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« Swallow » de Carlo Mirabella-Davis. Critique cinéma

Synopsis: Hunter semble mener une vie parfaite aux côtés de Richie, son mari qui vient de reprendre la direction de l’entreprise familiale. Mais dès qu’elle est enceinte, elle développe un trouble compulsif du comportement alimentaire, le Pica, caractérisé par l’ingestion d’objets divers. Sa belle-famille décident  de contrôler ses moindres faits et gestes pour éviter le pire : une atteinte à la lignée des Conrad…

La fiche du film

Le film : "Swallow"
De : Carlo Mirabella-Davis
Avec : Haley Bennett, Austin Stowell
Sortie le : 15/01/2020
Distribution : UFO Distribution
Durée : 94 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Ce n’est pas un cinéma de fêtes ( elles sont passées) mais un cinéma nécessaire, voire important sur la nature humaine, ses comportements bizarres, et même incompréhensibles. Hunter est une belle jeune femme à qui tout sourit, et notamment un mari très préoccupé par l’entreprise familiale, qui la regarde avec bienveillance.

Trop peut-être pour en faire sa chose, la femme que l’on expose à ses amis et à ses invités. Richie ( Austin Stowell ) est bien aidé par des parents omniprésents. Le papa et la maman sont de tous les instants et couvent trop affectueusement une bru soumise. 

On ne l’écoute pas beaucoup, on lui dicte la marche à suivre, elle s’exécute. On lui parle presque comme à un enfant qu’elle s’apprête à offrir à cette belle famille impossible. C’est bien un cadeau pour les Conrad que l’annonce de ce bébé qui sera bien évidemment le futur patron de l’entreprise.

Sa route est déjà tracée, mais alors Hunter dit stop. Sans hurler ni tapage …

Le ton modéré retenu par Carlo Mirabella-Davis, sa tranquillité dans des plans très larges et idylliques, tout bascule le jour où une simple échographie révèle bien autre chose qu’un fœtus. Des objets incongrus dans le ventre de la future maman (*) qui se défend sans énergie d’une position inappropriée.

La famille au complet : Elizabeth Marvel et David Rasche, les parents, sont à la limite de la caricature, mais si vrais, malheureusement.

A la psychiatre convoquée par la famille, elle ne sait quoi dire. Mais lui raconte sa vie et son enfance malmenée. Un basculement que le réalisateur opère avec prudence. L’attitude de son héroïne interprétée avec justesse par Haley Bennett ( une révélation) qui voit en sa maladie un combat pour sa propre émancipation.

Avant de parler de guérison. C’est la raison, du moins l’origine de son mal être qui importe.

Carlo Mirabella-Davis laisse ainsi les événements se manifester jusqu’à cette vérité soumise à autant d’aléas que d’incertitudes. Hunter le comprend bien qui tient son destin entre ses mains et ne va plus le lâcher. Tel un personnage hitchockien porté par cette mise en scène manipulée par le doute et le mystère. Elle paraît classique, elle se renouvelle.

Une prison de verre dont Hunter réussira à s’échapper

La présence d’un garde malade ( à la demande des parents, bien entendu  ) lui sera d’un secours inespéré, elle qui voyait en cet homme toute sa belle famille réunie pour le pire et son malheur.

Depuis sa cage de verre, superbe bâtisse dominant l’Hudson, Hunter peut alors contempler une fois encore la vue admirable que lui cachaient de faux sentiments. Elle sait maintenant comment s’en libérer. Hunter n’était pas faite pour une maison de poupées…

(*) Hunter souffre de la maladie du Pica, un trouble du comportement alimentaire. Il se manifeste par l’ingestion d’objets…

Prix Spécial du 45ème anniversaire Deauville- Haley Bennett, prix de la Meilleure Actrice Ce n’est pas un cinéma de fêtes ( elles sont passées) mais un cinéma nécessaire, voire important sur la nature humaine, ses comportements bizarres, et même incompréhensibles. Hunter est une belle jeune femme à qui tout sourit, et notamment un mari très préoccupé par l’entreprise familiale, qui la regarde avec bienveillance. Trop peut-être pour en faire sa chose, la femme que l’on expose à ses amis et à ses invités. Richie ( Austin Stowell ) est bien aidé par des parents omniprésents. Le papa et la maman…
Le film

Le Pica est un trouble du comportement alimentaire. Il se manifeste par l’ingestion d’objets divers comme une pointe, une pile, une bille ou un dé à coudre. Enceinte, Hunter découvre cette passion pour l’avalement disproportionné ( swallow : avaler ) au sein d’une famille qui la couve et surtout l’étouffe. Son mari est bienveillant, mais il en fait sa chose, sa poupée … En remontant au source de son mal, à la demande bien évidemment de sa belle-famille, Hunter va prendre conscience de sa réelle position au sein de la société, et de la manière désormais de s’en émanciper. Il n’est plus tant question de guérison, que d’indépendance, de liberté. L’un n’allant pas sans l’autre. C’est à mon avis toute la force de ce film réalisé par un cinéaste au classicisme hitchcockien et qui profite surtout d’un cadre assez large pour le nourrir du trop-plein de l’ennui, de la vacuité d’une bourgeoisie repoussante. Pour ne pas dire répugnante. Dans son duel d'une cruauté morale et psychologique intense, Hunter révèle aussi l'interprétation d'une déjà grande comédienne : Haley Bennett

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