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« Tout pour être heureux  » de Cyril Gelblat. Critique dvd

Synopsis: Antoine, quadragénaire, dilettante, égoïste et insatisfait ne s'est jamais occupé de ses filles. Infantilisé par sa femme Alice, il décide de la quitter pour une histoire sans lendemain. Lorsqu'Alice lui confie leurs filles quelques jours, Antoine se retrouve sur un continent inconnu.

La fiche du DVD / Blu-Ray

Le film : "Tout pour être heureux [DVD + Copie digitale]"
De : Cyril Gelblat
Avec : Manu Payet, Audrey Lamy, Aure Atika, Pascal Demolon, Bruno Clairefond
Sortie le : 17 août 2016
Distribution : TF1 Vidéo
Durée : 93 minutes
Film classé : Tous publics
Nombre de DVD / Blu-Ray : 1
Le film
Les bonus

C’est un garçon bien sympathique. Mais avec ses deux petites filles et son épouse, il marche un peu à côté de ses pompes. Tel un  célibataire céleste, trop pris par sa musique, la promotion d’une nouvelle chanteuse et le rêve d’un album mythique. Alors ça casse et le voici  à la ramasse, à la rue, roue libre d’un convoi qui déraille à chaque réflexion de ce qui devient son ex…

Mais une fois remis sur la voie, par la grande sœur, un copain, une copine de passage, le dilettante reprend le dessus dans l’insouciance d’une vie rêvée.

Adolescent perpétuel, enfant attardé, producteur sans un rond qui bosse comme un dingue au fond d’un studio qui lui coûte les yeux de la tête, tout cet environnement le jeune réalisateur Cyril Gelblat le cerne avec beaucoup d’à-propos. On s’attache aux personnages (Manu Payet est comme un poisson dans l’eau et Audrey Lamy en femme responsable, impeccable) et à leur situation qui dans un contexte social et familial assez ordinaire, prend cette fois un ton très particulier.

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On le doit à un réalisateur à l’affût, attentif à la moindre incartade habituelle à ce genre de comédie sentimentalo-familiale, où les thèmes du divorce, de l’intermittence et de l’enfance s’imbriquent avec un naturel quotidien. Gelblat est lui aussi comme un poisson dans l’eau. Il lui prend malheureusement des envies de tourner en rond au fond dans son bocal. Pour observer la paternité retrouvée, et l’adhésion des filles à leur papa qui les ignorait tellement. Ca ronronne alors dans un registre bien français qui  s’entortille dans des récits  convenus.

La garde des enfants, la quête d’une nouvelle femme, le nouveau copain de son ex  et la production de l’album qui n’arrive toujours pas à sortir la tête du vinyle. Ca devient lassant, larmoyant, avec le pompon de la grande sœur (Aure Atika) qui le chaperonne pour retrouver sa belle. Un suspense que le cinéaste mitonne en un joli retournement de situation. Un coup de Trafalgar bien tardif pour nous faire revenir en arrière. Trop, c’est trop, on a déjà donné.

LES SUPPLEMENTS

  • Making of. Entretien avec Manu Payet et le réalisateur (07 mn 40). Un mixe entre les coulisses et l’interview du comédien que l’on voit dans plusieurs scènes en tournage.Il raconte hors plateau ce qu’il a ressenti. Comme tourner avec la fille du réalisateur (« une petite pression supplémentaire »), où les scènes d’engueulades avec Audrey Lamy «  quand tu as fait ça toute la journée, le soir tu rentres chez toi et t’es encore hyper tendu. Je continuais à m’engueuler, il a fallu que je me calme et que je fasse attention ».

Entretien Audrey Lamy et le réalisateur . Même exercice que précédemment et l’impression déjà ressenti avec Payet que la connivence entre le réalisateur et la comédienne  force un peu le discours.

Joe Bel, de la musique au cinéma. « Le cinéma c’est comme quand tu rentres sur scène, s’abandonner. Actrice je croyais que c’était faire semblant, hors il faut vivre la situation ».

«  Pour moi aussi c’était stressant, c’était la plus grosse inconnue du film » reprend le réalisateur, « c’était le premier personnage qu’on castait et on n’est pas allé plus loin , elle correspondait à ce que j’avais imaginé, mais Manu n’était pas rassuré, il trouvait ça hyper casse-gueule, mais dès qu’il a vu le show case il a dit ok ,ça l’a calmé tout de suite ».

  • Scènes coupées. Une engueulade très bien interprétée, un ton véritablement dramatique conforme au début du film. Dommage qu’il s’effiloche par la suite en une bluette familiale.

Une scène chez le pédiatre où le père a du mal avec sa fille, situation typique dans le portrait d’un homme bien ailleurs que dépeint le réalisateur.

Câlin du matin, scène très drôle qui aurait dû rester.

C’est un garçon bien sympathique. Mais avec ses deux petites filles et son épouse, il marche un peu à côté de ses pompes. Tel un  célibataire céleste, trop pris par sa musique, la promotion d’une nouvelle chanteuse et le rêve d’un album mythique. Alors ça casse et le voici  à la ramasse, à la rue, roue libre d’un convoi qui déraille à chaque réflexion de ce qui devient son ex… Mais une fois remis sur la voie, par la grande sœur, un copain, une copine de passage, le dilettante reprend le dessus dans l’insouciance d’une vie rêvée. Adolescent perpétuel, enfant…
Le film
Les bonus

Un couple est en train de prendre l’eau sous les coups de boutoirs de l’homme qui plane à dix mille au-dessus des contingences familiales. Le sujet bien connu est traité avec assez de distinction et d’à-propos pour y adhérer rapidement, quand malheureusement le cinéaste revient à une situation plus conforme aux attendus du scénario. Il resserre son propos sur le papa retrouvé autour de ses deux filles et dès lors l’histoire n’a plus rien de palpitante. Manu Payet est comme un poisson dans l’eau et Audrey Lamy en femme responsable, impeccable dans cette histoire dont l’originalité passagère revient aux normes transgressées d’une comédie sentimentalo-familiale.

Avis bonus Commentaires des intéressés, mais pas désintéressés, et trois scènes coupées. Ca va gentiment…

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