné avec Jean Renoir  : «  le réalisateur est un génie, l’homme une prostituée. Il y a des choses que je ne lui pardonnerais jamais. Le fils d’Auguste Renoir ne devient pas citoyen américain… ».

Toute la filmographie illustrée enrichit cet excellent documentaire.

 

Dvd: ‎ 24 août 2021 Cinéma :  09 Juin 1948 Réalisateur ‏ : ‎ Jean Renoir Acteurs ‏ : ‎ Paulette Goddard, Burgess Meredith, Hurd Hatfield, Francis Lederer, Judith Anderson Format ‏ : ‎ Noir et blanc, Cinémascope, PAL Durée ‏ : ‎ 91 minutes Langue ‏ : ‎ Anglais, Français  Sous-titres : ‏‎ Français Studio  ‏ : ‎ Sidonis Calysta L'histoire : Célestine est une séduisante femme de chambre qui se fait engager chez les Lanlaire. Elle se met en tête de séduire Mr Lanlaire mais son épouse tient la maison d'une main de fer. Alors, le voisin peut-être ... Film : Bonus…
Le bonus

Des trois versions du roman d’Octave Mirbeau proposées au cinéma, la première, celle de Renoir est dépouillée de tout connotation politique, voire sociale, le cinéaste cherchant à réaliser un film populaire, et bourgeois Le cinéaste ne respecte pas forcément sa règle du jeu établie bien des années auparavant. C’est joliment mis en scène, cadré sur la désinvolture de l’héroïne et la fantaisie presque ubuesque du fameux capitaine Mauger. Entre les deux, la noirceur du laquais liée à la sévérité de la maîtresse de maison, rétablit l’équilibre originelle des servitudes annoncées dans le préambule. A cette exception près que la belle ici affiche d’emblée ses ambitions de ne pas demeurer une servante. Renoir l’encourage à tout va …

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