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« Soy Cuba » de Mikhail Kalatozov . Les suppléments

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  • Interview de Martin Scorsese (2003, 27’) . «  Avec ce film j’ai eu le sentiment de pouvoir me ressaisir , de retourner sur un plateau, je préparais alors -Casino-. Il y avait là des images exceptionnelles, et cette manière qu’il choisissait « pour raconter une histoire » (*) . J’ai retrouvé la flamme de la réalisation. ( … ) Une telle détermination que ça l’emportait sur son aspect politique ».

(*) Scorsese fait le signe avec les mains des guillemets.

  • François Albera, historien du cinéma. Il intervient à plusieurs reprises et de manière formidable pour expliquer l’Histoire et les histoires autour du film, la nature de son réalisateur et de son chef opérateur Ouroussevski, les aléas politiques de l’époque pour une sortie de film controversée…

« Kalatozov, le cinéaste » (20’)- « Kalatozov et Ouroussevski, un duo artistique » (16’), – « Le contexte historique » (18’) et « La réception du film » (12’)

  • « Révolution de sensations » Analyse de séquences par Eugénie Zvonkine, enseignante-chercheuse en cinéma (30’). Encore un beau chapitre de ce dvd , où l’universitaire évoque «  l’aboutissement d’une démarche après –Quand passent les cigognes– et la révélation d’un duo – Kalatozov et Ouroussevski- dans une synergie incroyable. Tout ce qui a été esquissé auparavant se concrétise ici. Mais ce qui a plu autrefois , ne plait pas autant, peut-être parce que les mêmes procédés sont poussés à l’extrême ».

L’emprunt à Eisenstein est relevé à travers notamment l’absence de personnage principal. «  Le personnage principal disait-il, c’est la foule »

  • Entretien avec Claire Mathon, directrice de la photographie (20’) . Un regard toujours aussi admiratif pour un film qu’elle peut raconter par le détail. A travers le décryptage de deux séquences mythiques ( l’ouverture sur la terrasse, puis à la fin la procession mortuaire – vidéo ci-dessous ) Claire Mathon relève tout le travail sur le contre-champ, le cadre, les mouvements de caméras, ultra-libres …

«  On pourrait alors parler de la vieille école, alors que c’est toujours audacieux, compliqué (… ) et on voit que les gens jouent avec cette caméra » .

  • Le film vu par Hicham Lasri, cinéaste marocain (6’). «  Parler de -Soy Cuba- c’est parler de l’échec du cinéma, quand aujourd’hui on a un cinéma manufacturé , sous l’emprise de la dictature du scénario avec des personnages clichés. -Soy Cuba- raconte avec énormément de force et un point de vue extrêmement beau, ce qui est la définition du cinéma, filmer des choses pas belles et les rendre fortes, belles. Le cinéma aujourd’hui est sans courage, avec des schémas rassurants et des historiettes ».

Pour le cinéma français il cite alors comme exemple de dernier geste important, la scène de Doberman de Jan Kounen où Romain Duris s’essuie avec «  Les cahiers du cinéma » .

«  Soy Cuba va survivre à tout le monde, c’est un film ravageur, pas là pour vendre , mais pour faire ressentir, l’écriture est très sensorielle ». Il le situe en conclusion au niveau de «  Vertigo » et «  Citizen Kane » .

Voir aussi

« Le Train sifflera trois fois » de Fred Zinnemann. Critique Blu-ray

Pièce maîtresse de l’Histoire du Western, et des Etats-Unis ( la satire politique tient toujours ) ce film prend sous la patine, sa valeur universelle.

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