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« The lost honour of Christopher Jefferies » de Roger Michell. Critique cinéma

Un visage d’ange apaisé sous des cheveux de neige. Un regard gentiment amusé. Allumé parfois avec ses manières d’élégant fragile. Christopher Jefferies inspire la tranquille assurance que lui confère Jason Watkins, un comédien dessiné pour le rôle. La grâce, la sagesse. Absolument fabuleux.

On le soupçonne du meurtre de sa locataire. Imperturbable, il nie, malgré certains  détails accablants. Ses dénégations sont toujours posées, mais rarement argumentées. Christopher Jefferies se contente de répondre poliment aux questions. Et jamais il ne se révolte, vitupère ou s’enferme dans un mutisme coupable. Il veut bien tout ce que l’on veut, sauf reconnaître un meurtre dont il dit ne rien savoir.

La neige tombe. C’est étrange, et magique, dans ce décor de grosses pierres anglicanes que caresse respectueusement Roger Michell. La neige en Angleterre, un charme fou d’où se détache ce visage rêveur d’enseignant égaré dans un dossier qui ne lui ressemble pas. Une histoire vraie, malgré tout.

the lost honour

On dit drôle de paroissien, mais aussi drôle de pasteur.  A cheval sur les principes, la bienséance, les conventions, il se laisse approcher par une caméra légère et  fluide, qui réussit à dire beaucoup en peu d’images. Le montage complice s’accorde pour ne rien révéler qui pourrait lui être préjudiciable. On ne doute jamais de son innocence, mais seulement de la manière dont il se défend, si peu.

L’enquête est classique, l’accusé ne l’est pas. La presse à scandale l’agonit. Son entourage le lâche, ses collègues ne se souviennent plus très bien de lui, la suspicion est tout autour, la police s’enfonce dans ses certitudes la boulangère ne veut plus le servir, il n’a plus le droit de corriger les examens.

La machine est en route, infernale, et même une fois innocenté, il lui faudra encore prouver sa bonne foi. Un combat qu’il entame désormais au grand jour de la liberté pour sa réhabilitation, son honneur. Il a peut-être perdu un peu de ses cheveux blancs et son sourire est devenu plus discret. Christopher Jefferies n’était pas coupable.

Un visage d’ange apaisé sous des cheveux de neige. Un regard gentiment amusé. Allumé parfois avec ses manières d’élégant fragile. Christopher Jefferies inspire la tranquille assurance que lui confère Jason Watkins, un comédien dessiné pour le rôle. La grâce, la sagesse. Absolument fabuleux. On le soupçonne du meurtre de sa locataire. Imperturbable, il nie, malgré certains  détails accablants. Ses dénégations sont toujours posées, mais rarement argumentées. Christopher Jefferies se contente de répondre poliment aux questions. Et jamais il ne se révolte, vitupère ou s’enferme dans un mutisme coupable. Il veut bien tout ce que l’on veut, sauf reconnaître un meurtre…
Le film

C’est un film admirable qui raconte une fois encore l’innocence bafouée d’un homme bien tranquille et pourtant accusé par la presse, la police et la rumeur. Une histoire vraie. Comme sa défense est minime et ses silences accusateurs, on ne voit pas comment le brave pasteur, enseignant à la retraite va pouvoir sortir de cette impasse. Jason Watkins, un comédien dessiné pour le rôle est absolument fabuleux. Le film tient sur sa composition et une réalisation parfaitement raccord avec le sujet, le décor et la personnalité du héros. Roger Michell mène l’enquête que la police se refuse à faire, avec la même sagesse que son personnage, précis, précieux, une mise en scène toujours argumentée. Les dérives de la presse à scandale ne sont qu’un des avatars du système que dénonce le cinéaste. Ce film salué par le public au festival de Dinard est à ce jour sans distributeur français ...

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