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« Une Vie violente » de Thierry de Peretti. Critique cinéma

Il faut parfois "convaincre" les industriels de payer l'impôt révolutionnaire...

Synopsis: Malgré la menace de mort qui pèse sur sa tête, Stéphane décide de retourner en Corse pour assister à l'enterrement de Christophe, son ami d'enfance et compagnon de lutte, assassiné la veille. C’est l’occasion pour lui de se rappeler les évènements qui l’ont vu passer, petit bourgeois cultivé de Bastia, de la délinquance au radicalisme politique et du radicalisme politique à la clandestinité.

La fiche du film

Le film : "Une Vie Violente"
De : Thierry de Peretti
Avec : Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary
Sortie le : 09/08/2017
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 113 Minutes
Genre : Thriller, Drame
Type : Long-métrage
Le film

Thierry de Peretti persiste et signe. Après « Les Apaches » la jeunesse corse demeure à ses yeux prisonnière d’un système politique et clanique malfaisant. Entre la soumission et l’auto-destruction, la voie est bien étroite rappelle-t-il.

C’est pourquoi Stéphane a quitté l’île pour la capitale où il apprend la mort violente de son meilleur ami, et compagnon de lutte de la première heure. En revenant pour l’enterrement, l’étudiant signe peut-être son arrêt de mort. Mais lâche une fois dit-il, il ne le sera pas pour ce retour à hauts risques au cours duquel son récent passé reprend le cours d’une Histoire dont la Corse n’aura jamais fini d’écrire ses pages les plus sanglantes.

Stéphane est un jeune homme de bonne famille inscrit à Sciences Po Paris. Pour avoir rendu service à un ami lors d’un retour sur le continent, il se retrouve en prison. Où il entend  le discours indépendantiste qu’il va intellectualiser avant de le servir à ses amis bastiais.

Entre la lutte officielle et les clandestins, les exécutions minent les bases du combat indépendantiste. Fatale surenchèreune surenchère…

Stéphane vient de poser les bases d’un mouvement clandestin qu’un grand leader nationaliste rencontré derrière les barreaux va subtilement récupérer. Parlait-on alors de radicalisation ? La mise en perspective des idéaux nationalistes atteint peut-être une autre complexité, mais force est de reconnaître à Thierry de Peretti l’intelligence d’un discours clair et limpide.

Le réalisateur englobe le problème corse en le rendant très accessible par son versant policier âpre et tendu. Sa vision documentaire s’appuie sur des archives télévisées et un récit dont la narration suit logiquement le parcours des protagonistes, et surtout leur quotidien, un volet absolument fabuleux. Il n’y a rien de linéaire dans cette évocation historique. Aux confrontations idéologiques et réflexions sur la lutte armée répondent des attentats et  des exécutions.

Des faits bruts et tragiques au sein des différents mouvements corses dont les dissensions mineront les bases. D’une faction à l’autre Stéphane doit se prévenir d’un traître possible ou d’un ami passé dans l’autre camp. C’est tout l’enjeu de son nouveau combat qu’il reprend sur le terrain abandonné autrefois. Il en connaît les risques, mais la Corse «  et son peuple » -leitmotiv de son engagement- n’attendent pas. Jean Michelangeli est dans le personnage à l’image de tous les comédiens du plateau, totalement habité par la nécessité d’aller au-delà d’un message. Lui donner un sens, le réhabiliter. De Peretti ne se voile pas la face, son film en atteste.

  • Des films sur le problème corse

« Les Anonymes «  de Pierre Schoeller

« Mafiosa » de Pierre Leccia

« Les Apaches » de Thierry de Peretti.

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Le film

Dans le genre docu-fiction, ce film est une pleine réussite qui n’opte jamais pour l’un ou l’autre. L’alliage d’une subtile mise en scène renforce le propos du réalisateur pour qui la jeunesse corse est sacrifiée sur l’autel d’un héritage clanique persistant. Il le disait déjà dans « Les apaches » et le souligne dans cette très forte évocation d’un pays qui ne demande qu’à vivre de ses propres richesses, trop convoitées peut-être par des factions et des intérêts bien divergents. A travers le récit de Stéphane de retour sur son île pour l’enterrement d’un ami très proche, l’Histoire de la Corse reprend racines de manière évidente , entre thriller et documentaire. La politique y retrouve ses droits et ses zones d’ombre quand les exécutions répondent aux exécutions. De Peretti ne se voile pas la face, son film en atteste.

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